Guillermo Guiz : « Je m’interdis toute facilité »

guillermo guiz
Crédit photo : Fabrice Houessou

Jeune espoir du foot Belge, directeur de boite de nuit, chroniqueur, journaliste, Guillermo Guiz s’attaque à ce qu’il lui manquait : le stand-up. Comment déterminer si t’es quelqu’un de bien ? C’est la question que se pose l’humoriste en ce moment sur les planches du Point virgule.

Tu reviens du Montreux Festival. Tes impressions ?

C’était incroyable. Parfois tu te demandes pourquoi tu fais ce truc, pourquoi tu galères des jours à écrire des textes et tu te retrouves à Montreux. C’est la Mecque de l’Humour. On est au cœur du truc. J’étais sur la même scène que Vérino, Monsieur Poulpe, Blanche Gardin. Des gens que je regardais avant de commencer l’humour. Sur scène, tu restes concentré. Tu ne peux pas te relâcher, tout est millimétré. Quand tu sors, tout le monde applaudit et tout le monde est content. C’est une pure sensation.  

Comment as-tu atterri dans le Stand-Up ?

J’étais vraiment dans un gros trou existentiel. Je sortais d’une expérience ratée de directeur artistique pour une boîte de nuit. J’avais besoin de me bouger, d’aller chercher un truc. J’écrivais une chronique humoristique sur les nuits belges. Je postais des trucs marrants sur Facebook mais rien de sérieux. Et il y a 3 ans, j’ai décidé me lancer et j’ai commencé par des scènes ouvertes en Belgique.

Un Belge dans l’humour, comment ne pas éviter les stéréotypes ?

De base, je m’interdis toute facilité, que ce soit sur scène ou à la radio. J’essaye toujours de me surprendre, d’aller sur un terrain où je n’ai jamais été, quitte à passer à travers. J’utilise le stéréotype du belge, histoire d’essayer d’aller plus loin que le stéréotype en ayant un degré de décalage supérieur, et de ne pas prendre les gens pour des cons. Après, l’humour n’est pas une science exacte. Parfois tu fais un truc qui n’est pas censé être drôle et les gens éclatent de rire, après ta chute est moins bien. C’est toujours un prototype. Tes blagues, ça dépend des gens. Il y a des jours où je suis tendu. Je loupe plein de blagues, mais les gens ne le voient pas.

Quels sont les humoristes que tu suis ? Comment tu procèdes pour travailler ?

Je regarde très peu les spectacles des autres, j’essaye d’être le moins influencé possible par ce que font les autres. Je n’ai pas de metteur en scène. J’écris tout seul. Si ça ne fonctionne pas, j’ai envie que ce soit à cause de moi, de mes idées. Gagner ma vie en réfléchissant sur la vie, c’est la façon dont je vois ce que je fais aujourd’hui. J’ai eu une réflexion sur la vie, je la partage de la manière la plus drôle possible et je vois la réaction des gens. Pour moi, il ne faut pas forcément rire à toutes les blagues, il y a une réflexion derrière. J’essaye de raconter un truc, de partager quelque chose de sincère.

Comment s’est passé ton arrivé sur France Inter, où tu fais des chroniques dans l’émission de Nagui La bande Originale ?

Ils m’ont appelé l’été dernier et ils m’ont dit « On aime bien ce que tu fais, ça te dirait de venir dans l’équipe ? ». Cela m’a vraiment fait plaisir, mais je ne suis pas euphorique. Je me suis dit qu’il allait falloir travailler pour assurer. Au-delà de ça, je faisais déjà des chroniques radio en Belgique. C’est un exercice compliqué, quand tu fais une chronique réussie. Les gens t’en parlent mais tu penses tout de suite à la suivante la semaine d’après. T’es toujours bloqué entre deux moments. En plus, je joue mon spectacle le mercredi soir. J’écris le mercredi matin, je n’ai pas vraiment de jeu pour retravailler mon texte. Il n’y a pas de censure, ça me permet de dire ce que je veux et d’être aussi subtil que je le veux. Mon but c’est de faire rire Albert Algoud (chroniqueur sur la même émission), si ça le fait rire, c’est bon.

Radio, Journaux, ou Stand-up ?

Je prendrais le stand-Up, c’est pour moi la forme la plus complète. Tu as un vrai contact avec les gens. En radio, tu es en studio, c’est parfois frustrant. Si tu rates ta chronique, c’est fini, tu ne peux pas la refaire. Sur scène, tu as du temps pour faire évoluer tes blagues. Je préfère cet aspect là, même si j’adore l’écriture radio.

Le son que tu écoutes en ce moment ?

TOTAL – Kissing you ! J’adore le Rnb des années 90, les femmes ont tout géré à cette époque.

Qu’est ce qu’une punchline ?

Un truc qui vas te surprendre. Tu vas faire « Wouaaah, celle-là, je l’avais pas vue venir. »

Si t’avais un super pouvoir ?

Je serais immortel. Je n’aime pas l’idée de mourir. Je trouve que c’est un très mauvais concept.

15401141_10154834076231204_1909656346373238846_n 

 

Retrouvez Guillermo Guiz a un bon fond au théâtre du Point Virgule. C’est tous les mercredis à 21h15.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *