Adrien Arnoux : « En Corée-du-Sud, je pouvais parler politique mais pas de sexe »

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C’est par hasard, que nous avons rencontré Adrien Arnoux assis, un verre à la main sur une terrasse parisienne, le regard pensif et se reposant après une traversée de 11h en avion en provenance de Los Angeles. C’était l’occasion pour recueillir des nouvelles de l’artiste qui s’illustre sur scène depuis six ans.

Raconte-nous tes vacances…

J’étais à Los Angeles pendant deux semaines. Je n’y étais jamais allé. J’ai en profité pour faire des open-mic, un peu de tourisme et croiser des potes.

Si tu avais l’occasion d’effectuer un tour du monde, cite-nous 3 choses que tu emporterais avec toi

Je n’ai rien avec moi. J’ai des fringues que je ne lave pas (rires), Non, sérieusement, je prends deux-trois fringues et puis c’est tout. Si tu as ton téléphone, tu n’as même pas besoin de livres. Je n’ai besoin de rien d’autre. Tu peux lire, écouter de la musique, c’est suffisant. J’aime ne rien avoir avec moi. Du coup, si je dois citer trois choses, cela serait : mon téléphone, mon passeport et ma carte bleue. Sans un des trois, tu es dans la merde.

Tu prendrais une personne avec toi ?

Là comme ça non (rires) J’étais allé à Montréal l’année dernière pendant 6 semaines pour jouer. J’étais tout seul et je n’avais rien emmené avec moi. J’aime voyager tout seul. Je n’avais pas pu voyager pendant longtemps parce que je n’avais plus les moyens et là j’essaye de découvrir un peu le monde. Partout où tu vas, il y a des humoristes que tu peux contacter c’est toujours possible de jouer sur place.

Dans quel pays tu as joué ? 

J’ai joué en Corée-du-Sud, au Canada, en Suisse, en Belgique et là à Los Angeles. Et aussi les Dom Tom, mais ça ne compte pas vu que c’est en France.

Est-ce que tu adaptes ton humour au pays que tu visites ?

Je l’adapte très légèrement en changeant deux, trois  mots ou des références. J’écris de manière à pouvoir raconter ça un peu partout. L’idée est de ne pas complètement être dans la merde une fois que je quitte Paris. Lorsque je suis parti en Corée-du-Sud, on m’a dit que je pouvais parler politique mais pas de sexe. Mais ça a été exactement l’inverse, lorsque je parlais de sexe, toute la salle se marrait. J’ai essayé de parler de Kim Jong Eun, ce n’est pas passé…

Tu penses qu’il existe un humour à vocation universelle ?

Ce qui est universel, ce sont les références. Dans certains pays, des choses sont peut-être un peu en retard et qui ont des tabous sur le sexe par exemple. Il y a une forme d’humour qui est universelle. Après si tu fais des blagues sur les politiques ou les sujets d’actu, ça ne sera pas les mêmes partout.

Qu’évoques-tu de manière générale dans ton spectacle ?

Je parle surtout d’actualité. Il y aura toujours des problèmes de racisme, xénophobie, d’homophobie, de guerre.

Les parties évoquant ta grand-mère raciste, ton frère qui a fait son coming out sont-ils basés sur ta vie où est-ce fictif ? Ont-ils vu ton spectacle ?

Tout est réel. Ils sont venus voir mon spectacle. Ils aiment bien. Ils savent que j’ai galéré pendant longtemps. J’ai dit que ma grand-mère était raciste sur Youtube et elle a grillé, mais bon c’est pas de ma faute. Mon frère, je lui avais demandé la permission avant. Et il était très content que je parle de lui.

As-tu eu des retours au sein de ta famille ou parmi ton public, sur certains sujets comme le racisme et l’homophobie ?

Cela n’a pas changé ma grand-mère. Mon frère a bien vu que je défendais les droits des homosexuels et il était très content. En ce qui concerne les fans, effectivement, j’ai eu quelques expériences. Certains se reconnaissent et viennent me parler de ça.

 Si tu devais acheter une place pour aller voir le spectacle d’un humoriste ?

C’est pour Blanche que je paierais ma place avec plaisir. Elle fait du bon stand-up.

Comment as-tu atterri dans l’humour ?

J’ai commencé par la musique et après 12 ans d’échecs répétés, je me suis demandé ce que j’aimais faire et je me suis souvenu que j’aimais faire ça. J’aime bien écrire et c’était donc un moyen de m’exprimer. J’ai débuté en avril 2012 au Chinchmam Comedy Club, en jouant du stand-up et ça m’a donné envie de continuer. Pour les études, on m’avait fait sauter une classe. Dans les années 80, on faisait sauter des classes. J’ai eu mon bac à 16 ans et demi.

Qu’est-ce que tu as fait ensuite ?

J’ai fait deux ans d’arts graphiques mais je ne suis pas allé au bout.  Je m’ennuyais trop en classe et je ne me voyais pas passer des années entières en cours pour m’assoir et de mémoriser des trucs. J’avais plein d’autres choses à faire. Puis j’ai vu qu’il n’y a pas une vraie sécurité de l’emploi avec un diplôme. C’est encore pire dans des pays comme les Etats-Unis où tu payes des sommes incroyables pour leurs études alors qu’ils ne sont même pas certains d’avoir de travail après.

Tes pronostics pour la coupe du monde ?

Alors là,  aucune idée. Il n’y a même pas une équipe que je vais supporter. Le foot, ce n’est vraiment pas mon truc.

Quels sont tes projets ?

Je pense que je vais passer l’été à Paris à faire du stand-up pour préparer un éventuel spectacle. Je joue en ce moment au Paname-Art Café.

Retrouvez Adrien Arnoux en ce moment au Paname Art-Café, sur son Facebook son Instagram 

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