Oumar Diaw : « Je suis venu au théâtre par hasard »

oumar diaw

Après plusieurs rôles au cinéma dont un avec Jean Reno sur Antigang, Oumar Diaw poursuit activement sa carrière sur les planches. Après avoir repris avec brio, le rôle de Noom Diawara dans Amour sur place ou à emporter, le natif de Dakar a cette fois co-écrit 9 mois de bonheur. Dans cette pièce, où il partage la scène avec Lola Zidi, Oumar Diaw campe le rôle d’un futur papa et sur les aléas d’un jeune couple qui attend un heureux événement. Entretien avec un comédien prometteur.

Comment cette pièce s’est mise en place ?

Tout a commencé sur la pièce Amour sur place ou à emporter. J’avais remplacé Noom Diawara pour jouer cette pièce avec Sabrina Ouazani pendant un mois. Quand cela s’est terminé, je me suis dit que je voulais continuer. J’ai appelé mon ami Fonzie Meatoug, qui avait écrit pour Younes et Bambi, pour lui proposer de monter une pièce avec moi. Il a accepté et on y a consacré cinq mois d’écriture. Le sujet de la grossesse est venu tout seul. A l’époque la femme de Fonzie était enceinte. Pour ma part, j’avais déjà connu cela car mon enfant avait 5 ans, donc j’étais déjà rodé. J’ai contacté Noom Diawara vu que j’aimais bien son énergie dans le travail. Du coup, il a dit d’accord et on s’est lancé dans l’aventure. 

Quelle était votre méthode d’écriture ?

On a fait un tableau avec des thèmes abordés dans la pièce, comme le rendez-vous chez le gyneco. J’essayais de jouer les deux rôles et il écrivait. Après on synthétisait. Ensuite pour la mise en scène on a fait cela avec Noom. Il a permis de donner le rythme ce qui est très important. On peut dire que la pièce est la suite d’Amour sur place ou 0 emporter, vu qu’on s’est inspiré de cela. 

Dans la pièce vous abordez la question des couples mixtes ?

C’est important d’en parler, vu qu’on en voit de plus en plus. Faut les montrer. C’est important dans la période dans laquelle on vit. Il faut prôner la tolérance et l’ouverture. Tant que je pourrai le faire, je le défendrai. Cette mixité je la retrouve quand je vois le public qui vient assister à la pièce. 

Comment avez vous fait pour choisir votre partenaire de scène ?

C’est une amie qui m’a mis en relation avec elle. Moi je ne la connaissais pas. Je l’ai vu, elle a passé des essais. Je l’ai trouvé exceptionnelle. C’est une pure comédienne. En plus c’est une artiste complète. Elle sait même chanter, elle avait participé à The Voice. Elle a appris son texte en un mois, du coup on a repris la pièce plus tôt que prévu. Lola ira loin, d’autant plus que c’est la première fois qu’elle joue dans une comédie. C’est bien de passer d’un univers à un autre, on devrait voir ce genre de choses plus souvent. Aux Etats-Unis on voit plus souvent cela. 

D’où vous vient cette passion pour la comédie ?

Je viens de la télé et du cinéma. Je suis venu au théâtre par hasard. J’ai remplacé Noom Diawara, suite à un coup de fil de mon agent. J’avais un peu peur, surtout que je me retrouvais devant 800 personnes. C’est une grosse salle, donc impressionnant. Je suis allé voir la pièce, j’ai vraiment aimé. Après c’est devenu une drogue. Quand tu sais que tu montes sur scène et que tu joues avec des gens et tu as un retour rapide. Chose que je n’avais pas au cinéma ou à la télé. Cette interaction avec le public c’est magnifique. C’est une énergie que tu retrouves pas dans le cinéma. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de venir à la comédie ?

Depuis tout petit.  J’ai toujours eu ce truc de jouer la comédie avec mes potes. Mon premier casting, je l’ai fait à 11 ans. Mon père m’a envoyé là-bas. Je n’ai pas été choisi car j’étais stressé. Lorsque le film est sorti, mon père m’a dit, tiens c’était pour ce film. J’ai envié le petit en me disant que cela aurait pu être moi. J’ai continué mes études, tout en gardant cette envie dans la tête. En 2005, j’étais sur Internet, j’ai vu qu’il y avait une annonce de casting. J’ai postulé et j’ai envoyé une photo. La directrice de casting m’a rappelé et on s’est vus. Audrey Estrougo, la réalisatrice m’a fait passer un essai et m’a choisi pour son court-métrage Ain’t scared. Un an après j’ai tourné mon premier film avec elle. 

Quelles sont vos références ?

Denzel Washington, même si cela devient banal de le citer. Cet acteur est monstrueux. J’ai vu tous ses films. Il y a aussi Tom Hanks. En acteurs français, j’aime beaucoup François Cluzet. Jean Reno avec qui j’ai eu la chance de tourner. J’appréhendais beaucoup le tournage vu son immense carrière. Tu as envie que cela se passe bien. Quand il est arrivé, il a direct fait une blague. Il a cassé le mur qu’on aurait pu avoir. En plus, c’est quelqu’un de très généreux dans le travail. Sur le plateau, il venait nous parler pour distiller des conseils. En deux mois, j’ai énormément appris sur la façon d’aborder les scènes. Il ne parle pas avec la science infuse. Pour mes autres références, il y a Gerard Lanvin. J’ai aussi côtoyé Omar Sy. Je respecte beaucoup son parcours. J’ai fait la tournée des hôpitaux pour son association « Cé Ke Du Bonheur » et il fallait voir le rapport qu’il avait avec les enfants. 

Vous avez un film qui vient de sortir Ils l’ont fait, pouvez vous nous en dire plus ?

C’est un film indépendant que j’ai tourné dans ma ville d’origine. Il sort dans une salle à Paris. Par contre, il vaut le coup d’être vu, surtout en ce moment avec les élections. Cela raconte le parcours d’un jeune qui se lance en politique pour devenir Maire de sa ville. Du coup, il constitue une équipe de bras cassés. On l’a tourné quatre mois. Par contre, je venais la moitié de la semaine vu que l’autre j’étais sur ma pièce avec Sabrina Ouazani. J’ai aussi un autre tournage prévu, sur un film inspiré d’une histoire vraie. 

Votre anecdote la plus marquante ?

Sur Antigang, il s’est passé un truc. Il y avait une scène d’action où je devais tirer. A un moment donné. Jean Reno passe à ma droite et une douille part et lui tombe sur le front. Du coup, il s’est légèrement ouvert le front. Je n’étais pas bien et suis parti m’excuser. Il m’a dit « C’est rien , c’est pas grave » avec sa grosse voix pour dédramatiser. En plus il ne mettait même pas de boule quies, il doit être habitué avec toutes les scènes d’actions qu’il tourne.

9 mois de bonheur 

 

 

 

 

 

Retrouvez Oumar Diaw dans la pièce 9 mois de Bonheur avec Lola Zidi. C’est du Jeudi au Samedi à 21h30 à l’Apollo Théâtre.

  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *