Bidu : « J’aime l’humour noir. »

La politique, la religion, la culture ou encore le sport. Aucun fait d’actualité n’échappe au coup de crayon et à la créativité de Bidu, un jeune dessinateur de presse qui brille depuis quelques mois sur les réseaux sociaux. Avec un parcours scolaire classique qui ne le prédestinait pas au métier de dessinateur, c’est avec un talent acquis progressivement depuis son enfance en autodidacte qu’il s’est lancé vers cette activité. Le We Love Comedy est parti à sa rencontre, afin d’en savoir un peu plus. 

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alors je m’appelle Olivier, j’ai 26 ans, j’ai grandi dans un département où les vaches sont plus nombreuses que les habitants, la Dordogne. Et j’occupe maintenant dans la belle ville de Limoges, célèbre pour le basket, la porcelaine, et ses bus aux noms dégueulasses.

Explique-nous ton pseudo.

Mon pseudo a une histoire personnelle, mais je voulais aussi quelque chose de marrant et facile à retenir plutôt qu’un banal nom de famille.

Quand et comment a débuté ton activité artistique ? 

J’ai commencé à dessiner tout gosse. Je copiais des bandes dessinées comme Astérix, et petit à petit je me suis lancé tout seul. Je n’ai jamais pris de cours, ou suivi de cursus pour cela. Mon parcours scolaire est des plus classiques, mais en gros passionné, je n’ai jamais arrêté de dessiner et à m’entraîner pour avoir un niveau potable. 

Bidu On te connait à travers le dessin de presse depuis un certain temps. Est-ce ton activité principale ? Une activité secondaire ? 

Actuellement, ce n’est pas mon activité principale, je suis à côté étudiant infirmier. J’ai toujours voulu travailler à côté, rencontrer des gens, ne pas faire que du dessin à longueur de journée car cela devient vite pesant. C’est un boulot solitaire. Comme Président de la République, le salaire en moins.

En quelques mots, définis-nous le concept de tes dessins et le choix des thèmes choisis.

Pour définir mon boulot, je dirais que je fais du dessin satirique pour me moquer de ce monde, de la société, des religions, des politiques, bien sûr, bref de tout. Et pointer du doigt leurs absurdités et contradictions, et avec l’actualité, c’est du pain béni. Tout ce qui me révolte, j’essaie d’en faire un dessin. J’ai toujours été contre les injustices, le fait de désigner les petits quand les gros s’engraissent, et c’est   probablement ce qui m’a emmené vers ce type de dessin. Il y a deux façons de bien faire passer un message : le dessin, et l’humour. J’ai voulu mélanger ces deux aussi bien que possible, faire de l’absurde pour montrer l’absurde.

Te fixes-tu des limites dans ton art  ? 

 Pour ce qui est des limites, ce serait mentir que de dire que je n’en n’ai pas. Tous les dessinateurs en ont. De mon côté, je ne veux pas tomber dans l’humour gratuit. Je m’explique : j’aime l’humour noir et rire des drames de la vie, la famine, le cancer… Cela fait bizarre dit comme ça, mais j’estime qu’il le faut car comme disait Desproges « la mort ne se gêne pas pour se rire de nous ». Mais cela reste de l’humour s’il est aussi là pour dénoncer ces choses-là, pour faire réagir les gens. Et cela ne l’est plus lorsque c’est une attaque ciblée envers quelqu’un. Je dirais que c’est cela ma limite.

Un dessin pour lequel tu aurais pris un risque ? 

Je n’ai jamais estimé prendre de risque pour un dessin, du moins en le faisant. Mais après, bien sûr je ne compte plus les insultes voire menaces de mort que j’ai eues suite à certaines publications. Ça fait partie du métier, et au final c’est plus marrant qu’autre chose.

La présidentielle 2017 a pris une part importante parmi tes derniers dessins. Que retiens-tu de ces élections ? 

Pour moi les dernières élections ont été désastreuses. On a assisté à une campagne puis un débat d’entre-deux tours dignes des Anges de la Télé-Réalité, n’allez pas croire que je regarde hein. Cela ne pouvait pas aboutir à autre chose qu’un tel second tour.

Comment vois-tu ces 5 prochaines années ? 

Pour les cinq prochaines années, je suis très optimiste caricaturalement parlant, il y aura du travail, ça va être le pied. Citoyennement parlant, c’est encore dur de savoir comment Macron se comportera mais je suis un peu plus perplexe.

As-tu été approché par des magazines pour une collaboration ? 

Dernièrement j’ai collaboré avec un jeune journal en Région Parisienne (Le Drenche), ou encore avec un journal publié en Belgique, Allemagne et Angleterre.

Des projets en cours ? 

J’ai pas mal de projets, éventuellement un best-of de mes dessins de ces derniers mois. Et sinon je souhaiterais lorsque je me sentirai prêt, sortir un peu du dessin de presse et me lancer dans la bande dessinée. L’avenir le dira !

 Vous pouvez découvrir les dessins de Bidu sur Facebook, Twitter ou encore Instagram

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