Charlotte Creyx : « Sur scène tout est permis »

Originaire de Lyon, Charlotte Creyx monte à Paris en 2004 pour suivre les cours Florent. Titulaire d’un BTS audiovisuel et cinéma et formée au métier d’assistante-caméra, c’est par défi et grâce à son talent naturel qu’elle parvient rapidement à passer de l’autre côté de la caméra. Elle joue actuellement son troisième spectacle. Rencontre avec un électron libre.

Peux-tu présenter ton parcours à nos lecteurs ?

Je m’appelle Charlotte Creyx avec un X. C’est très important car les gens prononcent n’importe comment mon nom. Je fais du one man depuis maintenant 10 ans. J’étais assistante caméra pour France 3 Lyon. Je bossais sur des téléfilms. Par la suite,  je suis montée à Paris pour un stage au Cours Florent. Je me suis dit : « Je tente comme ça je ne regretterai pas même si je risque de m’en prendre plein la gueule. » J’étais timide à l’époque. A ma grande surprise, ça a été tout l’inverse. Pendant plusieurs jours, je me suis éclatée. Ça a été une révélation pour moi. J’ai eu de bons retours des professeurs qui organisaient ce stage. Ils avaient décidé de me prendre directement en deuxième année.  Le premier cours, c’était une nana qui mettait en scène une autre fille qui faisait du one man. Et elle m’a dit : « Il faut absolument que tu fasses du one man. » 

Quel a été le déclic ?

Ce sont les gens qui m’ont vue sur scène qui m’ont dit que j’avais plus ou moins une nature comique et que je devais faire du one man. Très vite, je me suis mise à écrire des sketches, j’ai fait des scènes ouvertes et des festivals. Je me suis lancée très rapidement. Je joue mon troisième spectacle à Paris dans divers lieux depuis peu. Je jouerai au mois d’avril à Lyon au Complexe du Rire. J’ai aussi fait des mini-séries sur Canal Plus, de 2006 à 2008. Après, je suis revenue dès 2013, avec le Oh Oh de Nora Hamzaoui avec qui j’ai co écrit quelques épisodes. 

Peux-tu en conclure que la scène t’a aidée à vaincre ta timidité ? Conseillerais-tu à d’autres personnes timides de s’adonner à des activités artistiques ?

Oui,  absolument car sur scène tout est permis. Tu peux être ridicule, provocant, impertinent… Donc forcément tu te censures moins. 

Parle-nous de ton troisième spectacle…

Mon spectacle s’appelle Charlotte Creyx avec un X.  C’est l’histoire d’une nana lambda qui monte sur scène en ne sachant pas trop pourquoi. Elle a envie de monter sur scène. Mais elle n’a pas grand chose à dire. Elle va quand même parler. 

CHARLOTTE CREYX

Le personnage que tu incarnes sur scène est-il inspiré de toi ? 

C’est marrant parce qu’on me dit souvent que j’ai un personnage. En réalité, j’exploite un trait de ma personnalité un peu déluré, lunaire, un peu naïf, candide et en même temps impertinent. Tout le monde a un personnage sur scène au final. On a un ton, un débit, on parle de sujets avec certains angles et ça donne un personnage.  Les histoires que je raconte sur scène sont des histoires qui me sont vraiment arrivées. Ce sont de véritables anecdotes comme la fois où je suis allée chez le garçon qui m’a forcée à faire du karaoké. Je ne suis pas revendicatrice. Ce n’est pas mon créneau. J’écris seule et je suis mise en scène par Francisco E. Cunha.

Quel est ton public ?

A ma grande surprise, un peu de tout. Je suis suivie par autant d’hommes que de femmes. Concernant mon public, c’est également assez large. Cela fonctionne surtout très bien pour le 20-40 ans.

Quelles sont tes références dans le monde de l’humour ?

Quand j’étais petite, j’ai beaucoup aimé Pierre Palmade. J’adore sa mauvaise foi. Quand il cherche ses clefs et qu’il envoie chier tout le monde, j’ai l’impression de voir mon père. Il y en a d’autres que j’aime beaucoup comme Michel Muller. Il a un spectacle pas tout noir, pas tout blanc, que je regarde souvent. C’est très cynique et noir mais c’est très très drôle. Son spectacle est très bien fait et mis en scène. Parmi les humoristes récents, j’adore Gaspar Proust ou encore Nora Hamzaoui. 

Depuis quelques années, pas mal d’artistes passent de la scène aux vidéos et des vidéos à la scène comme Norman Thavaud. Envisages-tu de produire des vidéos ? 

Je suis en train d’écrire des vidéos de deux minutes. Je commence également un projet avec Marie Desroles. On a eu une idée. On a fait des tests et ça commence à avancer. J’ai également participé à une vidéo de Mohamed Nouar qui a très bien marché. 

Tu as figuré sur une publicité de la MAAF. Peux-tu nous en dire un peu plus ? 

Pendant plus de 10 ans, ils ont fait une campagne publicitaire inspirée de la série Palace de Jean-Michel Ribes. L’acteur principal, Marcel Philippot qui incarnait le client mécontent est d’ailleurs décédé récemment. Après la fin de la campagne, ils ont voulu partir sur une autre série et un autre univers qu’ils espèrent également faire perdurer dans le temps. Il s’agit d’un univers des séries américaines des années 60-70 avec des méchants. J’ai joué le rôle d’une cliente. J’ai vachement sympathisé avec les créateurs de la série. Ils m’ont demandé de faire des voix. Depuis peu, je fais des voix publicitaires. J’ai de bon retours et ça fonctionne bien. 

Une anecdote sur scène ?

Plein d’anecdotes marrantes. En spectacle, il m’arrive de m’adresser à un garçon choisi au hasard et de lui dire : « Tu me regardes depuis le début, j’ai une touche. » Parfois, certains m’attendent à la fin de mon spectacle et me demandent si c’est vrai. J’en ai profité un soir. Et sinon, lors d’un festival, dans une très grande salle, j’ai dit la même chose à un garçon du premier rang. Et sa nana à côté me regarde très méchamment et me dit : « Mais pas du tout ! » C’est rigolo parce que les gens croient que ce que tu racontes est vrai.  Ils oublient que tu joues, que tu es sur scène. Le public a parfois du mal à gérer la part du vrai et du faux. Et ça peut apporter des quiproquos. 

 

Charlotte Creyx sera à l’Espace Rachi pour l’édition 2018 du Festival Rires, organisé par Talent Show, ce jeudi 22 mars à partir de 21H 

Elle sera également au Complexe du Rire de Lyon du 11 au 21 avril et au Théâtre du Rond Point au mois de Mai dans le cadre des scènes découvertes de Kader Aoun. 

 

 

 

 

 

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