Elie Semoun : « Ce que je trouve noble, c’est l’amour des mots. »

SEMOUN

De son duo corrosif avec Dieudonné à ses petites annonces aux côtés de Franck Dubosc en passant par ses seul en scène et son arrivée sur grand écran, Elie Semoun n’a pas fini de nous surprendre avec l’arrivée de personnages toujours plus délirants dans son  septième spectacle Elie Sémoun et ses montres. Un spectacle qu’il a testé au Paname Art Café. Elie Semoun est aussi un artiste complet qui nous prouve que l’on peut très bien incarner un personnage psychopathe et chanter de la poésie sur un air de bossa nova comme il le fait dans son album Des paroles en l’air. Rencontre avec cet artiste aux multiples facettes… 

 « Elie et ses monstres », c’est le nom de votre septième spectacle qui va voir le jour en 2019. Qu’est ce qui nous attend ?

C’est un spectacle qui porte bien son nom ! J’aurais pu appeler mes autres spectacles comme ça parce qu’en général mes personnages font peur ! Il y aura plein de personnages pour celui-ci aussi. Des anciens personnages que je fais revivre comme Marie-Pierre Fontanas, 70 ans, qui veut quitter son mari et qui veut avoir une vraie vie sexuelle. C’est d’ailleurs un personnage que j’ai testé au Paname. Il y aura encore un djihadiste. Et il y aura moi, Elie Semoun qui parle à ma mère… qui est dans une urne !

Comment travaillez-vous ? Comment se passe l’écriture ?

C’est moi qui ai les idées et ensuite je téléphone à Muriel Robin, à Vincent Dedienne ou à mon pote Nans Delgado qui avait co-écrit le spectacle d’avant. J’ai besoin de ce ping-pong.

Il y a quand même certain sketches que j’ai écrit tout seul comme le personnage de Gwendo la physio qui est en boite de nuit, qui voit passer des monstres et qui fait un casting pour une télé réalité.

Mais quand je suis avec Muriel Robin ça va très vite ! Quand l’idée est forte ça va super vite. Et surtout je m’attache à ce que les sujets soient originaux, que personne d’autre que moi ne puisse les faire.

Comment trouvez-vous ces personnages ? On aimerait bien être dans la tête d’Elie Semoun à ce moment la…

Ah oui ? Et bien je ne vous le conseille pas !! Je suis complètement schizophrène ! 

Gwendo la physio par exemple vient d’une rencontre que j’ai faite. Je rencontre une nana qui est une copine aujourd’hui, et qui m’a raconté sa vie de physio dans une boite à Cannes. 

Pour le personnage de Marie-Pierre Fontanas, il y avait une femme dans les « Petites annonces » qui s’appelait Marinette qui était complètement excitée, super énervée et je me suis dit  » il faut lui trouver une grande soeur ».

Donc il y a certain personnages qui évoluent parce qu’ils ont vraiment marqué ceux qui sont venus voir le spectacle. 

Après, il y a toujours l’univers de l’hôpital parce que ça me traumatise, l’univers de la vieillesse aussi, en fait toutes mes grosses angoisses je m’en débarrasse !

C’est la première fois que vous travaillez avec Vincent Dedienne ?

Oui, on est très amis et on s’est dit que ce serait sympa de concrétiser ça autour d’un sketch. Il m’a aidé pour le sketch de ma mère qui est un peu compliqué parce que c’est assez touchy.

C’est un sketch où je parle à l’urne de ma mère et je lui dit « voilà je suis devenu comique, je discute avec des personnages qui n’existent pas alors que toi c’est pas pareil, tu n’existes plus. »

Je trouve cette idée vachement forte. C’est très noir mais c’est aussi ça qui est drôle. C’est ça qui m’intéresse.

En ce moment vous testez certain sketchs au Paname Art Café. C’est la première fois que vous fais un rodage avant spectacle. Quelles sont vos impressions quand vous jouez si près du public ?

C’est complètement flippant parce que je suis assez pudique et c’est beaucoup plus flippant d’être devant 6O personnes qu’on voit en pleine lumière que d’être dans une salle où il y a 2000 personnes et où c’est une masse noire. 

Et puis là, je ne connais pas encore bien mes sketchs par coeur alors quand je suis venu au Paname j’avais la feuille sous mes yeux, donc ça met encore une distance entre les gens et moi.

Mais je trouve ça génial ce partage d’artistes. J’ai 25 ans de métier, j’en ai vu certain qui avaient un ou deux ans de métier et pourtant on est tous au même niveau, on est tous dans la petite loge. On a les mêmes peurs et les mêmes angoisses et ce que je trouve noble c’est l’amour des mots et la précision diabolique de l’humour qu’on partage tous. 

Ca vous inspire quoi ces petits jeunes qui démarrent au Paname ?

Je trouve ça génial de voir ça. Et ça me rappelle quand on a commencé avec Dieudonné au Café de la Gare c’était exactement le même principe. On passait chacun notre tour et avec le temps il y en a qui sont restés et d’autres qui ont disparus, exactement comme aujourd’hui.

Je trouve que le lieu est bon enfant…Je me sens ni vieux, ni jeune je me sens juste un artiste parmi les autres.

Il y a le Elie humoriste mais il y a aussi le chanteur ! Et un nouvel album qui arrive…

Oui ! Maintenant avec le temps je peux assumer mes différentes passions. Le jardinage et la chanson !

Quand j’ai fait mon premier album évidemment tout le monde s’est foutu de ma gueule en passant par Gad Elmaleh ! Mais c’est normal, quand on passe du pédophile à des chansons d’amour c’est un grand écart ! 

Mais j’assume complètement ! Et je trouve que dans la vie on ne s’habille pas pareil tous les jours, on écoute pas la même musique tous les jours, on ne mange pas la même chose tous les jours et pour moi c’est pareil. Je pense qu’un artiste doit être multicartes. 

Je suis très inspiré par Henri Salvador. C’est vraiment mon idole. Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de chanson et un jour j’entends un rappeur à la radio. Je trouvais qu’il écrivait vachement bien et je me suis « tiens, je vais me relancer dans la chanson ». Ca a été juste un déclic comme ça… 

Comment vous est venu l’envie de faire de la chanson ?

C’est venu avec une histoire d’amour en fait ! Je suis tombé amoureux d’une nana. Je lui ai écrit des poèmes et je les ai mis en chanson. Elle en a rien eu à foutre ! Mais j’ai quand même sorti un bel album !

Vous avez sorti un album qui s’appelle Des paroles en l’air

Oui ! il va y avoir onze titres. Il y aura une reprise du poème de Victor Hugo « Demain, dès l’aube ». Je reprends un standard de Bossa super connu qui s’appelle « Zingaro » qui est chanté par Jao Gilberto.

Après ce sont mes textes et des musiques d’Emmanuel Donzella.  Il y aussi une musique de Pierre Souchon, le fils d’Alain Souchon et une musique d’Hubert Mounier qui est malheureusement décédé mais qui été dans un groupe qui s’appelait L’affaire Louis Trio. 

C’est une mélodie que j’ai retrouvé et j’aimais tellement ce gars…

Une envie de concert pour faire vivre votre album sur scène ?

On va voir comment l’album est accueilli. Pour l’instant il plait bien mais si c’est vraiment un bide…

Mais ça peut être un bidet puisqu’aujourd’hui plus personne n’achète de disques !

En tous cas j’ai fait ça pour le plaisir et avec une grande sincérité ! Je ne triche jamais.

Vous considèrez-vous comme un crooner ?

Non ! J’aimerais bien mais non ! Un crooner c’est son métier à cent pour cent. Moi c’est pas mon métier. Oui mes chansons sont très romantiques, ça fait crooner mais je ne me prends pas au sérieux. 

Vous sortez aussi un livre sur le jardinage ?

Oui ! Je ne donne pas vraiment de conseils dans ce livre. Je l’ai fait avec un gars vraiment spécialiste qui lui donne des conseils. 

Je fais ça comme un travail d’artiste. C’est à dire que je raconte comment j’ai fait des erreurs, comment je me suis planté…

Scène, musique, jardinage… et cinéma avec un projet en cours…

On attaque Ducobu 3 que je vais réaliser. Pour moi, c’est une grande première. 

L’album d’Elie Semoun
Elie Semoun en tournée. Les infos ici

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