TOP
Lettre à la France

Lettre à France

Ma chère France,

 

Si je t’écris cette lettre, ce n’est pas pour te réprimander ou blâmer ta politique. Mon petit doigt me dit que d’autres le feront pour moi.

Ces mots qui te sont adressés proviennent d’une colère vive et profonde et d’une certaine nostalgie.

J’éprouve une grande tendresse pour toi. Mais cette tendresse a subit quelques turbulences ces derniers temps.

Je suis née chez toi dans les années 90. Alors que je faisais mes premiers pas, d’autres dansaient déjà sur le Mia. Ta campagne m’a d’abord accueillie. Les feuilles qui tombent en automne, le brouillard de l’hiver et les pâquerettes du printemps, bref tout tournait rond.

Mes baskets qui font de la lumière et moi, nous partions seuls à la boulangerie avec quelques francs en poche et beaucoup d’insouciance. C’est avec cette douce odeur de pain que je repartais paisiblement avec ma baguette et mon Malabar.

Et puis j’ai grandi. Grandir, c’est un peu comme la première fois que tu fais du vélo sans les petites roues. Tu avances à peine, tu tombes et te fais des égratignures . Alors tu te mets des pansements pour que ça cicatrise et tu repars sur la route de plus belle.

Mais en ce vendredi 13, vois-tu, je n’avais ni petites roues, ni casque, ni pansements.

Ma chère France, alors que tes enfants mangeaient, chantaient, dansaient et croquaient la vie à pleines dents, ils sont tous tombés de vélo. Pas parce qu’ils ont manqué de prudence, mais parce qu’on les a violemment poussés au sol. Peut être que ces gens ne supportaient pas qu’ils arrivent si bien à pédaler sans les petites roues.

A ce moment la, je n’étais pas sur un vélo et pourtant j’ai ressenti la douleur de leur chute.

Ma chère France j’aimerais te dire à quel point je t’aime, malgré tes failles. J’aime ton fromage qui pue et ton vin rouge plus que de raison. J’aime tes Champs Elysées comme tes montagnes, tes prairies, tes mers et tes océans.

Je me fiche de tomber dans le cliché pathos parce que j’aime le cliché que tu représentes. Je suis fière de pouvoir rencontrer chaque jour des gens de toutes origines, tous différents mais importants à leur façon.

Ma douce France, je t’invite à lever ton verre bien haut. Portons un toast à ton pays mais aussi à tous les autres. A la convivialité, à la liberté et la dignité. Et surtout, lève bien haut ton majeur à tous ceux que ça dérange !

La chute a été violente, les blessures sont encore fraîches mais nous avons du mercurochrome en stock.

 

Ma chère France, je t’embrasse tendrement.

 

 

From Paris, with love.