peplum, un nouveau kaamelott façon pompeï

Peplum

Fin février, la grille de programme de M6 a été bousculée pour faire de la place à Peplum. Une série humoristique hebdomadaire nous ramenant à l’époque des gladiateurs le temps de trois prime time du mardi. Retour sur une nouvelle tentative de la sixième chaîne pour enfin nous débarrasser des épisodes de NCIS.

Pourquoi faire une critique de Peplum maintenant ? La série de trois épisodes s’est terminée le 10 mars dernier sans qu’une éventuelle saison 2 n’eut été annoncée, et ses critiques, plus ou moins constructives, ont disparu de nos fils Twitter, à tel point que le hashtag “Peplum” nous redirige vers des actualités mode & fashion. Cependant, Il faut prendre le temps pour en parler. Autant qu’il nous en à fallu à attendre cette série. Parce que oui, On en attendait beaucoup. À coup de teaser débordant de guest et des bouts de sketch qui font mouche, M6 a su créer une véritable impatience chez les téléspectateurs, qui n’en pouvaient plus d’attendre un programme français valable sur le tranche horaire de 21:00.

Le concept donnait franchement envie. Officieusement inspiré de Kaamelott, qui reste encore aujourd’hui comme l’un des plus gros succès de la chaîne, Peplum se veut être une série humoristique de trois épisodes de quatre-vint-dix minutes. Le synopsis est simple. Sur fond de déclin de l’empire romain, on suit le quotidien de Bravius, ancien esclave, père de famille et fidèle bras droit de l’empereur Maximus. Côté boulot, Bravius est le dernier espoir d’une dynastie romaine dont la chute annoncée a une fâcheuse tendance à s’accélérer sous l’incompétence d’un empereur capricieux et narcissique. Côté perso, il doit affronter chaque soir son fils Caïus, devenu « Jean-Baptiste », fraîchement converti au christianisme, son épouse provinciale Octavia, dépassée par les codes de la bonne société romaine et sa fille délurée Lydia qui les a, elle, déjà parfaitement assimilés.« Peplum », ou comment éviter le burn out dans une société en déclin.

On peut déjà noter que, sur le papier, la série parait ambitieuse. Tout droit issu des fiches de Thierry Ardisson, Peplum ne fait pas les choses à moitié entre des costumes travaillés, des décors plus qu’honorables et un casting très (trop?) imposant. La série regroupe ce qui se fait de mieux dans le cinéma français. On peut notamment retrouver Jonathan Lambert (Maximus), Pascal Demolon (Bravius), Nicole Ferroni (Octavia) ou Anthony Sonigo (Caïus) croisant le fer avec Franck Dubosc, Kad -Mérad- & Olivier -Baroux-, François Berléand ou encore Isabelle Nanty. Bref, la liste est longue, et on comprend vite que Peplum s’est donné les moyens pour tenter de sauver les soirées M6 du mardi. Sur la réalisation en elle-même, on se la joue une nouvelle fois dans le plus pur style Kaamelott. Absurdités et anachronismes s’enchaînent pendant une heure et demie rythmée par des références contemporaines confrontant Histoire et problèmes quotidiens, débuts du christianisme et effet de mode, esclavagisme et appareils connectés. Un modèle qui avait déjà fait ses preuves auprès des téléspectateurs depuis Les Inconnus et le sketch sur la révolution.

Pas d’excuse donc. Tout y était pour que ce programme connaissent une réussite totale et bouscule Person of Interest sur TF1. Une réussite technique déjà. Difficile de se louper avec autant de moyen mis à disposition des réalisateurs. Mais surtout une réussite populaire avec un public qui va finir par ne plus supporter les conseils de Stéphane Plaza ou les répliques bancales des différentes copies de NCIS.

Pourtant, Peplum s’est loupé. Pas vraiment d’un point de vue commercial car la série a réussi, sur trois épisodes, à mobiliser 10,8 % des parts d’audience de moyenne. Mais elle reste un loupé. Un pari risqué qui n’a pas payé. Si le premier épisode a su attirer plus de 21% de part d’audience, le nombre de téléspectateurs n’a cessé de chuter jusqu’au troisième épisode qui n’a pas réussi à dépasser les 8%. Même Louis la Brocante a fait mieux. Mais l’éternel Victor Lanoux ne justifie pas tout.

Sur l’écriture d’abord. S’inspirer du concept de Kaamelott est une bonne chose mais ce qui a fait la force d’Astier, c’est d’avoir su imposer un humour exigeant bourré de références. Ici, le parti pris est un humour facile d’accès, sûrement pour réussir à toucher un large public. C’est ce qui constitue le défaut majeur de cette série. Si certaines idées réussissent à nous faire rire comme un fils en pleine crise d’ado qui se converti au christianisme ou les esclaves, considérés en appareil electro-ménagers, le reste des gags est tellement prévisible qu’il devient difficile d’y accorder ne serait-ce qu’un sourire. On a l’impression qu’il s’agit d’un enchaînement de clips publicitaires pour des banques. Une sorte de suite de blagues que l’on retrouve dans la boite mail de notre paternel.

Le choix du type d’humour n’est clairement pas définis et on peut rapidement se trouver à passer d’une blague bon enfant à des scènes trash presque hallucinantes (un lapin éventré ? sérieusement ?). Un mélange forcé qui tourne rapidement au malaise. Ajouter à cela des personnages insupportables à l’instar de la fille de Bravius, Lydia (jouée par Lou Chauvain), véritable caricature de l’adolescente insupportable, ou le général romain joué par Philippe Vieux, à peine crédible. Une préférence pour la petite touche parfaitement malsaine de la série. Des BOOBS ! Des torses nus qui font office de décors, sans que ça n’apporte vraiment quelque chose à l’histoire. Des apparitions régulières de paires de seins qui ont sûrement dû mettre quelques parents dans l’embarras. Pas vraiment dans l’esprit “familiale” qui devait caractériser Peplum.

Finalement, cette production de M6 a été construite à l’envers. Si la série a rapidement osé se comparer à Kaamelott, on est resté plus proche d’“Astérix aux Jeux Olympiques”. On est bien loin du niveau d’écriture d’Alexandre Astier. Peplum est en est même à l’exact opposé. Tout a été travaillé, sauf le script. Et ce n’est ni l’expérience, ni la renommé des acteurs réunis qui auront su sauver la production d’Ardisson. L’enthousiasme de Pascal Demolon et le talent de Jonathan Lambert auront pourtant tout tenté pour sauver ces dialogues ennuyeux et ces chutes désespéremment attendues. En vain. La conclusion est toute trouvée. Peplum a fini façon Pompéï. Une chute aussi rapide que prévisible où chaque épisode aura contribué à faire disparaitre la série du paysage audiovisuelle français.

  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *