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Anne-Sophie Girard

Anne-Sophie Girard : « Mon rêve c’était de travailler à la Bourse »

Elle a commencé la comédie à 11 ans mais ne se voyait pas y faire carrière. Après des études d’économie qu’elle a vite abandonné, Anne-Sophie Girard a pourtant décidé de devenir comédienne. Un métier qu’elle exerce sur plusieurs supports : au théâtre, à la télé dans la série La petite histoire de France. Avec sa soeur jumelle, elle a également écrit le best-seller La femme parfaite est une connasse. Reste que son actu du moment c’est le stand-up. En effet, la native de Roanne se produit en ce moment, au théâtre du Point-Virgule, pour jouer son spectacle. Entretien avec une jeune comédienne qui a déjà beaucoup vécu.

Comment vous êtes venu à la scène ?

J’ai débuté jeune en faisant de l’impro, puis des pièces classiques à Montpellier. Ensuite, je suis monté à Paris pour faire le Cours Florent. J’ai commencé parce que j’aimais cela et que je voyais cela comme une passion, je voulais pas du tout en faire mon métier. J’ai fait mon bac d’économie et il y a eu ce moment où tout le monde me disait que j’étais faite pour ce métier mais je voulais pas l’accepter. J’étais obligé de me rendre à l’évidence le jour, où je me suis aperçu que je passais plus de temps sur scène que pour mes études. J’animais des ateliers, j’étais dans une troupe de théâtre. En fait, il a fallu qu’un jour je me rende compte que c’est ce que je voulais faire. 

Quels autres plans aviez-vous en tête, avant de vous consacrer entièrement à cela ?

Mon rêve c’était de travailler à la Bourse. Je voulais faire gestionnaire de patrimoine. C’est juste parce que dans ma tête c’était trop dur. Je voyais cela comme la misère assurée, courir après les cachets. J’étais l’inverse de ceux qui montent à Paris pour faire ce métier. Pour moi c’était aller à l’échafaud. Du coup, après mon bac j’ai fait deux ans d’études d’Economie mais j’aimais tellement cela que je me suis dit : « On prend le risque et dans quelques années, j’arrête si c’est trop dur. » En fait, je m’attendais à pire, je me suis fait tout une montagne. 

Quelle est la part d’autobiographie dans ton spectacle ?

J’ai vraiment vécu un braquage à main armée comme je le raconte dans mon spectacle. Le pire, c’est que j’ai enlevé des choses par peur que les gens ne me croient pas. Par contre, j’ai mis du temps à l’écrire mais le jour où j’ai voulu le raconter je me suis assis à une table. En fait, comme je dis : « Je suis comme vous mais en pire ». Beaucoup de choses sont vraies. Mon but ce n’est pas de faire des blagues forcément. Il fallait que je puisse le jouer vu que je suis comédienne à la base. Comme on s’adresse au public, il fallait que je trouve la façon de la présenter au public. 

Où êtes vous le plus à l’aise : devant une caméra, en stand-up ou au théâtre ?

Devant une caméra. Le stand-up c’est l’exercice le plus violent. Tu es a nu. On a envie que les gens nous aiment. C’est une réaction directe. Si ils n’aiment pas, ils n’aiment pas. Je peux même penser que si les gens n’aiment pas, ils n’aiment pas mon spectacle. On veut que les gens soient avec nous. L’exercice est d’une violence extrême. On est seul sur scène, seul dans les loges. J’ai un trac fou en one-man-show. Chose que je n’ai pas au théâtre, ni devant une caméra. 

Sur qui vous reposez pour recueillir les avis sur les représentations ?

Sur ma soeur et un de mes meilleures potes. Après, le souci c’est qu’il y’a des trucs qui ne font rire qu’eux, même si je n’y prête pas trop d’importance. J’aime l’humour absurde mais je sais que cela ne fait pas rire tout le monde. C’est ce que je préfère faire. Quand j’entends le rire de ma soeur dans la salle, c’est bon. J’ai tout gagné. 

Vous jouez au Point-Virgule qui est une scène mythique, votre sentiment là-dessus ?

C’était mon rêve. La première fois que j’ai joué j’étais tellement émue que j’arrêtais pas de de pousser les murs dans les loges. J’étais avec mes copines à l’époque, je me prenais en photo partout. Pour l’instant, c’est vraiment là que j’ai envie d’être. Je ne pouvais pas commencer vraiment mon spectacle dans une autre salle. 

Pouvez-nous pour parler de La Petite histoire de France, diffusé sur W9 ?

C’est une histoire incroyable. On a commencé à travailler là-dessus en 2012, alors que Jamel bossait sur le projet. Cela valait le coup car on a un casting de ouf. Je suis très fière avec notamment Alban Ivanov, Francois Levanthal et David Salles.  On a rencontré Jamel Debbouze via le casting qui était assez long, vu qu’il y avait trois tours. Je passais au Jamel Comedy Club mais il cherchait pas des humoristes mais des comédiens. On a fini de tourner la saison 2, on espère qu’il y en aura une troisième.

Avec votre soeur, vous avez écrit La femme parfaite est une connasse qui est devenu un best-seller. Comment s’est lancé ce projet ?

Au début c’était une blague. C’est un copain d’un copain éditeur, qui avait un livre d’humour à sortir. Du coup, je l’ai écrit avec ma soeur. On pensait en vendre 500 maximum. Il devait sortir pour la Saint-Valentin, comme un petit livre à cinq euros. On a appelé l’éditeur pour lui dire qu’on avait rien à dire sur la Saint-Valentin mais qu’on pouvait en faire un livre de potes avec des règles comme le « Bro code ». Cela existait pour les mecs, alors pourquoi pas en faire un livre pour les meufs. Un peu comme si on écrivait tout ce qu’on se dit lors d’une soirée entre copines. Ensuite, il nous rappelle et nous dit d’accord. Même « J’ai lu », la maison d’édition n’avait pas connu cela dans toute son histoire. Normalement, un livre d’humour comme cela est vendu à 1200 exemplaires maximum. La maison d’édition a commencé à flipper quand on a dépassé les 30.000. A 500.00 ventes, on s’est dit qu’il y avait un truc qui n’allait pas. On avait vendu plus de livres qu’un prix Goncourt. Au final, on en a vendu plus d’un million d’exemplaires. Le livre a même été traduit en dix-sept langues. Les filles qui ont lu le livre m’ont dit, c’est la première fois qu’on avait l’impression de se reconnaître sur pas mal de points. 

La force du livre est dans le titre…

La curiosité est dans le titre. Au départ, pourtant personne ne voulait de ce titre. Personne, à cause du mot « Connasse ». Dans les supermarchés, les commerciaux pensaient qu’il serait refusé partout à cause du gros mot. Personne m’y croyait. On a même fait trois essais de couverture. D’ailleurs, j’ai vu plusieurs reprendre le principe avec une insulte sur le titre avec la même couverture. On a apporté quelque chose de nouveau. J’ai vu aussi que cela marchait avec la page Facebook. On avait demandé aux lecteurs de poster des photos d’eux avec le livre. On a reçu des centaines avec le papa en train de lire devant le bébé. Les filles se taguaient entre elles. Cela nous a dépassé. Quand j’allais dans le métro, je voyais des filles le lire et j’attendais de voir si elles esquissaient au moins un sourire. 

Pouvez-nous raconter comment c’était Ford Boyard ?

C’était très dur. Quand j’ai fait le casting on m’a demandé si j’avais des phobies. Comme j’en avais pas, ils ont essayé de m’en trouver. Du coup, j’ai reçu des asticots sur la tête, je pensais en avoir partout. Surtout j’étais mauvaise. Je l’ai fait deux fois mais je ne le referais pas. Ce n’est pas truqué. Quand je suis sorti j’avais des courbatures partout. C’était un rêve de gosse, donc j’étais contente de l’avoir fait. Je fait aussi ce métier pour pouvoir faire tous mes kifs de gosse. Je ne me demande pas si c’est bien pour mon image de faire cette émission. C’est juste que petite, je devais de courir dans le Fort. Quand on m’a proposé de le faire, je n’ai pas hésité. 

Votre anecdote la plus marrante dans votre carrière 

Je jouais une pièce de théâtre en Avignon, on était trois. Une comédienne est sorti tout d’un coup de scène. Du coup, nous a continué. Du coup, je suis allé chercher la comédienne qui était partie. La pauvre était malade, elle avait la tête dans la cuvette. Je suis remonté sur scène et j’ai joué ses répliques. Cela donnait quelque chose d’étrange car je faisais moi-même les dialogues. A la fin du spectacle, j’ai retrouve un pote qui était dans le public et il n’avait rien vu.  

Quels sont vos projets ?

Déjà me concentrer sur ma pièce au Point-Virgule, c’est ma priorité. Ensuite, je vais peut-être jouer une pièce de théâtre en parallèle. J’écris aussi sur un projet de série. J’ai aussi un rôle dans un film parce que j’adore tourner. C’est mon deuxième rôle après Radin avec Danny Boon. Pour ce film, j’ai du faire des cours de contrebasse avec une prof qui venait chez moi tous les jours pendant un mois. C’est grâce à ce métier que je peux faire des trucs comme cela.