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Interview sans tabou avec Charlotte Regnault

Voilà un personnage de la toile urbaine qui mérite le détour ! Par son look qui détonne, sa sympathie encore bien rare dans la capitale, et son professionnalisme, Charlotte a fait de sa galerie un charmant refuge pour artistes et amateurs d’art urbain. Coup de projecteur tout en humour sur une directrice de galerie à connaître. 

C’est lors de l’exposition Post Graffiti, que nous avons fait la rencontre de Charlotte Regnault, Directrice de la galerie d’art urbain Nunc! à Paris. Cette artiste en herbe baigne dans les pots de peinture depuis son plus jeune âge. Adolescente, elle découvre le graffiti en suivant ses amis dans les lieux désaffectés, bombes aérosols en main. Elle se spécialise ensuite dans l’organisation d’événements culturels et rencontre son mentor dans le milieu : Véronique Mesnager (expert et agent d’artistes en Art Urbain contemporain, soeur de l’artiste Jérôme Mesnager, ndlr). C’est alors qu’elle se lie avec les éditions critères et qu’elle devient directrice de la galerie Nunc.

 Avec cet entretient le We Love Comedy en a appris un plus sur sa vie, sa mamie, sa vision de l’art vandale ou encore sa manière de surmonter la déprime hivernale. Bref une interview sans tabou avec Charlotte Regnault.

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WLCM : Comment vit-on ce passage d’artiste à vendeuse d’art ? 

Charlotte Regnault : Je ne le vois pas comme un passage, les deux vont de paire pour moi. La peinture reste vitale. Elle me nourrit et me permet de vivre mieux. La vente d’art est complémentaire en fait. Cela me permet de voir un autre aspect du milieu de l’art. Pour moi la création est aussi dans mon travail de galeriste. Il faut souvent se renouveler, attirer de nouveaux publics, collectionneurs, amateurs. Et surtout alterner entre jeunes talents et artistes plus reconnus. L’important est de montrer une vision parmi le panel de créateurs d’aujourd’hui. C’est un devoir pour moi que de rendre visible des gens qui ont du talent. Alors je me nourris de mon travail dans ma peinture, et mon œil s’aiguise quant au choix de mes artistes en galerie.

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Charlotte Regnault et l’artiste Mush

 

WLCM : Test de la super vendeuse: Comment t’y prendrais-tu pour vendre une oeuvre de Vinie à Léonard de Vinci ? 

C.R : Trop simple ! Je parle avant tout avec mon cœur, et ce que je ressens devant la toile me permets de raconter des histoires, mes histoires. L’imaginaire se met automatiquement en marche lorsque je me plonge dans une peinture. Le reste je le garde secret (rires)

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Vinie

 

WLCM : Qu’est ce que ta grand mère t’as appris qui te sert dans ta vie de tout les jours ?

C.R : Belle question ! Elle m’a appris une philosophie de vie. Contempler, écouter, agir. C’est elle qui m’a initié à l’art. Elle m’emmenait au musée, et me laissait l’observer quand elle peignait ou écrivait. C’était une grande chance de pouvoir grandir et apprendre à ses côtés.

 

WLCM : S’il y avait une religion du graffiti, quels en seraient les serments d’après toi ?

C.R : Je ne suis pas très religion à vrai dire ! Pour moi le graffiti est plutôt une philosophie de vie.

 

WLCM : Dans la vie de Charlotte Regnault, est-ce que le vandale c’est mal ? 

C.R : Au contraire, l’illégalité pour moi est primordiale. Bon ok je vais un peu loin. Je crois juste que sans le côté illégal dans cet art, il n’y aurait pas autant de belles choses, ni de sens. Mais j’appelle cela l’illégal « positif ».

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MG La Bomba ©Vanna Santoro

 

WLCM : Prendre de la drogue pour mieux créer, pour ou contre ? 

C.R : Pas forcément pour ! Je crois qu’il est totalement possible de créer sans. Cela peut aider mais nous avons tout ce qu’il faut à l’intérieur pour créer. La vie, les expériences, les bonheurs, les difficultés sont des inspirations bien plus seines que la drogue. L’imaginaire peut être fort et aller très loin sans substances. Il suffit d’aller voir nos peurs, nos névroses, mais aussi nos rêves pour développer son monde.

 

WLCM : Tu es plus dimanches pantouflards: grosse couette, Mc do, bougies et popcorn time?  ou dimanches culturels, bouquin, expo, ciné, dodo ? 

C.R : Un peu des deux. J’aime bien aller voir une expo avec un Mcdo à la main.

 

WLCM : Demain, on te propose d’échanger ta vie contre celle d’un graffeur ou une graffeuse, tu choisis qui ?

C.R : Je crois que je n’échangerais pour rien au monde ma vie. Mais on va dire quand même Banksy !

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Banksy

 

WLCM : Un conseil pour ne pas sombrer dans la dépression en ce début d’hiver ?

C.R : Aller au musée d’Orsay, regarder des films de Lynch, boire un café au Comptoir Général, échanger avec ses amis sur l’exposition de Warhol au MAM. Mettre des toiles sur ses murs et les contempler, se laisser embarquer par les univers des artistes qui ont tant à nous apprendre et à nous apaiser. La vie simple quoi !

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Twin Peaks – David Lynch

 

Nunc! Galerie

3 Rue d’Arras, 75005 Paris

Ouvert du Mercredi au samedi, de 12h à 19h
et sur rendez-vous