Norman Thavaud : « Je déteste faire chaque année la même chose »

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Crédit Photo : Thomas O'Brien

Alors qu’il vient de franchir les 11 millions d’abonnés sur sa chaîne YouTube et qu’il prépare déjà son nouveau spectacle au Paname Art-Café. C’est là que nous l’avons rencontré entre deux passages sur scènes. L’occasion d’évoquer avec lui ses vidéos, la scène mais aussi ses engagements écologiques et humanitaires.

Vous êtes maintenant à plus de onze millions d’abonnés. Est-ce que vous continuez encore à regarder la progression ?

C’est sûr que quand on fait ce métier on a toujours envie de regarder les chiffres. Je regarde le nombre de vues quand je sors les vidéos mais je fais en sorte de ne pas trop le faire sinon tu passes ton temps devant ton écran et puis tu risques de faire des vidéos pour faire des vues et ce n’est pas le but.

Justement concernant vos vidéos. Le format a évolué avec des contenus plus produits et moins réalisés dans ta chambre comme vous avez toujours fait. Pourquoi cette évolution ?

J’ai monté ma petite boîte de production Miniprod . Je suis devenu mon propre producteur, c’est plus pratique. Je fais tantôt des vidéos superproduite (à mon échelle) comme celle du bug des 10 millions d’abonnés et parfois des vidéos toutes simples comme celle pour Halloween. Je me promène entre les deux formats. Le format face caméra me va bien. Je fais cela de chez moi tranquillou. Les gens aiment bien aussi ce côté simple et moi aussi donc je m’y tiens. 

Quel message vouliez-vous délivrer avec la vidéos terrain miné ?

Cette vidéo est une mise en garde, sous forme d’allégorie, des sujets sensibles sur internet vers lesquels il faut pas trop s’aventurer. Une grande majorité de gens ont apprécié mais je me suis pris les foudres de certains qui ont interprété mes propos, alors que moi je ne voulais offenser personne. Malheureusement Twitter c’est parfois un petit jeu à celui qui trouvera la petite faille sociale la plus fédératrice pour essayer de se faire RT au maximum et récolter de la visibilité sur ton dos. Si tu mets le doigt sur quelque chose de délicat tu peux te faite exploser, exactement comme ce qui arrive à mon personnage à la fin de la vidéo. Mon but n’était pas de vexer qui que ce soit, au contraire, elle était à visée préventive, mais bon c’est aussi ça les règles du jeu sur internet.


Olivier Kissita avait fait un documentaire sur le métier de Youtuber qui parlait notamment du manque de considération de cette fonction. Votre avis là-dessus ?

Quand j’ai commencé sur Youtube c’était encore un terrain vierge. On voyait cela comme un truc d’américains. C’était un truc branché et puis tout d’un coup quand c’est devenu la grosse mode et il y a eu un déferlement de milliers de Youtubers. C’est un peu parti en vrille et c’est devenu très tiède avec pas mal de vidéos pour faire des cliques. C’est la dictature de l’attrape clique. Des vidéos avec des titres tapent à l’oeil mais un contenu assez pauvre. Je trouve que le niveau global sur Youtube a baissé. Heureusement on a encore des pépites mais pas assez. Un peu comme à la télé, tu as des super émissions Tracks, Quotidien…  et puis des émissions de téléréalité.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer sur Youtube ?

Déjà ne pas se lancer sur YouTube (rires). Je vois pas mal de gens qui réussissent sur YouTube donc c’est encore possible. Déjà il faut être régulier. Il ne faut pas faire ce qu’on a déjà vu, donc innover. Enfin, il faut être sincère. Quand j’ai commencé, j’ai parlé de sujets personnels et je pense que c’est pour cela que les gens ont accroché. 

On voit des Youtubers, dont, faire des rôles au cinéma. Est-ce que le 7eme art vous attire ?

Oui beaucoup. Je fais avant tout ce qui me fait marrer et bien sûr j’estime qu’acteur est un métier à part entière que j’apprends au fur et à mesure. Mais dès que j’ai l’opportunité, je le fais, comme pour les 3 films que j’ai fait jusqu’à présent dont Alibi.com ou pour la série «  Dix pour cent  ».

Extrait du film Alibi.com

Hormis YouTube on peut vous retrouver sur scène. Après un premier spectacle, vous êtes déjà sur le second. Comment vous sentez-vous dans cette phase créative ?

J’ai vraiment l’impression de tout reprendre à zéro. Comme si je n’avais jamais fait de spectacle de ma vie alors que j’ai fait environ cinquante Zénith. Maintenant cela revient peu à peu, je commence à retrouver mes marques et surtout je me sens à l’aise c’est le plus important. J’adore le stand up alors je joue tous les jours et tous les jours quelque chose de nouveau se produit.

Comment s’est fait le passage sur scène ? C’était une démarche risquée alors que vous n’aviez jamais fait cela…

Je déteste faire chaque année la même chose que l’année précédente. J’ai l’impression d’être dans une routine. J’ai besoin de sortir de ma zone de confort. C’est un ami qui s’appelle Nicolas Plisson qui m’a fait rencontrer Kader Aoun. Je le connaissais pas personnellement. Après une discussion avec lui, il m’a proposé de monter sur la scène du Paname. A la base, je n’étais pas très stand-up même si j’appréciais le travail de Gad Elmaleh ou Jamel.

Au début j’ai dit non par timidité, mais lorsque Hugo Tout Seul s’est lancé à l’eau cela m’a fait quelque chose. Comme c’est mon pote depuis vingt ans, je me suis dit. Si lui le fait, je peux le faire. Je suis monté sur scène et là j’ai été piqué. 

Dans quel état d’esprit vous étiez lors de votre premier passage sur scène ?

On peut voir les images. Je regardais mes pieds pendant tout le passage. C’était horrible. Pour moi la scène, c’est une sorte de bagarre avec une sorte de monstre imaginaire qui est la peur, le trac. Une fois que tu réussis à le faire disparaître après quelque temps. Tout le monde est marrant mais se battre contre ce monstre c’est super dur. Cela disparait quand tu fais ressortir ton naturel, ce qui n’est pas facile. Le but sur scène c’est dans d’être comme dans la vraie vie. Un peu comme si tu parlais à un pote. En vidéo je m’amuse avec des codes audiovisuels issus de la pop culture, sur scène c’est différent. 


Quand vous avez des rires du public et des applaudissements. Quelle est la sensation que cela vous procure ?

Au début tu crois que le public est hostile et qu’il va te détester. Et puis tu les aime. Quand ils rigolent deux, trois fois tu te dis que tu le chef sur scène. Tu te sens invincible. 

Récemment vous avez apporté votre soutien pour une collecte de déchets organisée par McFly et Carlito, pourquoi ce choix ?

Le concept de la greenwalk, c’est à dire marcher et ramasser les déchets des autres, je trouvais cela génial et ça a encore plus de sens quand tu le fais avec du monde. On peut le faire partout, et nous on a essayé de donner l’exemple à Paris. 

Vous avez aussi fait un sommet avec Bill Gates…

C’était pour le projet Goal Keepers, de Bill et Melinda Gates. Le concept de cet événement c’est de permettre de faire des actions humanitaires dans pleins de domaine comme la santé ou l’écologie. Ce qui est impressionnant c’est leurs résultats. Je n’ai pas pu eu le temps de discuter avec Bill Gates. Emmanuel Macron était également présent. J’essaie de faire ce genre d’actions quand je peux. Récemment j’ai participé à une réunion pour le mouvement On est prêt   qui rassemble pleins de vidéastes pour le climat. Pour moi ce n’est pas grand chose mais si cela peut aider, je le fais sans soucis pour faire avancer les choses. Je pense faire plus d’actions de ce genre à l’avenir.

Votre anecdote la plus marquante sur scène ?

Quand je faisais les Zenith, une fois j’ai vanné un enfant de cinq ans qui était avec sa mère pour rigoler. Le petit s’est mis à pleurer, tout l’inverse de l’effet escompté ahah mais j’ai réussi à rattraper le coup, à la fin c’est devenu plutôt comique et touchant.

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