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Dubaï, la nouvelle oasis de l’humour

Alors que la date de réouverture des salles de spectacles a été repoussée, Dubaï reste, en attendant, une alternative pour les stand-uppers français en mal de temps de jeu.

Attendue avec impatience par les intermittents du spectacle, les nouvelles annonces de Jean Castex ont douché les maigres espoirs d’un retour des activités culturelles. Pire : aucune date n’a été avancée pour le moment. C’est la raison pour laquelle certains stand-uppers ont pris les devants en partant jouer leurs sketches à Dubaï.

C’est le cas de Redouane Bougheraba qui a organisé des plateaux de stand-up : le premier au Trade Center avec Brahim, acteur dans la série Validé, Az et Houria les yeux verts, le deuxième s’est déroulé à l’hôtel Kempinski avec Djimo et Fary. Ces spectacles, dont la communication s’est faite uniquement via les réseaux sociaux, ont fait salle comble devant un public francophone très présent à Dubaï.

 

 

En effet, la mégalopole en plein essor économique compte une population d’expatriés à hauteur de 85% dont plus de 25.000 Français selon l’Alliance Française. Soit la plus importante communauté d’expatriés français du monde arabe. Sans compter les autres communautés francophones : Belges, Canadiens et Suisses.

Une offre culturelle peu fournie

Ce succès s’explique par le contexte culturel. Malgré un temps ensoleillé toute l’année et une offre pléthorique de restaurants et d’activités ludiques, l’offre culturelle locale est famélique. Ce qui est le cas pour les spectacles d’humour, d’où le succès du show organisé au World Trade Center. Parmi les spectateurs présents dans la salle, nous avons échangé avec Jonathan. Parti vivre aux Émirats arabes unis il y a presque dix ans, cet ingénieur était ravi de voir des humoristes sur place.

 

Vue de la salle du World Trade Center

 

« Comme beaucoup de Français ici, on suit les humoristes sur les réseaux sociaux, explique Jonathan. Quand j’ai vu que Redouane Bougheraba organisait un spectacle, j’ai direct pris des places ». Contrairement à d’autres activités qui peuvent vite être hors de prix, les places pour le spectacle au Dubaï World Trade Center s’élevaient à 180 dirhams (40€ environ) faisant du stand-up, une activité culturelle accessible.

Un retour sur scène bien encadré

Pour l’humoriste Az, présent sur scène, l’objectif était tout d’abord de pouvoir reprendre ses marques : « On a pu kiffer et rejouer sur scène dans un pays où les lieux culturels et les restaurants sont ouverts. C’est forcément un peu compliqué quand tu n’as pas joué depuis longtemps. Il faut reprendre ses sensations mais il s’est passé tellement de choses là-bas que cela a pu nous donner de l’inspiration pour des blagues ».

 

 

Selon Jonathan, même si les humoristes ont bien joué le jeu, les contraintes liées aux normes COVID et la distanciation ont affecté l’ambiance de la soirée : « Les sièges étaient très éloignés, ce qui a altéré l’ambiance dans la salle, précise l’expatrié. La salle a accueilli 500 personnes alors qu’elle peut en contenir 2000 ». L’autre plateau à l’hôtel Kapinsky qui se jouait dans une salle plus réduite (60 places) a permis de proposer un cadre plus propice à une ambiance chaleureuse.

Des spectacles qui ne datent pas d’hier

Entre temps, d’autres spectacles ont eu lieu. Pourtant, ces représentations de stand-up ne datent pas d’hier. D’autres humoristes sont passés jouer leurs spectacles et le Festival de Montreux a même organisé un gala avant la pandémie : « Depuis que je suis ici, je peux constater que ce sont toujours des représentations ponctuelles avec des grosses têtes d’affiches qui sont planifiées, commente Jonathan. On peut retrouver plein de plateaux pour les expatriés anglophones. Ils passent 15/20 minutes chacun avec 5 humoristes par plateau ». 

Mais pour l’instant, tout reste à faire selon Az : « Je pense qu’il y a plus de potentiel à faire des plateaux exceptionnels une ou deux fois par mois avec des humoristes français que faire un comedy club avec des spectacles quotidiens. Il faudrait qu’il y ait un vivier d’humoristes en permanence sur place. Il faudrait aussi qu’il y ait un public qui se déplace à chaque fois ».

En attendant un retour à la normale et la création d’un Comedy Club francophone, les spectacles de stand-up éphémères ont de beaux jours devant eux. L’occasion pour les humoristes de l’Hexagone de se changer les idées et de continuer à s’entraîner devant un public qui n’a pas fini de se taper des barres de rires.