Nordine Ganso : « C’est Damso et son équipe qui m’ont évacué. »

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Crédit photo : Virgile Hernandez

Après s’est fait connaître en gagnant le concours d’étudiant le plus drôle de France en 2017, Nordine Ganso a enchaîné les scènes entre Bordeaux, sa ville d’origine, et Paris. Après deux ans de travail, l’humoriste joue son premier spectacle Fragilement drôle. Sur scène, il se livre sans tabous notamment sur sa virginité et sa famille. Avec lui, nous avons parlé stand-up, Bordeaux et des Girondins de Bordeaux.

Comment on se retrouve étudiant le plus drôle de France ?

C’est un concours que j’ai fait en 2017 qui rassemble des étudiants de toute la France. C’était organisé par Benjamin Demay. Ils vont dans les écoles de commerce. On met un mec connu qui monte sur scène. J’ai participé au concours sans être dans une école. J’étais juste humoriste en BTS. Je me suis un peu inscrusté vu que je n’étais pas dans les écoles sélectionnées. J’ai fait la première partie de Paul Serre. Cela s’est bien passé, donc l’organisateur m’a proposé de faire le concours. Finalement, j’ai gagné le concours vidéo et je me suis qualifié pour la finale. A la Cigale, il y avait une captation diffusée sur la Chaine Comédie. J’ai été élu étudiant le plus drôle de France. J’ai notamment joué avec Mazine.

Cela faisait combien de temps vous étiez de l’humour avant de gagner ce concours ?

J’ai fait le Campus après trois ans de scène. Donc là cela fait 5 ans. J’ai commencé à 18 ans. Je jouais un peu et l’année de mon bac, j’ai commencé la Fac. Je suis monté à Paris à l’age de 18 ans. J’ai continué les scènes. Je vis toujours à Bordeaux, ville où je suis née mais je monte régulièrement à Paris pour jouer.

Il n’y a pas beaucoup d’humoristes bordelais dans le game de l’humour ?

Oui, après il y a Bun Hay Mean mais il n’a pas beaucoup joué à Bordeaux. J’ai commencé à Bordeaux, crée mes plateaux là-bas. C’est dans cette ville que je me suis fait connaître. Le fait d’être sur les deux villes m’a permis de me créer des réseaux et d’avoir deux publics. Ce sont deux publics différents. Surtout que le public Bordelais n’est pas plus facile que le parisien. D’autant plus qu’ils voient moins de spectacles qu’à Paris, donc il ne sont pas habitués. Par conséquent, c’est moins évident pour un humoriste de commencer là-bas. Cela m’a beaucoup aidé dans ma capacité à créer vu que je devais jouer souvent. 

Depuis que je parle de ma virginité, j’attire plus les filles qu’avant comme si j’étais un trophée. 

Vous avez terminé vos études ?

J’ai arrêté après mon bac ES que j’ai obtenu avec mention très bien. C’était l’année où j’ai commencé la scène. Je ne me voyais pas faire d’études. J’ai quand même voulu faire des études plus longues. A la base, je voulais faire un IUT Pub mais je n’ai pas été pris. J’ai fait un an d’études de langues mais j’ai arrêté en ayant tout oublié. Ensuite, j’ai fait un BTS que je n’ai pas eu. Je me suis rendu compte que mon truc c’était la scène. Ce choix a été payant car désormais j’arrive à être indépendant financièrement.

Comment expliquez-vous le titre de votre spectacle Fragilement drôle  ?

Je n’ai pas trop de tabous. Je me livre beaucoup sur scène. On dit souvent que les gens qui se livrent sont des fragiles mais pas du tout. Donner la vérité sur ce qu’on vit et ce qu’on pense, c’est justement la vraie force de quelqu’un. Le truc du spectacle est d’amener les gens sur une introspection. Je viens me livrer et parler de mes anecdotes, dont le fait que je sois encore vierge.

Justement ce n’est pas trop le sujet que les gens abordent facilement ?

Oui les gens n’osent pas trop en parler mais c’est comme les premières fois. Il y en a qui en parlent et cela parait beaucoup plus naturel. C’est bizarre de voir que cela peut être percu comme quelque chose de négatif alors qu’on a tous été puceau dans notre vie. Il y en a qui le sont restés mais qui ne veulent pas le dire. Le fait de dire cela sur scène, cela a permis une prise de conscience chez certaines personnes. J’ai eu des gens qui sont venus me voir pour me remercier d’en avoir parlé. En fait, il y a beaucoup plus de puceaux que je pensais. Il y en a qui se cachent. Depuis que je parle de ma virginité, j’attire plus les filles qu’avant comme si j’étais un trophée. 

C’est Damso et son équipe qui m’ont évacué.

Quelles sont les personnes qui t’ont donné envie de faire ce métier ?

Jamel, Gad Elmaleh, Thomas NGijol. Ensuite, j’ai regardé les mecs qui ont commencé à monter comme Malik Bentalha, Fary, Baptiste Lecaplain. Celui qui m’a le plus inspiré c’est Fary. Sur scène, il parvient vraiment à poser les choses sans se presser. Il ne recherche pas à faire des blagues tout le temps. Un peu comme Kyan Khojandi. Avec son spectacle, tu vois quelque chose qui t’amène à réfléchir. C’est ce que j’ai envie de créer avec mon spectacle. J’ai envie de permettre aux gens de réfléchir.

Vous êtes Bordelais, donc fan des Girondins de Bordeaux ?

Les Girondins de Bordeaux c’est une histoire d’amour en eux et moi. En ce moment c’est un peu chaud. On a changé de pleins d’entraîneurs, sur les dix dernières années, on a changé neuf fois d’entraîneur. Les Girondins ont besoin d’un mec avec de vraies ambitions. Le problème du club c’est justement notre manque d’ambitions. On veut être en Ligue 1 mais sans plus. A l’époque de Laurent Blanc, on avait eu un vrai recrutement avec un vrai style de jeu. Cela me manque cette époque. L’année où on gagne le titre avec Gourcuff c’était une période magique.

Votre anecdote la plus marquant sur scène ?

J’ai fait la première partie de Damso dans une boite de nuit. J’avais oublié que son public est à l’image de ses chansons. Pour eux parler de sexe est normal. J’ai déboulé sur scène avec mon sketch sur ma virginité. Dans la salle, il y a une meuf qui a crié « Va baiser connard ! » J’ai senti qu’il y avait un malaise, donc j’ai quitté la scène. Sauf que c’est Damso et son équipe qui m’ont évacué.  

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