Doully : « On m’a déjà proposé de faire des albums de métal ou de blues »

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Elle a été barmaid, créatrice de prêt à porter, dame-pipi et même gogo danseuse, finalement Doully a opté pour le stand-up. Depuis trois ans elle déambule sur scène avec sa voix rocailleuse pour envoyer des vannes pleines d’autodérision et pour nous parler des addictions. L’addiction c’est pour moi est d’ailleurs le titre de son spectacle. Rencontre avec une accro à la vie.

A quoi ressemblait votre vie avant la comédie ?

J’ai commencé le théâtre à l’âge 4 ans mais après j’ai fait 200 métiers. Quand je suis parti de chez moi à 14 ans. Je devais choisir entre le théâtre qui payait pas beaucoup et d’autres métiers qui rapportaient des sous. Du coup, j’arrivais à jongler entre les deux. Je jouais dans des théâtres et en même temps j’ai fait barmaid, dame-pipi, prof de francais en Espagne. J’ai monté une marque de fringues «Doully M ». J’ai aussi été gogo danseuse dans les boîtes de nuit. Il y a un an je faisais encore du lap dance. J’ai commencé la scène en Espagne mais cela me manquait trop. Cela fait trois ans que je fais du stand-up.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer à fond là-dedans ?

Quand tu es seule sur scène, tu as uniquement que de ton cerveau pour faire marrer les gens. Tu écris, tu fais ton truc et tu jettes à l’eau. Cela me démangeait trop. Je ne voulais pas finir comme la personne a dit  « Je regrette de ne pas avoir continué la scène. » J’ai du remanger des pâtes.

Comment a commencé votre carrière dans le stand-up ?

J’ai commencé avec Yacine Belhousse avec ses soirées Premières fois. C’est très important pour moi, car Yacine ne me connaissait ni d’Eve ni d’Adam et en plus il m’a avoué après que la première fois qu’il m’a rencontré en me disant que c’était ok. Il m’a avoué plus tard qu’il était persuadé que j’étais torché ou défoncé à un truc.

Donc ce n’est pas un sketch tout le monde pense vraiment que vous êtes défoncée…

Oui tous les jours. Même mon ancien conseiller du RSA me l’a fait remarquer. Une fois, il m’appelle à une heure du matin. Je lui avait parlé du thème de mon spectacle donc il savait de quoi cela parlait. Il m’a dit               « Quand j’ai raccroché, je pensais que vous étiez bourrée. » Donc c’est chaud, surtout quand je suis au téléphone (rires)

On est tous accro à quelque chose. 

D’où vient ce spectacle ?

J’ai commencé à tester très tôt mon spectacle. Depuis mon passage au Paname, je me concentre plus sur le stand-up, chose que j’aime vraiment plus que n’importe quoi. Le stand-up c’est un exercice à part. Un peu comme une confidence avec le public. Le micro est un peu ton confident. Il y a un vraiment un rapport de petit comité et même devant 600 personnes.

Le titre du spectacle « L’addiction c’est pour moi » vient d’où. Surtout que nous sommes dans une époque où l’on fait la promotion de la vie saine ?

C’est l’acteur Serge Riaboukine qui a trouvé le titre après m’avoir vu lors d’une scène ouverte. On est devenus amis après. Comme je parle beaucoup d’addiction, j’ai pensé que cela collait. Après oui on est dans une époque où on fait la promotion du bio et du sport. D’ailleurs, il faut savoir qu’il y a des accro au bio. Il y a des mecs qui sont complètement accro au bio, du coup il développent des carences de malades. Le sport, cela peut être une vraie addiction. Un moment, j’ai été accro au sport. Quand je pouvais pas y aller une journée, j’étais pas bien. On est tous accro à quelque chose. Paradoxalement, on est à une époque où la coke n’a jamais été autant populaire.

Comment l’expliquez vous ?

Je pense que la société nous conditionne en quelque sorte à passer par les addictions. Alors qu’on a moyen de s’éclater sans rien. Un peu comme quand on avait 14 ans et ça on l’a oublié. Les trois quarts des gens à qui je dis que je ne bois pas me demandent « Comment tu fais pour t’éclater sans alcool ? » En fait, on est tellement habitués à cela qu’on oublie qu’on fait tout cela pour tromper l’ennui. Comme j’ai arrêté de boire je m’en aperçois plus rapidement maintenant. Donc maintenant quand je vais dans une soirée où je m’ennuie je pars direct. 

Avec la voix que vous avez vous n’avez jamais chanté sur scène ?

On m’a déjà proposé de faire des albums de métal ou de blues mais je n’ai pas le temps. J’adore chanter et faire les karaoké. C’est hyper libérateur le chant. 

C’est le seul métier au monde où quand il t’arrive une mésaventure, tu peux en faire quelque chose de drôle.

Quels sont vos objectifs de carrière ?

Je n’ai rien de défini. Le cinéma ce serait top. Avec cette discipline on peut aborder pleins de sujets sans qu’on te dise ce que tu as à faire. Même si pour l’instant je me concentre sur la scène. En plus il y a un truc, c’est le seul métier au monde où quand il t’arrive une mésaventure, tu peux en faire quelque chose de drôle. Les gens adorent ce genre d’histoires, cela les rassure. 

Quelles sont les personnes qui vous ont donné envie de faire ce métier ?

Coluche et Pierre Desproges c’est la base. J’aimais aussi beaucoup Thierry Le Luron et Fernand Reynaud, Sylvie Joly et Pierre Palmade. Pour les contemporains, j’aime beaucoup Bill Burr. Après, j’essaie de ne pas trop regarder pour ne pas être trop influencé.

Votre anecdote la plus marquante sur scène ?

J’étais un train de jouer mais on me l’a raconté après. Il y avait quelqu’un que je connaissais de mon époque « festive » qui était venue à la comédie de Paris. On m’a raconté qu’une des potes a perdu sa chaussure dans le théâtre avant que le spectacle commence. Elle est partie voir tous les gens à tous les rangs pour leur demander si ils avaient retrouvé sa chaussure. 

   Retrouvez Doully le Samedi à 19:00 à la Nouvelle Seine.

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