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Julien Crampon : « Pour Vermin, c’était un peu différent de ce que je fais d’habitude »

A l’occasion de la sortie de Vermin sur Netflix, on a rencontré Julien Crampon alias Régis Mantos. Il nous explique avec humour le métier de comédien de doublage et nous en apprend davantage sur les coulisses de cette série. Interview d’un acteur drôle et passionnant !

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le travail de comédien de doublage ?

Normalement, le doublage c’est un peu comme un karaoké. Tu as une image avec une bande rythmo qui ressemble à une ligne rouge, et tu lis le mot quand il passe sur cette ligne. Pour Vermin, c’était un peu différent de ce que je fais d’habitude. On travaillait à partir d’un texte. Les répliques étaient écrites sur un papier. On les lisait et on les jouait. Après, eux ils animent le dessin sur ta voix. 

Même si j’avais déjà fait ce travail-là sur d’autres dessins animés, notamment pour Arthur et les enfants de la table ronde, ce procédé reste quand même assez rare. C’est un peu compliqué à faire et c’est un peu plus ambitieux mais eux s’y tiennent. C’est comme ça qu’ils fonctionnent et c’est pour ça qu’il y a un côté assez naturel. Ce ne sont pas les dessins qui font nos intentions mais nos intentions qui font les dessins.

Comment as-tu rencontré les créateurs de Vermin ?

C’est grâce à Brigitte Lecordier qui fait la voix de Sangoku (et de Peepoodo [n.d.l.r]) ! Il me semble que Martial Le Minoux, directeur artistique et acteur, avait aussi parlé de moi.

Pour l’anecdote, j’étais en tournée pour une pièce de théâtre (Chère Elena mise en scène par Didier Long [n.d.l.r]) avec François Deblock, Gauthier Battoue et Jeanne Ruff. C’est François qui m’a fait découvrir les Kassos ! Il me disait : « J’aimerais trop faire des voix avec eux, ça a l’air trop bien ce qu’ils font ! ». A la base, ils m’avaient casté pour une autre série. J’avais ramené mes potes qui jouaient au théâtre avec moi et avec qui on regardait les vidéos des Kassos avant de monter sur scène. Finalement, personne n’a été pris mais ils m’ont rappelé pour caster Vermin. Et j’ai été pris !

Comment s’est passé le doublage de Vermin ?

J’ai enregistré tout seul, je n’étais pas avec ma coéquipière Chemou (doublée par la rappeuse Casey [n.d.l.r]). Il faut alors imaginer ce que va te répondre l’autre personnage. Alexis Beaumont, le réalisateur, sait exactement ce qu’il veut. On a fait plein de prises pour la même scène parce qu’après c’est lui qui monte les dialogues et il faut que ça se réponde, que ce soit drôle et efficace. L’humour, on le chope à une fraction de seconde, dans un rythme. C’est des choses un peu aléatoires qu’on ne contrôle pas. Tu ne sais pas trop où tu vas des fois mais comme Alexis a une idée très précise de ce qu’il veut, tu lui fais entièrement confiance !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de doubler le personnage d’une mante religieuse ?

Je faisais du doublage pour les tout-petits, des dessins animés qui passent le matin. Et, bien que j’aime la rêverie enfantine, c’est moins marrant à faire que de dire des conneries [rires]. Je trouve les dessins animés de Bobbyprod drôles, comme les Kassos faits pour les adultes. Je suis content de participer à des projets que je serais à même de regarder en tant que spectateur.

Aurais-tu une anecdote à nous raconter sur le tournage de cette série ?

Ils ont une cabine d’enregistrement toute petite où il a tendance à faire chaud très vite. Tout le monde devient un peu fou assez rapidement et du coup on se fend la gueule. Les blagues qui sont dans la série se retrouvent un peu en dehors aussi !  

Qu’est-ce que tu aimes dans cette série ?

J’ai un peu la voix du gentil dans les Disney, la voix douce du mec un peu naïf. Ce que j’aime bien avec Vermin, c’est qu’il arrive des grosses misères à mon personnage. J’aime bien entendre ma voix et sentir que je me prends des grosses torgnioles dans la tronche, je trouve ça rigolo [rires].


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Comment décrirais-tu le personnage de Mantos ?

Mantos, c’est l’être que tout le monde voudrait être, il est parfait. Il est encore jeune et épargné par la noirceur de la vie. Il arrive dans une ville horrible, une benne à ordures, et il se rend compte que les gens sont un peu miséreux. Mais il a le rôle du gentil qui parvient à ne pas céder à la misère du monde et qui arrive à redonner de l’espoir aux gens.

Il y a cette fameuse Chemou qui a perdu son collègue, et tu sens bien la tristesse de ce personnage. Elle est alcoolique, elle pète, elle rote, elle en rien à foutre de tout. Alors que Mantos, c’est l’inverse. Il est encore gamin avec tout ce que ça a de beau. Cette rencontre est chouette ! C’est un peu le good cop/bad cop.

Que dirais-tu aux personnes qui n’ont pas encore vu cette série (génialissime) pour leur donner envie de regarder ?

Je dirais que c’est aussi rare et nouveau dans le style que les Simpson ou South Park, deux séries qui durent depuis des années. Vermin ne ressemble à rien d’autre. Ils ont créé des choses singulières et entièrement libres ! C’est pour ça qu’ils ont eu des problèmes de diffusion. Mais ils s’en fichent, ils se débrouillent et ils font leurs trucs. Ils ne sont pas du tout emprisonnés par tous les trucs de mœurs ou de censure. Aujourd’hui c’est de plus en plus rare de faire ce que tu veux à l’écran donc c’est jouissif de pouvoir créer une série débridée !

Merci à Julien Crampon d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Ne manquez pas son nouveau court-métrage et son projet musical Crampon bientôt disponible sur toutes les plateformes de téléchargement ou de streaming légales. Vous pourrez également le retrouver dans la série Demain nous appartient en février 2020 !

©Armance Gallaud