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On était au One Night Stand de Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld

Jerry Seinfeld et Gad Elmaleh sur scène à Paris. Ce n’est pas une vanne. Les deux humoristes se sont partagés le micro pendant une heure. C’était hier soir au théâtre de l’Oeuvre, dans le cadre du One Night Stand. On y était et on vous raconte.

Pour avoir le droit d’assister à ce spectacle qui réunissait Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld, il fallait rapidement dégainer sa carte bleue. Sans aucune communication, les places pour ce spectacle, avaient été mises en vente sur le site du théâtre de l’Oeuvre. Une heure plus tard tout avait été vendu. Le One Night Stand, qui organise tous les mois une représentation de stand-up en anglais, proposait cette fois une affiche inédite. Jerry Seinfeld se fait assez rare à Paris. Son dernier passage dans la capitale remonte à 2011. Alors le voir avec Gad Elmaleh, un de ses plus grands fans, c’est immanquable.

Du beau monde dans la salle

Dés 18h30, soit une demi-heure avant le show, la salle était déjà assez bien remplie. Même si beaucoup de sièges situés au milieu, étaient réservés. Mais pour qui ? Emmanuel Macron? Jay-Z ? ou Barack Obama ? Aucun des trois, mais beaucoup de comédiens : Elie Semoun, Blanche Gardin, Kev Adams, Kad Merad, Kyan Khojandi, Jérôme Commandeur, FX Demaison et même Julian Moore. Sans oublier pas mal de du stand-up : Roman Frayssinet, Tom Villa, Fary, Nathan Benssousan, Joseph Roussin, voire Noman Hosni.

Tout le monde est installé, même si les hôtes du soir ne sont toujours pas arrivés. C’est alors qu’un petit bruissement parcourt la salle. Tout le monde, regarde dans une direction et se chuchote dans l’oreille. La raison : Julian Moore vient prendre place, sans doute de passage à Paris pour la fashion week. Les derniers retardataires s’installent dans une salle surchauffée, les portes se ferment et la sonnerie indiquant le début du spectacle retentit.

Un spectacle bien rodé

C’est alors que débarquent sur scène les deux stand-uppers, sous des applaudissements enthousiastes. Histoire d’éviter que son partenaire de scène soit à l’Ouest, Gad Elmaleh prévient l’assistance que le show sera entièrement en anglais. Pendant une dizaine de minutes, les deux comiques se renvoient la balle. Gad propose même au public de poser deux, trois questions à Jerry Seinfeld. Une spectatrice réclame un selfie, sans succès. Puis, une autre pose une question sur Donald Trump, Seinfeld botte en touche. Roschdy Zem présent dans la salle, prend la parole et demande à l’humoriste américain pourquoi il ne joue pas dans un film ? L’intéressé répond qu’il a déjà fait un show à son nom et qu’il ne se sent pas trop l’envie de le faire.

Place désormais aux réjouissances. Gad Elmaleh annonce alors son compatriote en français. Pour la blague, il dit qu’il est honoré de voir Seinfeld « faire sa première partie ». Ce dernier l’interrompt et lui demande la traduction, Gad l’annonce alors en anglais et le show commence. 25 minutes où les vannes s’enchaînent avec précision d’un horloger suisse. Parmi les thèmes abordés entres autres : le rapport des humains à la nourriture et au sexe. Deux préoccupations qui occuperaient 99% du cerveau humain. Autre thème : la dépendance des humains aux portables et au niveau de charge de leur batterie.

Seinfeld lâche le micro sous les applaudissements de la salle et donne la parole à son acolyte. Gad Elmaleh nous livre 35 minutes de spectacle en anglais. Même s’il balance quelques nouvelles vannes, beaucoup proviennent de son Special sur Netflix, mais traduit en anglais. Reste que cela fonctionne. Comme à son habitude, le natif de Casablanca excelle sur les mimiques et sa gestuelle. L’humoriste se fait plaisir, car il sait que son idole l’observe derrière les rideaux.

Les autres humoristes bluffés

Le spectacle se termine. Il n’y aura pas de rappel. Tout le monde quitte la salle, c’était donc le moment de faire le bilan avec plusieurs humoristes. Pour Jérôme Commandeur, même s’il a pris du plaisir à voir ses deux stars sur scènes, la compréhension n’était pas toujours facile : « Seinfeld c’est une icône. Concernant Gad j’aime bien ce qu’il a fait, car j’ai retrouvé tout ce que j’aimais de lui. Dans une fluidité. C’était lui en plus, plus, plus. J’avais peur de ne pas comprendre. Pour être honnête, je me suis un peu forcé à rire de temps en temps, même si je reste admiratif. » Un problème de compréhension de la langue de Shakespeare partagé par Tom Villa : « Moi l’Anglais j’ai arrêté en cinquième car j’étais trop bon. Il y avait un très bon quart d’heure. C’est le quart que j’ai compris. »

Nathan Bensoussan est encore bluffé par la technicité de Seinfeld : « Le meilleur standupper en vie a joué ce soir à Paris. C’est un scientifique, avec une précision incroyable. Il y a des gens qui applaudissaient sur les prémices des vannes. Tellement l’idée est intelligente. Même Gad m’a bien impressionné. Il n’a pas eu à rougir de son passage. Déjà moi quand je passe après Lenny M’Bunga au Paname, je ne suis pas bien… Alors passer après Seinfeld… », confesse l’humoriste encore bluffé par la performance. Un côté élève/professeur partagé par Fary : « C’était un peu scolaire pour moi, de voir son spectacle. J’ai jamais vraiment regardé son travail, mais il fallait le faire à un moment donné. Le découvrir en vrai, c’était cool. Je m’attendais pas à cela. Surtout qu’à 60 ans passé, il a encore des trucs à raconter. »

« Seinfeld en version 3D »

Noman Hosni, tel une fan de Justin Bieber encore en émoi, ironise sur son rapport de fascination qu’il entretien avec Seinfeld : « C’était bien de voir Seinfeld en 3D, j’étais assez près. Je pense qu’il sent bon, je pense que c’était son parfum. Son parfum m’a beaucoup plu. On a une petite connexion je crois. La prochaine fois qu’on se croisera, on se reconnaîtra. »

Manque plus que les deux têtes d’affiche de la soirée. Seinfeld ne s’éternise pas et s’engouffre dans sa berline en sortant du théâtre. Entre deux autographes et deux selfies, Gad Elmaleh nous livre ses impressions : « C’est génial. C’est un vrai bonheur. J’ai kiffé, j’ai pris beaucoup de plaisir vraiment. J’avais déjà joué avec lui sur scène. Maintenant, pouvoir le faire venir à Paris, c’est cool. C’est toujours nous qui allons là-bas. On est fascinés par les « ricains », mais à un moment donné faut qu’il vienne nous voir. Là, il l’a fait et c’est cool. »

Pari réussi donc pour les deux humoristes et pour les organisateurs de l’événement. Le prochain humoriste à fouler les planches du théâtre de l’Oeuvre, sera Jordan Rock, le petit frère de Chris Rock…