Charly Nyobe : « La scène fut pour moi une thérapie »

charly nyobe

Charly Nyobe est un comédien multi-facettes. Outre la scène où il se produit régulièrement pour se produire en stand-up et la série Les Segpa. Ce pratiquant de boxe thaï au niveau amateur sait également jouer du piano sur scène pour nous jouer du Lionel Richie. Entretien avec un artiste complet.

Comment es-tu venu à la scène ?

A la base, je voulais vaincre ma timidité en montant sur scène, surtout que j’avais des soucis d’élocution, la scène était comme une thérapie. D’où cette motivation. Avec mon faciès, j’avais beaucoup d’expressions faciales qui faisaient rire. D’où le fait aujourd’hui, que j’utilise mon faciès dans mes vidéos. J’ai commencé à être l’aise pour m’exprimer à 14 ans et faire des vannes à l’école. Je faisait tellement des blagues que j’étais convoqué dans le bureau du proviseur. Les surveillants m’ont dit « Les profs se plaignent de toi. Tu n’es pas un blagueur méchant, c’est drôle, d’ailleurs les profs rigolent à tes vannes. » Les professeurs me disaient que c’était du gâchis et que je devais faire un choix. J’ai mis du temps à me décider.

Quel a été le déclic ?

A l’âge de 22 ans, j’ai décidé de me lancer dans cette voie. Un jour, je me suis blessé alors que je préparais le championnat de France de boxe thaï avec le PUC, j’en profite pour faire une dédicace à mon entraineur Dieudonné Menounga. C’est de là que j’ai eu ce déclic, même si j’ai continué en tant qu’entraineur-adjoint. J’ai commencé la scène par le chant. La première fois c’était une chanson de R-Kelly – Gotham City, il y avait 500 personnes. Mes proches étaient là, ils ont hallucinés. De là, je me suis dit, si je chante sans bégayer, je me suis dit, pourquoi pas écrire des histoires. C’est de là, que j’ai voulu faire de la scène. J’ai commencé par des scènes ouvertes chez Moussa l’Africain. Jusqu’au jour où Karim Kachour m’a donné ma chance au Paname. C’est dans ce lieu que je me suis forgé. Contrairement à mes autres collègues, je n’ai pas la peur du bide mais de bégayer sur scène. Même si maintenant cela va mieux. 

Qu’est-ce qui vous inspire ?

A l’époque, c’était le quotidien. Les galères ou les relations hommes-femmes. Aujourd’hui, je traite plus de l’actualité ou les sujets qui fâchent comme la colonisation, l’esclavage, voire la misère. J’essaie d’en parler avec subtilité. Cela m’interpelle et je sens que je dois en parler. Quand on monte sur scène, il doit y avoir un minimum de fond. 

Sur scène vous jouez du piano, d’où vient cette passion ?

Au départ, je voulais jouer de la guitare mais j’avais du mal à mémoriser les accords. Finalement, j’ai fait du piano alors qu’on m’avait dit que c’était l’instrument le plus dur. J’ai vu des artistes comme Jamie Fox en faire. Lui, c’est un showman. Il prend son piano, il partage un moment avec son public. En regardant des vidéos sur YouTube, j’ai pu m’entraîner. De là, j’ai commencé à me faire plaisir. Je regardais les vidéos sur Internet et commençait à reproduire les morceaux. Ma première chanson c’était une voix de tête avec une voix de femme, avec des tonalités très hautes. J’ai posté la vidéo sur le net, sans mettre ma tête, juste pour le kif. J’aime bien mélanger humour et chanson. Cela peut-être du Lionel Richie, vu que les accords sur Hello et Easy sont quasiment les mêmes, c’est facile à reproduire. Les autres artistes que j’aime bien sont Usher et Luther Vandross. 

Vous évoquiez Jamie Fox qui chante, joue d’un instrument et la comédie sans problème. En France, cela semble c’est plus compliqué selon vous ?

C’est en partie à cause de la mentalité française. On a tendance à cataloguer. Au début, on me disait que je devais choisir entre la comédie et le chant, alors que je chante uniquement à la fin de mon spectacle. Si le mec veut cracher du feu sur scène ou y faire des claquettes comme Eddie Murphy, il devrait pouvoir le faire. Il faudrait changer les mentalités et faire accepter le fait qu’un artiste cela regroupe plusieurs domaines. Anthony Kavanagh le fait sans souci. En même temps, il vient d’une culture nord-américaine. 

Quelles sont vos références ?

En cinéma, je dirais Le Parrain, ou les films d’arts-martiaux comme Jet-Li, ou ceux de Tony Jaa comme Ong Back. J’aime aussi les Marvel. D’ailleurs le dernier Logan m’a beaucoup plu, au point que je me suis par endormi, contrairement à ce que je faisais d’habitude. J’aime bien aussi les films qui parlent d’Histoire comme la période de l’esclavage ou la colonisation. Le souci c’est que ce type de films sont souvent censurés parce que jugés « trop communautaires », par ce qu’ils  traitent l’histoire sans aucun filtre. C’est dommage par ce que dans la même temps on préfère nous proposer des comédies remplies de clichés comme Big Mama. Là cela ne pose pas de problème. 

Quels sont vos projets ?

La saison 2 de Segpa qui est diffusée OKLM TV, avec qui ont vient de signer. Je suis en plein tournage de vidéos avec ma boite de production Playzer. Quand on fait ce boulot, il faut toujours enchainer. C’est pour cela que je veux en poster une ou deux par semaine. J’ai également un spectacle prévu en septembre. 

Votre anecdote la plus marrante sur scène ?

J’ai fait une scène à Massy Palaiseau. Le public était composé uniquement de jeunes de cités. Dans les couloirs avant le spectacle, un jeune m’a dit « C’est toi le comique ? Tu as intérêt à me faire rire batard ». J’ai joué uniquement en regardant le mec. A la fin, il m’a dit « Hey franchement t’es marrant enculé ». Je lui ai dit merci, alors qu’il m’a insulté. Sinon, on m’avait proposé de jouer pour des jeunes d’un quartier en Seine saint Denis. On ne m’avait pas donné tous les détails. . Le jour J, on me dit qu’il y’a pas de scène. Comme il pleuvait, on m’a dit que je jouerai dans un immeuble. Et je me retrouve à jouer dans un hall d’immeuble devant des mecs capuchés qui me calculait pas trop et d’autres roulaient des joints. J’ai cru que c’était l’enfer. La police a déboulé dans l’immeuble tout le monde courait dans les sens et je me suis retrouvé en garde à vue. Quand j’ai dit aux flics que j’étais un humoriste ils m’ont embarqué pensant à une blague. Ils m’ont relaché quelques heures après. Ils m’ont expliqué que les voisins les avaient appelé pour un attroupement de jeunes qui fumaient dans le hall.

La Page Facebook de Charly Nyobe

Retrouvez les épisodes des SEGPA juste ici

Vous pourrez le retrouver  au Paname Art Café.

Le Vendredi pour Humour Thérapie au Park Avenue Restaurant (Paris).

Le 1er juillet à Vigneux 

Le 6 juillet à Argenteuil (théâtre Municipal)

Le 29 juillet à Rouen (L’appart)

Les 22 et 23 septembre au spotlight de Lille.

Le 6 octobre au Casino de Mondorf-les-bains au Luxembourg

Le 11 et 12 octobre uy Palais des Congrès de Saint-Raphaël

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