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We Love comedy Magazine

On était au festival IMA Comedy Club

Le week-end dernier avait lieu l’IMA Comedy Club à l’Institut du Monde Arabe. Des spectacles d’humoristes et une table ronde autour du monde de l’humour étaient organisés par Tarik Seddak, Ianis Cucco et Ouarda Benlaala durant ces trois jours. L’équipe de WeLoveComedy s’est glissée dans les coulisses de ce festival pour observer discrètement les humoristes et leur poser quelques questions.

Situé au cœur du quartier latin, l’Institut du Monde Arabe est illuminé et rayonne pour l’ouverture du festival. En arrivant devant l’Institut, on se sent très petit face à l’immensité du bâtiment. Une fois à l’intérieur, direction la salle de spectacle située au sous-sol. On découvre une scène spacieuse et on est surpris par les sièges de voiture en cuir noir incroyablement confortables.

Pour certains humoristes aussi, c’est la première fois qu’ils viennent dans ce lieu : « J’ai découvert l’IMA en même temps que le spectacle » nous explique Nordine Ganso, humoriste bordelais. « C’est un lieu incroyable et une chance de pouvoir jouer ici ! » ajoute-t-il.

D’autres artistes avaient déjà eu l’occasion de venir dans cet institut : « quand j’étais étudiante à la Sorbonne, je venais voir des expositions » nous explique Nadia Roz, maîtresse de cérémonie de la seconde soirée. Marie Reno s’y était rendue, elle, pour des raisons un peu moins studieuses : « Je suis déjà venue à l’IMA avec un rendez-vous Tinder la nuit où tous les musées étaient gratuits [rires]. Mais le mec était trop chelou. On ne s’est jamais renvoyé de messages, juste un « c’était bien la soirée, salut ! » ».  

Soirée d'ouverture de l'IMA Comedy Club: de gauche à droite Wary Nichen,  Nordine Ganso,  Laura Domenge,  Ayoub Marceau, Observateur Ebène et Samia Orosemane.
Soirée d’ouverture de l’IMA Comedy Club: Wary Nichen (maître de cérémonie), Nordine Ganso, Laura Domenge, Ayoub Marceau, Observateur Ebène et Samia Orosemane

En backstage avec les humoristes

Dans les coulisses, l’ambiance est détendue et tout le monde est bienveillant, heureux d’être présent pour cette troisième édition.

Nadia Roz, appliquée et organisée, prépare ses petites fiches pour la soirée dans une des loges : « Je suis la maîtresse de cérémonie alors je vais présenter les copains. L’exercice de la présentation m’amuse beaucoup parce que je trouve que c’est plus drôle. On n’est pas prisonnier de son texte, on peut raconter des conneries, se tromper. J’aime beaucoup l’improvisation ». Maman depuis peu, elle signe son grand retour en jouant pour ce festival. Elle est d’ailleurs « très contente » de retrouver la scène : « C’est un beau plateau et je pense qu’on va bien se marrer ! ». Elle nous avoue cependant qu’elle est « toujours stressée avant de passer sur scène » et elle ajoute : « quand j’arrive quelque part, que ce soit un endroit que je connais ou non, j’ai besoin de m’approprier le lieu. Alors j’ai ma petite nappe où je mets ma petite serviette et mes affaires de maquillage. J’aime bien que ce soit mon petit chez-moi. Tu ne sais pas qui est passé avant, a posé quoi, son cul ou quoi que ce soit [rires]. »

Entre deux cafés, les humoristes échangent sur ce que chacun a prévu de faire pour son passage. Certains n’ont pas encore tout à fait décidé quels sketchs ils choisiraient de présenter au public : « C’est cool de retrouver des gens que tu connais, ça te rassure. Deux heures à attendre sinon, ça peut être un peu stressant… » nous confie Paul de Saint-Sernin. On discute, on rit et on patiente jusqu’au début du spectacle.

Dernier coup d’œil avant le lever du rideau

Des coulisses, on aperçoit la salle se remplir petit à petit. L’heure du spectacle approche. Derniers encouragements avant de monter sur scène et c’est parti !

Dans les coulisses, Yacine Belhousse attend son passage patiemment : « comme avant toutes mes autres scènes, je ne sais jamais ce qu’il va se passer. Je me dis qu’il ne faut pas faire le malin, c’est vraiment la règle numéro 1. Je ne suis ni stressé ni pas stressé. Je me dis : « on verra bien », et j’essaie de ne pas me projeter ».

Seconde soirée de l’IMA Comedy Club: Yassine Hitch, Paul de Saint-Sernin, Marie Reno, Nadia Roz, Yacine Belhousse et Kamel Abdat

Lorsque Yassine Hitch revient de scène, il nous avoue lui qu’il était « plus stressé par la présence de [sa] famille qui [le voyait] jouer pour la première fois ce soir, que par le public ». On l’avait vu avec ses écouteurs avant de monter sur scène et on s’était demandé ce qu’il écoutait : « quand je fais quelque chose de nouveau que je bosse depuis deux-trois semaines, je réécoute un enregistrement pour entendre le rythme, comment je le joue, et pour ne pas oublier quelque chose avec le stress ».

Standing ovation tous les soirs !

Pour ces trois soirées, les humoristes sont unanimes, le public était très réactif ! Et c’est vrai qu’on entendait distinctement depuis les coulisses, les éclats de rires et les applaudissements retentir dans la salle. « Le public était bienveillant, c’était vraiment cool. On a passé une bonne soirée ! » se réjouit Lenny M’bunga après être revenu de scène le second soir.

Kamel Abdat, humoriste venu d’Algérie, nous avoue qu’il appréhendait beaucoup son passage et qu’il avait vraiment peur : « mais une fois sur scène, quand le public te fait ce genre d’entrée, c’est de la folie ! Tout le stress part et je me suis amusé à mille pour cent, je suis très content. Et puis, le meilleur moyen pour déstresser, c’est de danser sur scène ! ».

Kamel Abdat : « Ce prix m’encourage à aller de l’avant »

Le festival se clôture avec la remise du prix de l’humour décerné par le président de l’Institut du Monde Arabe, Jack Lang. Le jury, composé de Tarik Seddak, Ianis Cucco, Ouarda Benlaala, Daisy Spinau, Etienne de Balasy, Marie Descourtieux et Fanny Jourdan, attribue le prix à l’humoriste Kamel Abdat !

Très heureux de recevoir ce prix, Kamel nous confie qu’il « ne [s’y attendait] pas du tout en venant ici » Et il ajoute : « Je voulais juste m’éclater et passer sur scène. Tous les humoristes présents ces trois soirées sont extraordinaires et excellents. Ce prix m’encourage à aller de l’avant et me motive pour faire plus de spectacle en France, sortir un peu du communautaire et faire un spectacle accessible à tous les Français ».

Le festival de l’IMA Comedy Club se finit en beauté avec Miracle, le spectacle de Redouanne Harjane, humoriste-musicien, délicieusement absurde et sarcastique.

Si vous n’avez pas pu assister à ce festival, vous pouvez retrouver tous les humoristes présents ces trois soirs là dans les comedy club de Paris ou aller voir leur spectacle ! Les trois spectacles de ce festival ont été filmés et vous pourrez retrouver des extraits sur les différentes pages des artistes. Sinon, rendez-vous l’année prochaine pour la 4e édition de l’IMA Comedy Club ! 

©Alice Sidoli / IMA