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Better Call Saul, arnaques, crimes et poulet frit

Jimmy Mc Gill a.k.a. Saul Goodman, l’avocat le plus chelou d’Albuquerque, est de retour pour une cinquième saison ! Véritable succès, Better Call Saul est dérivée de la mythique série Breaking Bad. Le premier épisode de la nouvelle saison est diffusé ce lundi 24 février sur Netflix.

Lorsque l’avocat véreux surgit dans la deuxième saison de Breaking Bad, personne ne s’imagine que ce personnage loufoque fera l’objet d’un spin-off quelques années plus tard. Avec son bagout, ses costumes excentriques et son attitude désinvolte, Saul Goodman ne pouvait en effet pas rester en arrière-plan. Un défi relevé haut la main par l’acteur américain Bob Odenkirk !

Diffusée sur la chaîne américaine AMC, la drama se situe chronologiquement en amont de la série Breaking Bad. Le ton y est moins cynique et on prend plus de temps pour découvrir les personnages. L’histoire centrale est basée sur le mythe du rêve américain. Le héros court après la réussite sociale mais il va se heurter à la rigidité du système américain du chacun pour soi. La tentation des petits raccourcis vers le succès est alors présente en filigrane tout au long de la série.

 

Un peu de droit, beaucoup de travers

Dans cette série, Jimmy Mc Gill est avocat mais rien ne le prédestinait à le devenir. En enchaînant les cours du soir, il y parvient mais le métier est difficile et surtout, il faut passer beaucoup de temps sur les dossiers. Notre héros possède un atout dans sa manche : son débit de parole calqué sur le rythme d’une mitraillette qui lui permet de désarçonner n’importe quel adversaire.

L’acteur Bob Odenkirk maîtrise totalement son sujet. Son visage se tord et se contracte à mesure que les idées les plus sournoises lui viennent à l’esprit. Fabrique à pantomimes démentielle, cet ancien du Saturday Night Live a le talent naturel des surdoués. Au cours de sa carrière démarrée à la télévision à la fin des années 80, il multiplie les activités : acteur, scénariste, réalisateur et producteur. Ce touche-à-tout enchaîne les projets au gré des rencontres. Il joue ainsi dans le Larry Sanders Show, écrit pour le Late Night with Conan O’Brian et réalise trois films dans les années 2000.

Amérique, libéralisme et poulet dans le désert

La série Better Call Saul est écrite et dirigée par le même tandem que celui de Breaking Bad, Vince Gilligan et Peter Gould. Les deux créateurs nous proposent à travers ces deux shows une peinture baroque de l’histoire moderne de l’Amérique, tiraillée entre liberté d’entreprise et carcan sociétal. La hiérarchie sociale est dominée par les vainqueurs et tous les moyens sont bons pour être riche et le rester.

Entre les trafiquants de drogue d’un coté et les tenants de l’économie classique de l’autre, l’âpreté du gain est partout. Les valeurs morales d’inspiration biblique à l’origine du projet démocratique étasunien ont disparu au profit de la corruption, du crime et de la malhonnêteté. A travers ces séries, leurs créateurs semblent vouloir dresser le constat suivant : dans nos sociétés modernes les valeurs du mal sont devenues la norme.

Dans Better Call Saul on retrouve avec bonheur certains des personnages les plus emblématiques de la série Breaking Bad comme l’effrayant Gus Fring qui opère un réseau de trafic de drogue international tout en servant du poulet frit en plein milieu du désert du Nouveau-Mexique.