On y était : la première de Lenny au One More

Lenny

Après deux ans de rodage et une flopée de scènes ouvertes, Lenny est de retour sur scène pour son nouveau spectacle. Cela s’appelle Tous ego et cela se joue tous les dimanches au One More. Ne vous fiez pas à son nouveau style. Même s’il semble plus cool sur la forme, le comédien est devenu plus aiguisé sur le fond. On y était et on vous raconte.

Nous sommes dimanche soir, il est presque 19 heures et la rue de la Folie-Méricourt est quasiment déserte. Et pourtant, le bar du One More est déjà bien rempli à quelques minutes du début du spectacle. Dans le fumoir qui fait office de loge, Lenny M’Bunga trépigne d’impatience. Ses collègues humoristes qui se sont déplacés pour l’occasion viennent le soutenir. En effet, l’hôte du soir a un peu le trac. En même temps, il a de quoi l’avoir .

Après plus de deux ans sans jouer de spectacle et quelques démêlés avec son ancienne production, Lenny est de retour pour jouer son seul en scène. Un repos forcé où il a forcément douté, mais qui lui aussi permit de peaufiner son style. Reste que l’heure n’est plus à la réflexion et Rab Gui, le DJ à la barbe fournie, chauffe comme il faut l’auditoire, avec un bon vieux 50 Cent. Tout le monde est visiblement en place et la fête peut commencer.

Louis Dubourg qui a effectué le déplacement, ne fera pas la première partie, mais il vient lancer Khaldoun qui aura l’honneur de la faire. L’humoriste aborde divers sujets : sa soirée arrosée du samedi dernier, des filles qui s’épilent le duvet au cocktail b-52, mais aussi de son pote qui s’est marié avec une copine d’enfance et également la question de sa paternité. Le public est chauffé, c’est le moment de lancer Lenny.

Quand Nabila côtoie Einstein

Sous les hourras de la foule, Lenny atterrit sur scène avec un style de dandy : avec un chapeau qu’il a commandé pour l’occasion et blazer beige. Dès le début, il nous confie avoir galéré pour trouver le titre du spectacle. Finalement, le choix s’est porté sur Tous ego, car comme l’explique l’humoriste : « Si on veut changer le monde, il faut d’abord se changer soi-même ». Une fois l’explication faite, les différents sujets s’enchaînent assez bien : la colonisation, ses origines, les rapports hommes-femmes et la paternité. Lenny nous parle de son passé d’enfant de coeur, parce qu’il «aimait bien les tenues». Le passé donc, mais aussi le présent avec la question des femmes ou quand Nabila côtoie Einstein.

Le temps passe trop vite et c’est déjà l’heure de se quitter. Lenny remercie les personnes qui ont effectué le déplacement et qu’il est content de jouer son spectacle après une longue absence. Une pause qui s’explique par un problème rocambolesque avec son ancien producteur. « Vous êtes le début, la première étape jusqu’en décembre », conclut l’artiste. Le micro est posé et la représentation touche à sa fin.

C’est l’occasion d’aller recueillir les impressions tout d’abord auprès de ses collègues. Alors que penser du Lenny 2.0 ? Pour Jérémie Dethelot, ces deux années sans jouer lui ont indéniablement apporté un plus : « On a pu voir une grosse évolution dans l’attitude sur scène, dans l’écriture. Il a un vrai beau spectacle, moderne. Il a une attitude de renoi cool, à l’ancienne, mais avec un côté moderne. » Au-delà de son style décontracté, Hugo Tout Seul remarque que l’artiste est revenu avec plus de fond : « C’est impressionnant, car il se concentre plus sur la société. Il parle de trucs plus adultes. Il nous fait plus réfléchir. Il apporte du vrai stand-up, avec des mecs comme lui, il y a des mecs qui nous parlent vraiment. »

Un travail d’écriture auquel Titouch a contribué. D’ailleurs, ce dernier semblait satisfait : « Pour une première, c’était très impressionnant. Lenny a montré qu’il était très l’aise. J’ai été très agréablement surpris. Là, on sent qu’il est parti. Par rapport à notre collaboration, on a des réflexions ensemble. Cela peut être juste des vannes ou concerner des sujets d’actualité. On se donne la réplique jusqu’à trouver le truc qui touche. En tant que Titouch, j’apporte ma touche.»

Khaldoun qui a assuré la première partie, souligne pour sa part l’importance du public qui a répondu présent : « Il a un bon public, à son image. Sans compter le One More qui lui correspond bien, à savoir un lieu détente. Ce n’est pas conventionnel. C’est agréable, je me dis que j’ai du boulot pour arriver à fédérer comme lui arrive à le faire. Qui le suivrait comme cela ? On est dimanche, il n’y a pas un chat dans la rue et les gens sont ici.» 

« Je préfère avoir un fils prêt à mourir pour ses idées qu’un mec qui va juste faire rire. » 

Avant de partir, impossible de ne pas s’entretenir avec la star du soir. Lenny nous explique son nouveau style : « J’étais stressé au début. J’ai juste hâte que les trois mois passent pour monter en puissance. Je reviens avec l’envie de parler de plus de choses engagées. On taffe pour ce qu’on pense et nos idées, pour notre façon de penser. Avant je voulais juste faire rire, maintenant, je veux faire rire avec un truc en plus. Maintenant que j’ai trouvé la nouvelle manière de bosser, je sais que tout ce qui va arriver dans le temps cela va être que du bonus. Cela va me permettre de faire un vrai spectacle de ouf. »

Concernant le côté plus engagé dans les textes, Monsieur M’Bunga explique cela par une discussion avec son père. Au cours de ses échanges, le daron lui a donné un conseil : « Je préfère avoir un fils prêt à mourir pour ses idées qu’un mec qui va juste faire rire. C’est vrai même si faut se défendre.» 

Alors que d’autres représentations dominicales sont prévues jusqu’en décembre, Lenny s’est fixé un objectif pour conclure son retour en beauté :  « J’aimerais faire une belle salle, dans un espace détente comme La Maroquinerie, la Belleviloise ou le New-morning.»  C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

lenny one more

 

 

 

Lenny dans Tous Ego.

Tous les dimanche à 19h au One More

Le Facebook de Lenny

 

 

 

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur Lenny, on vous conseille d’écouter le podcast de la très chouette émission Un café au Lot7, proposée par Louis Dubourg.

 

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