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On était au festival Hallnaywood

Le week-end dernier, on a assisté à la 4ème édition du festival Hallnaywood à Aulnay-Sous-Bois. Organisé par l’association Keep Smile, ce festival met en lumière les jeunes réalisateurs de demain dont les courts métrages sont projetés sur grand écran. Retour sur cet événement cinéphile aulnaysien.

Créé en 2017, le festival Hallnaywood se déroule à l’UGC Ciné Cité O’Parinor. Un long métrage est d’abord diffusé, suivi de la projection des films réalisés par les lauréats de l’année précédente. Le lendemain après-midi, les courts métrages de la nouvelle édition concourent pour les différents prix et sont visionnés dans la salle Méliès de l’espace culturel Jacques Prévert. Cette année, deux prix ont été attribués à des films comiques !

Ouvrir le monde du cinéma aux générations futures

L’aventure Keep Smile commence en 2011, année où l’association caritative est créée. Elle œuvre pour « l’éducation à l’image, la réalisation de courts-métrages et d’événements comme le festival Hallnaywood » nous décrit Larif Mze, président de l’association. « On souhaitait emmener au cinéma des groupes de jeunes, des personnes qui n’ont pas les moyens financiers, ajoute-t-il. On les a ensuite accompagnés dans des festivals pour leurs faire découvrir des films courts ».

En 2014, l’association Keep Smile se rend au festival de Cannes avec de jeunes aulnaysiens : « Quand on est rentré du festival, on s’est dit : « c’était bien mais pourquoi, on n’en a pas un chez nous ? » » raconte Larif Mze. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les membres de l’association créent « Hallnaywood », une contraction entre la ville d’Aulnay-Sous-Bois d’où le président est originaire, et Hollywood, quartier historique qui regroupe les plus gros studios de cinéma à Los Angeles.

Une sélection de films en amont

« La sélection de films est faite par les membres de l’association Keep Smile, explique le président. Habituellement, une salle est mise à disposition. On se retrouve tous les week-ends pour visionner les films pendant deux mois et on essaie ensuite de les départager ». Débats et argumentation sont de mise ! Parce que tout le monde n’a pas les mêmes goûts : « Ce sont des moments de rires, d’échanges, de désaccords mais toujours dans une bonne vibe » s’enthousiasme Larif.

 

 

Cette année, les membres de l’association ont dû trouver une autre solution pour s’adapter aux nouvelles normes : « On a visionné les films chacun de notre côté et on a aussi ouvert le débat aux habitants cinéphiles de la ville pour avoir leur regard. On a créé un groupe whatsapp pour discuter des films, le téléphone sonnait tous les soirs [rires] ».

Un événement culturel qui réunit tous les passionnés de cinéma

« Il y a du monde de tout âge, de tout horizon. C’est vraiment la plus-value de ce festival : le mélange de tout type de personnes », explique le président de l’association.

Malgré le contexte actuel, le festival a ouvert ses portes aux spectateurs et aux réalisateurs, ravis de pouvoir assister aux projections : « Trois jours avant l’événement, on ne savait pas si le festival allait avoir lieu. On avait vraiment la boule au ventre, se remémore Larif. En tant que président, j’essayais de rassurer tout le monde en disant que ça allait se faire. Et lorsque je vois l’engouement, les échanges sur les réseaux sociaux, le partage, les personnes qui sont présentes depuis 14h aujourd’hui, je me dis que pour nous, c’est comme aux éditions précédentes ».

Et en effet ! L’ambiance est chaleureuse et conviviale, même si les gestes barrières et les masques restent de vigueur. On aperçoit des regards plissés qui témoignent de sourires et confirment la bonne humeur de chacun.

Un jury hors-pair

Tous les ans, les membres du jury représentent chacun des corps de métier du cinéma : « Il y a des acteurs, des comédiens, des producteurs, des agents, des distributeurs, énumère Larif. Les membres du jury prennent deux jours, ils viennent par amour du cinéma et du projet ».

 

Les membres du jury pour la 4ème édition du festival Hallnaywood, de gauche à droite : Christophe Barral, Laurence Lascary, Nadiya Lazzouni, Stefan Maitre, Steve Tientcheu et Younes Depardieu

 

Cette année, le jury est présidé par Laurence Lascary, productrice de la société DE L’AUTRE CÔTÉ DU PÉRIPH’. Parmi les membres, on retrouve également Younes Depardieu, humoriste et comédien, Christophe Barral, producteur du film Les Misérables, Nadiya Lazzouni, journaliste et autrice, Stefan Maitre, agent artistique chez RUSH, et Steve Tientcheu, acteur dans le film Les Misérables.

Younès Depardieu participe pour la première fois en tant que membre du jury à un festival : « c’est une très belle expérience que je pourrais refaire, se réjouit l’humoriste. C’est hyper valorisant de donner son avis pour un film. Tu te retrouves avec des personnes du métier qui ont reçu des prix. C’est stylé ».

La K-Z, le coup de cœur du jury

Réalisé par Enricka MH, le court-métrage La K-Z a conquis le jury : « J’ai aimé le fait que le personnage principal soit un boxeur, un mec de quartier, évoque Younes Depardieu. Il kiffe une meuf et il est prêt à tout pour être avec elle. Même apprendre à danser ! Pendant tout le film, on se demande : « mais c’est quoi la K-Z ? » Et ce n’est qu’à la fin qu’on nous dévoile ce que c’est ».

 

Amphi B7 : « Ce film nous a coûté 68 euros »

Amphi B7, court métrage de quelques minutes, a remporté le titre de meilleur film très très court : « Ce film nous a coûté 68 euros, explique le jeune réalisateur Mehdi Toulmout lors de la remise des prix. Alors même si on n’avait aucun budget, avec des idées et de la motivation, on peut arriver à ce qu’on veut ».

Tout le film repose sur le dénouement final, inattendu et comique. « Quand j’ai regardé Amphi B7, révèle l’humoriste Younès Depardieu, et que j’ai vu le mec qui tombe, celui qui fait son discours et les gens qui applaudissent comme à l’américaine, je me suis dit : « olala, c’est cliché, c’est kitch… » Mais à la fin, on comprend tout. J’ai beaucoup aimé parce qu’on ne s’y attend pas ».

 

Mehdi Toulmout, réalisateur du court métrage Amphi B7 et l'humoriste Younes Depardieu lors de la remise du prix
Mehdi Toulmout, réalisateur du court métrage Amphi B7 et l’humoriste Younes Depardieu lors de la remise du prix

 

A l’issue du festival, Younes Depardieu nous confie que cet événement le motive, il souhaite poursuivre ses projets cinématographiques : « J’ai écrit un court métrage qui se passe au Maroc et que je devais terminer de réaliser. Ce qui est bien, c’est que ce festival me donne envie d’accélérer les choses. Et peut-être que mon film sera au festival Hallnaywood l’année prochaine ! ». Espérons que l’humoriste soit présent en tant que candidat pour la nouvelle édition !

Rendez-vous l’année prochaine pour la nouvelle édition du festival Hallnaywood. En attendant, vous pouvez suivre toute l’actualité de l’association Keep Smile sur les réseaux sociaux, Facebook et Instagram.

©Crédits photos : Zahra Oukaci