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Les Bradés, une troupe débridée !

Le spectacle est fou, un peu comme eux, mais des fous comme on les aime, généreux, sympathiques et doués. Les influences sont de tous les horizons, pas de clivage. “Il faut de tout pour faire un monde” , alors pour sauver le monde, on prend tout ! De “Matrix” au “5ème Élément” , en passant par “Un indien dans la ville” , les références viennent de tous les horizons. Les “24H Chrono” sont lancées dans T.I.M.E. tous les dimanches soirs pour cette troupe d’agents doubles, le temps leur est compté ! Mais toujours au service de leur public, deux membres sont parvenus jusqu’à nous sans griller leur couverture et nous communiquer certaines informations. Rencontre…

Quand est née la compagnie des « Bradés » ?

Kevin Bagot : Eh bien, on a fondé la compagnie en première année des cours Florent, donc en 2012. On s’est tous rencontré à Florent, on était dans un cours d’option d’impro.

Donc ça a déjà commencé en cours ?

Kevin Bagot : Oui tout à fait. Moi je voulais monter une compagnie et on a rencontré pas mal de gens qui voulaient faire de l’impro, ce qui fait que on au début, on était 15 ! Donc très nombreux, c’était très bien pour commencer. C’est rassurant, on peut se cacher les uns derrière les autres…c’est “facile”.

Alicia Ligi : Oui et puis tu commences. Tu n’as pas vraiment de salle de représentation, de répète, c’est le début, alors on tâtonne même au niveau du spectacle, “Qu’est-ce qu’on va en faire ?” “Dans quel but ?” Tout ça n’est pas très défini. C’est que du fun. Et puis très vite, l’investissement devient nécessaire pour cadrer le projet, donc y a comme un écrémage naturel rien qu’avec les disponibilités des gens.

Kevin Bagot : Oui voila, ou même des gens qui tout simplement ne se retrouvaient finalement pas dans l’impro, qui s’amusaient moins dans cette discipline.

Y a-t-il un leader de la troupe ?

Kevin Bagot : Oui, moi en quelque sorte. Je préside la compagnie, je mets en scène le spectacle etc.

Vous répétez, ou plutôt, vous vous entraînez régulièrement ?

Kevin Bagot : Tous les jeudi soirs. A coups de 3h d’entraînement. Sur différents type d’impro, des techniques de catégories, tout ça quoi. On les travaille, on les revoit. Comment faire par exemple, la catégorie “horreur” un peu différemment mais tout aussi représentative que ce qu’on s’imagine en premier, casser les automatismes de la caricature “classique”.

Et vous avez des sortes de “bouées de sauvetage” en cas de manque d’inspiration sur scène ?

Alicia Ligi : Je pense que dans ces cas là, il faut se raccrocher aux personnages.

Kevin Bagot : Non moi je n’ai pas de bouée vraiment. Non. Les situations bancales où un truc qui ne marche pas, le public qui ne rit pas ou le manque d’inspiration, le mieux c’est de le noter avec le public et de l’assumer. C’est comme ça que ça repart et que c’est intéressant. Et puis finalement, comme on improvise sans cocus, ça évite les idées redondantes sur lesquelles on pourrait se mettre d’accord simplement en se basant sur le souvenir que tel ou tel truc avait super bien fonctionné une fois, donc le risque du bide. Parce que pour surprendre le public, le meilleur moyen c’est de nous surprendre nous-même et entre nous ! Ce que je trouve risqué en fait, c’est de se raccrocher à tout pris à son idée initiale sans se laisser porter par ce qu’on peut te proposer en face. C’est de mélanger les univers qui est super !

Alicia Ligi : Oui c’est sûr. De toutes façons on n’a pas le temps de réfléchir à une histoire en cinq secondes, du coup, on pense juste à qui je suis et où, en se disant que ça peut changer en une fraction de seconde aussi !
Kevin Bagot : Il faut trouver la connexion avec son partenaire dans les 20 premières secondes, sinon ça ne marche pas. Et c’est là que ça devient magique et que ça donne l’illusion que ça a été écrit en amont.

 C’est le meilleur compliment qu’on peut recevoir ça, non ?

Alicia Ligi : C’est certain. La remarque qui ressort et qui est top c’est “Mais c’est vraiment improvisé?” Eh bien OUI ! (rires ndlr) Après, sans être écrits, il y a forcément des types de personnages qui reviennent et selon les personnalités de chacun. On a tous un peu une couleur.

Et dans le format du spectacle, il y a quelques “personnages” qui font partie du squelette, est-ce que vous tournez au sein de la troupe ?

Kevin Bagot : Oui on fait des roulement évidemment. Sauf pour le directeur de cellule qui est interprété avec brio par Rémi. Lui c’est son rôle attitré. C’est lui qui mène le show, la connexion en nous et le public, qui rythme les impros et c’est un travail très particulier et précis, donc, l’alterner c’était compliqué. A chaque fois, tu dois te remettre dans cette dynamique tellement différente de celle tu as quand tu improvises et si tu failles tu peux mettre aussi le spectacle en péril.

Et alors…un deuxième festival d’Avignon ?

Kevin Bagot : Oui !

Même équipe que l’année dernière ?

Kevin Bagot : Non pas tout à fait, il y en a quelques uns qui sont partis pour d’autres aventures.

Alicia Ligi : En plus, il faut dire que Avignon c’est l’écrémage ! C’est une telle aventure pour le coup !

Ça a bien fonctionné pour vous l’année dernière non ?

Kevin Bagot : Oui oui, on ne va pas se plaindre, surtout vu les conditions qu’on avait l’année dernière vis à vis du climat politique (manifestations, grèves en réponse au changement du statut intermittent durant le festival ndlr) plus la météo exceptionnellement pas favorable, rien n’était réuni pour nous accompagner paisiblement pour notre première fois.

Alicia Ligi : Oui c’était une année compliquée pour le festival, compte tenu d’une baisse de fréquentation de 30% dû à tout ça et d’un nombre incroyable de spectacles…! On s’en est vraiment bien sorti. Le public était là, le bouche à oreille a très bien fonctionné, on n’a pas connu de salle vide. J’ai l’impression que l’impro ça plaît bien, c’est drôle, familial, ça réunit tout le monde.

Kevin Bagot : Et puis le concept aussi peut-être ? Il faut noter que de l’impro il y en a énormément mais avec cette façon de l’amener comme on le fait en mode mission impossible, je crois qu’on est le seuls. Les formats font peut-être la différence. Quand on prend “Casino” (un autre spectacle d’improvistion présent à Paris et à Avignon) qui ont un concept monstrueusement bien eh bien ils cartonnent.

Et “Les Bradés” c’est donc le spectacle T.I.M.E. mais d’autres aussi ?

Kevin Bagot : Alors oui, on a monté un spectacle dernièrement, une création, “G.R La grande randonnée” qu’on a présentée au théâtre du Funambule et bientôt un Feydeau.

“G.R” écrit et travaillé à partir de l’impro ?

Kevin Bagot : Eh bien non. Écrit de toutes pièces par mes soins, mais par contre pour la mise en scène, oui j’ai laissé la place à l’impro. Je laissais les comédiens partir un peu quitte à ce que ça déborde sur le texte et on gardait certaines choses fixes, ensuite, au sein de la pièce.

Et le Feydeau c’est pour quand ?

Kevin Bagot : Septembre et on est ravis ! Voilà “Les Bradés” c’est à la fois de l’impro, du classique et de la création. 

Ce sont sur ces dernières informations que nos deux agents quittent incognito notre planque pour la sécurité de notre imagination…

Transmissions avec la cellule antiterroriste tous les dimanches soir au Paname et sans interruption du 4 au 26 juillet à Avignon au Théâtre des Barriques à 19h25.

Alors restons à l’écoute et connectés !  

http://www.lesbrades.com/