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Younes Depardieu

Younes Depardieu, le crooner des balcons

Alors que la France est confinée depuis trois semaines, certains humoristes profitent de ce moment particulier pour faire une pause ou se retrouver en famille. D’autres mettent ce temps à profit pour échanger avec leur public en faisant des lives ou en publiant des vidéos sous forme de journal de bord comme Younes Depardieu. En effet, deux fois par jour, l’humoriste Castleroussin publie des vidéos où il se filme depuis son balcon pour chanter avec son micro karaoké. Une stratégie payante qui lui a permis d’élargir sa communauté et nous redonner un peu le sourire dans cette période inédite. Nous avons échangé avec lui pour en savoir plus.

Où êtes-vous installé pendant cette période de confinement ?

Je me suis confiné en famille à Paris. J’ai eu beaucoup de chance, car je suis rentré un jour avant le confinement. Comme j’étais au Maroc, je suis rentré un un jour avant que tout soit fermé au niveau des vols. Il restait un vol à 1500 euros l’aller.

Comment s’est mis en place ce rendez-vous depuis votre balcon ?

Je ne l’avais jamais fait car je n’avais pas de balcon. Quand j’ai déménagé dans cet appartement qui avait deux balcons, l’occasion était parfaite. Ce micro karaoké je l’ai depuis 5 ans, je l’avais acheté à Dubaï. J’ai commencé à faire toutes mes conneries après les matches du PSG. On va dire que je suis un des précurseurs du micro en France. Je vois que cela s’est démocratisé. C’est un bon délire. Avant le confinement, j’avais fait une chanson en imitant un griot sur le Corona virus. La vidéo avait bien marché. Après j’ai eu l’idée de faire cela sur le balcon et cela a super bien marché. Je suis vraiment content, en plus je vois que mes voisins jouent le jeu.

« Je ne suis pas là pour faire la morale. »

Dans vos vidéos, vous rappelez souvent aux gens de rester chez eux. Vous souhaitez faire passer un message avec ces vidéos ?

Je ne suis pas là pour faire la morale. Quand tu as des gens autour de toi qui sont tombés malades du Covid 19. Certains qui ont même eu l’impression de mourir cela m’a fait réfléchir. J’ai même un ami qui était en réanimation, heureusement il est sorti. Quand tu vois ce genre de choses, cela fait réfléchir. Tu n’as pas envie de voir les gens souffrir. Après, j’ai l’impression qu’il y a un mouvement de solidarité qui se crée. Notamment avec les voisins. Le confinement a rapproché les gens d’une certaine manière. Je le vois quand les gens applaudissent à 20 heures, on sent que les gens veulent se retrouver.

Vous êtes surpris par l’engouement suscité par ces vidéos ?

Je ne m’attendais pas du tout à cela. Je savais que mes vidéos étaient partagées mais pas que cela allait marcher aussi bien. Par rapport aux retours que j’ai, je vois que c’est tout public. Cela va de 5 à 70 ans. Je reçois aussi des messages de toute la France et des pays francophones comme la Belgique ou le Canada, mais aussi d’Afrique. Le matin quand je me lève, cela me donne un objectif. Je pense que ce qui plait aux gens c’est la spontanéité. Je trouve l’idée peu de temps avant de commencer à l’enregistrer.

« Quand tout ceci va finir on va fêter cela comme une finale de Coupe du Monde. »

Quels types de messages d’encouragement recevez-vous ?

Je reçois des messages de personnes confinées voire de certaines personnes qui ont le coronavirus. Ils m’ont dit que mes vidéos leur remontent le moral et qu’ils sont contents que je fasse ces vidéos. Ils  attendent les vidéos comme si c’était une série. Cela me touche. Je reçois aussi des encouragements du personnel de santé, des caissières, de policiers, de gendarmes. Avec ces vidéos, j’ai réussi à fédérer beaucoup de gens et au-delà des communautés.

Comment occupez-vous vos journées ?

Comme tout le monde, je vais sur Netflix. Je vous conseille le film Turc Koğuştaki Mucize dont tout le monde parle. C’est un film incroyable. Sinon, j’ai fini une série qui s’appelle ZeroZeroZero crée par Roberto Saviano. Je conseille également la série Fauda. Concernant les comptes Instagram que je recommande, il y a celui d’Hakim Jemili et celui de Bayou Sarr. Les Lives aussi c’est devenu un délire, notamment ceux de Karim Benzema avec Mohamed Henni. D’ailleurs, j’attends ceux de Kylian M’bappé et Neymar. J’essaie de lire un petit peu et d’écrire. Je fais pas mal de vidéos : une que je publie le midi et une autre le soir. Après j’essaie d’en profiter pour passer du temps avec la famille. C’est un des avantages.

Que comptez-vous faire quand tout ceci sera fini ?

Reprendre ma vie d’avant et savourer tout ce que je vais faire. Je ne me rendais pas compte de la chance qu’on avait avant. Le fait de sortir, d’être libre, d’aller au resto ou au cinéma. On avait l’impression que c’était normal, alors qu’aujourd’hui c’est un luxe. Quand tout ceci va finir on va fêter cela comme une finale de Coupe du Monde. Les gens vont sortir. Cela va être n’importe quoi dehors. Je pense que je vais sortir en caleçon avec une bouteille de champagne halal et faire le tour du quartier en remerciant tout le monde.

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