Alexandre Kominek : « Je rêve de tourner dans un film de gangsters »

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Alexandre Kominek travaillait dans la pub à Genève comme graphiste, puis un jour il a voulu se lancer dans la comédie. Après avoir rencontré du succès chez les Helvètes, il a décidé de monter à Paris. Depuis la rentrée, il y joue son deuxième spectacle Bâtard sensible. Un spectactle où l’humoriste raconte sans tabou ses anecdotes mouvementées. Rencontre avec un doux dingue.

Vous êtes né en Suisse et vous y avez vécu une grande partie de votre vie, comment se passe votre nouvelle vie parisienne ?

Le changement de paysage est assez difficile. En Suisse, on est beaucoup plus calmes. Je confirme le cliché concernant les parisiens qui sont plus durs et encore je reste poli. J’y vois une différence avec le reste de la France. Récemment j’ai joué à Bordeaux et j’avais oublié à la base que les Français sont gentils. Même si j’aime bien Paris et son dynamisme.

Quelles sont les différences entre les parisiens et les genevois ?

A Genève si on vous bouscule on s’excuse et on vous donne de l’argent (rires) contrairement à Paris.  A Paris, je suis choqué de la prolifération de rats. Nous en Suisse on a des écureuils. En vrai c’est pareil car ils sont le même comportement. C’est juste que l’écureuil c’est un rat avec une Canada Goose. Nos écureuils ont de l’argent. Même si J’aime bien Paris. Chacun fait son truc. On ne te juge pas, surtout quand tu n’est pas connu comme moi. Tu peux faire ce que tu veux. L’anonymat est sympa dans cette ville.

A Paris le niveau est élevé. L’avantage de la Suisse c’est que tu dois toujours trouver des nouveaux sketches car tu sais que les personnes vont revenir au même endroit où tu joues. Cela m’a poussé à écrire beaucoup de trucs. Je vois en arrivant ici que toutes mes idées n’étaient pas abouties. Je suis venu ici (à Paris ndlr) pour avoir un truc carré. Le niveau ici est plus élevé. En Suisse, on est que six humoristes professionnels. Le pote de mon cousin m’a dit « c’est bien tu es dans le top 5 des humoriste en Suisse », je lui ai dit «Bon, en même temps on est 6 ». (Rires ndlr) Je joue sur des plateaux avec eFary, Roman Frayssinet, Gad Elmaleh. Donc cela donne envie de travailler et  tu deviens forcément meilleur.


D’où vient le titre du spectacle Batard sensible ?

Je peux passer pour un connard. Je peux jouer de cette attitude du mec qui a la confiance en lui mais en vrai c’est pas vrai. Au fond il y a vraiment un coeur qui bat (rires ndlr). C’est un titre que j’aime bien car je pense qu’il me correspond bien. Le côté sensible vient du fait que j’ai été élevé uniquement par ma mère. Même si elle c’est un bonhomme. Donc j’ai cette part de féminité où j’ai connu qu’une seule femme dans ma vie et de l’autre j’ai du devenir bâtard car à l’école j’étais un petit gros donc il fallait avoir des vannes pour s’en sortir. A l’école, il y avait les mecs fort en bagarre, les mecs fort en football etc… Après quand j’ai maigri, j’ai vraiment pris des revanches sur les meufs ahah.

Ce qui est dit dans le spectacle est vrai ?

Oui j’ai vraiment un voisin particulier en Suisse qui a un iguane dans son salon. Au début, je voulais faire des blagues dans lequel tout le monde se reconnait au final tout le monde fait cela. J’ai remarqué que là où j’étais le plus drôle c’est quand je raconte mes propres histoires. Je suis pas vraiment marrant car je suis obligé de vivre des trucs pour pouvoir les raconter sur scène. Quand il m’arrive des histoires folles ou des galères, je me dit après coup que cela peut me faire un sketch. J’aime bien que les gens se rappellent une histoire en particulier. On a toujours un pote dans un groupe qui raconte ses histoires mais on sait qu’il peut mourrir dans un bordel à Budapest à 35 ans.
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Le spectateur

Il y'en a toujours un qui se cache dans la salle et qui…

Publiée par Alexandre Kominek sur Jeudi 23 novembre 2017

 

Si cela ne marche pas j’aurai essayé et après je retrouverais une vie normale rangé et je bosserai dans le sentier avec mes frères (rires).

Comment vous êtes venu à l’humour ?

C’est un rêve de toujours. Au début je voulais faire du cinéma. Je kifferai être dans un film d’action ou des rôles où tu prends un flingue et tu allumes tout le monde. Quand j’étais petit je disais que je voulais être acteur. Un jour, il y a un grand qui me dit « Quel rôle ? ». Je lui dit un rôle de super-héros. Là il me dit « Ouais mais Spiderman ce n’est pas un gros porc. » (amusé ndlr). Il m’a tué le con.

Quel a été le déclic ?

Je travaillais dans la pub comme graphiste. j’avais 23 ans, On faisait un soirée chez un pote. Il y a un pote qui me dit « Il y a une scène ouverte. Il faut que tu testes. » je lui dit que c’est mort. Le mec m’a inscrit au truc sur un plateau à Genève. Je dis non, je veux pas. Finalement, je me suis inscrit à celui de Lausanne comme ça je me dis « si je prends un bide, personne me verra. » Au début, je me chiais dessus.

Faire marrer les potes c’est quelque chose mais faire marrer des gens que tu connais pas c’est différent. Je vois les autres humoristes qui montent sur scène et qui se prennent des bides. J’arrive sur scène et ça marche. Je faisais un sketch où j’expliquais pourquoi il ne fallait pas aller en boîte avec sa meuf. Cela s’est bien tellement bien passé que j’ai envoyé un message à tout le monde pour jubiler. Sauf que lorsque j’ai fait ma troisième scène j’ai fait un bide, alors que pleins de gens que je connais sont venus me voir.

Depuis j’ai continué et on m’a proposé de faire de la radio et je faisais du théâtre en parallèle. Finalement, je me suis dit que je n’avais pas à m’enfermer dans un bureau de pub.

Quel a été le moment où vous avez lâché la pub ?

C’est quand j’ai commencé à en vivre de la scène. Les gens m’ont dit que c’est un acte courageux mais je trouve cela inconscient. Je me mets en danger en faisant cela. Je me dis que je me donne du temps et je vais tout faire pour que cela marche. Si cela ne marche pas j’aurai essayé et après je retrouverais une vie normale rangé et je bosserai dans le sentier avec mes frères (rires). En attendant c’est ma deuxième année sérieuse.

David Azencot, Marina Rollman et Charles Nouveau ont fait de la pub aussi. Cela vous a apporté quoi pour la scène?

Déjà c’est une bonne école pour la créativité. On te demande de chercher des concepts. Il faut parler d’un sujet mais avec un angle original. Le stand-up c’est un peu cela. Partir d’un fait et tricoter un truc marrant autour avec un angle.  

Je rêve de tourner dans un film de gangsters

Quels sont vos objectifs à long terme ?

Que mon spectacle continue de tourner. Ensuite développer d’autres choses sur Internet et à long terme tourner au cinéma et réaliser un film. Que ce soit dans une comédie ou un film touchant, même si je rêve de tourner dans un film de gangster. Les films de Scorsese ou Copolla. C’est dingue comment tu peux mettre en scène des personnages crapuleux mais en même temps ils sont tellement classes et drôles que j’aimerais beaucoup faire un truc comme ça.

En somme, un mec affreux mais que tu aimes bien car il est trop bien sapé. Joe Pesci c’est vraiment une merde dans ses films mais il est trop marrant. Tu as envie que ce gars-là t’aide en cas de pépin alors qu’il est tout petit et ridicule. Je pourrais citer aussi Les Soprano. Ils sont horribles notamment quand tu vois Tony Soprano qui se lève le matin et qui mange sa mortadelle ajeun debout dans sa cuisine. Tu as envie d’être avec eux ou aussi Narcos. Aujourd’hui, le grand banditisme n’existe plus. Il y a plus de braquages tout est numérique

La criminalité a évolué…

Oui maintenant, il y a plus que des coups de génie comme par exemple les mecs qui ont fait le coup de la taxe carbonne.

Prochainement : Matos

A VOIR : LA TOUTE NOUVELLE SERIE NETFLIX !!!#26minutes

Publiée par Alexandre Kominek sur Mardi 14 novembre 2017

Quelles sont vos réfèrences ?

Elie Kakou, Gad Elmaleh, la série H. Après quand j’ai pu avoir accès aux skteches américains sous-titrés. J’ai pu découvrir le niveau de mecs comme Louis CK, Bill Bur qui est mon humoriste préféré. Il a un côté connard mais tu l’aimes. Sans compter sa façon de te raconter les choses. Il a un micro et il te raconte une histoire avec le décor.

Enfin, je citerai Jim Jeffries. Il te raconte qu’il va voir des prostituées et qu’il a été accro à la cocaïne pendant sept ans. J’aimerai avoir cette facilité de pouvoir parler de pleins de sujets avec beaucoup d’aisance. Si tu parles de cocaïne cela choque forcément les gens contrairement au cannabis. 

Retrouvez Alexandre Kominek tous les jeudi à 20:00 au Théâtre de La Petite Loge

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