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Nikon Film Festival - 11ème édition

Quand l’avant-garde de l’humour s’attaque au Nikon Film Festival

Le Nikon Film Festival ne connaît pas la crise. Fort de son succès, ce festival en est déjà à sa 11ème édition avec 1673 films en lice. Cette année, les concurrents ont dû répondre au thème imposé : « Un Jeu ». A cette occasion, on a interviewé les humoristes Meryem Benoua, Edouard Deloignon, Boriss Chelin et Samy Bel, participants de ce festival. Retour sur leurs expériences de tournage.

Lancé le 4 novembre 2020, le Nikon Film Festival est devenu le rendez-vous incontournable de tous les passionnés du 7ème Art : cinéastes en herbe et confirmés peuvent s’inscrire gratuitement sur le site dédié à ce festival.

Chaque année, un thème est imposé. Les participants doivent alors réaliser un court métrage de 2 minutes 20. A la clef, plusieurs récompenses dont Le Grand Prix du Jury et Le Prix de la Mise en Scène qui offrent aux lauréats, des bourses de résidence au CNC (Centre National du Cinéma et de l’Image Animée) pour réaliser un projet.

Président du jury pour cette 11ème édition, Eric Judor est accompagné des actrices Alice Belaïdi, Louise Bourgoin, de la directrice de casting Nathalie Chéron, des scénaristes  Maïmouna Doucouré et Pascale Faure et de la chroniqueuse Guillemette Odicino mais aussi des acteurs Jonathan Cohen et Reda Kateb, du journaliste Thierry Chèze, d’Alexandre Dino (membre de l’organisation du Nikon Film Festival) et de Julien Neutres (membre du CNC). 

Les spectateurs peuvent également prendre part à la compétition en votant pour le court métrage qu’ils souhaitent soutenir. Le film qui obtient le plus de votes, remporte le prix du public. 

Des projets en autoproduction

Actrice pour deux courts métrages – Je suis un trésor d’Ahmed Naït-Ali et Deux point zéro réalisé par Aurélien Maysounave – Meryem Benoua participe pour la première fois à ce festival comme Edouard Deloignon qui porte la double casquette comédien/réalisateur pour la fiction Comme un frère.

 

« Trois personnes, une carte au trésor qui les conduit à emprunter le seul chemin de la réussite, le travail », Meryem Benoua à propos du film Je suis un trésor d’Ahmed Naït-Ali 

Quant aux humoristes Samy Bel et Boriss Chelin, ils concourent pour la seconde fois ensemble : « La première fois qu’on a participé au festival, c’était en 2016 pour le thème une rencontre », se remémore Boriss Chelin. « On a eu l’idée la veille et le lendemain, on filmait à l’iPhone, ajoute Samy Bel. On était à la fois devant et derrière la caméra. Cette année, on a pu vraiment se concentrer uniquement sur la réalisation et la mise en scène pour Triple Enjeu. On était en autoproduction et entourés d’une équipe de professionnels ».

Très complices, les deux acolytes tournent des vidéos depuis six ans : « Avec Samy, on est un duo, évoque Boriss Chelin. On se fait vraiment confiance. Quand le thème a été annoncé, j’ai commencé à écrire un huis clos. J’en ai parlé avec ma petite sœur qui m’a donné d’autres idées. Ensuite, on a fait des relectures avec Samy ». Habitués à travailler ensemble, l’osmose entre les deux comédiens se ressent derrière la caméra : « Quand je pense à quelque chose et que je le dis à Boriss, je n’ai même pas besoin de lui expliquer où sera la caméra, etc, il capte tout de suite. Et inversement », complète Samy Bel.

 

« Une rencontre cocasse d’un homme avec sa future belle-famille », Boriss Chelin et Samy Bel à propos de leur film Triple Enjeu

Une course contre la montre

Entre l’écriture, la réalisation et le montage, chacun gère le temps à sa manière : « Le « Jeu », c’est un thème ultra large et j’ai tout de suite eu l’idée du scénario, explique l’humoriste Edouard Deloignon. J’ai commencé à écrire l’idée principale pendant le deuxième confinement en novembre, dès l’annonce du thème. J’ai eu la chance de travailler avec Yassine Benkhadda et Julien Gallix pour finaliser l’écriture et les dialogues, mais aussi avec Henry Westhead qui a tourné, monté et mixé tout notre court métrage. On a tourné le film 2 semaines avant la date d’échéance ».

Un tournage intensif également pour Boriss Chelin et Samy Bel : « Pour réaliser Triple Enjeu, on s’y est pris à la dernière minute, confie Samy Bel. On a tourné et monté pendant deux semaines non-stop, juste avant la date limite. La nuit, on montait le film par zoom avec le monteur. On était tous les trois et je m’endormais régulièrement devant mon écran [rires] ».  

Réaliser un court de 2’20 implique inévitablement des concessions de la part des réalisateurs : « La contrainte la plus dure, c’est de respecter les 2 minutes 20 de court métrage parce qu’on a beaucoup d’idées, souligne Boriss Chelin. Pour Triple Enjeu, on a dû enlever une scène entière ». Une difficulté similaire pour Edouard Deloignon : « C’était horrible ! On a dû couper 40 secondes après le montage final, indique le comédien. Mais on est content d’avoir réussi ».

 

De gauche à droite : Julien Gallix, Edouard Deloignon, Yassine Benkhadda
« Ce court métrage peut se résumer par une citation de Shakespeare dans Comme il vous plaira : « Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous, n’y sont que des acteurs, chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles ». Une citation d’autant plus vraie dans notre métier », Edouard Deloignon à propos de son film Comme un frère

Fous rires, attelle en fourchette plastique et froid polaire

Sur le plateau du court métrage Comme Un Frère, l’ambiance conviviale était au rendez-vous : « On a eu une journée de tournage sur fond vert avec énormément d’impro, se souvient Edouard Deloignon. Il y a d’ailleurs un de nos fous rires dans le montage final ».

Quant à Meryem Benoua, la comédienne a dû faire preuve d’imagination pour palier une douleur à la main en plein tournage : « Pour Deux point zéro, j’ai dû boxé de 9h à 18h, évoque la stand-uppeuse. Le réal voulait que j’effectue des mouvements et j’étais à fond. A chaque fois, je tapais ma main contre mon genou comme en Muay-Thaï. A la 5ème prise, je sens une douleur effroyable à la main droite ». 

« Quand j’enlève les bandes, ma main est bleue et toute enflée, impossible de la plier, ajoute la comédienne. Alors entre 2 prises, je me fabrique une attelle avec une fourchette en plastique que j’avais cassé en deux pour garder mes doigts droits sans rien dire à personne pour ne pas les inquiéter [rires]. Ça ne se voit pas mais j’ai tourné avec une main complètement abîmée ».

 

« Un homme et une femme fantasment sur le futur d’un œuf, un coq combattant ou une poule de pâturage jusqu’à ce que le gardien du théâtre vienne mettre fin à cette scène », Meryem Benoua à propos du film Deux points zéro d’Aurélien Maysounave 

« J’ai eu beaucoup de courbatures, une main enflée et un dos bloqué pendant 3 jours, complète l’humoriste. C’était très fatigant mais j’ai passé une superbe journée avec une équipe au top alors je garde un très bon souvenir de ce tournage ».

Pour le second court métrage, Je suis un trésor, les conditions extérieures étaient extrêmement difficiles : « On a tourné dans une forêt enneigée dès 9h avec une température de -6°C, des lèvres gelées par le froid et aucun moyen de se réchauffer, se rappelle Meryem Benoua. Maintenant, je pense être prête pour The Revenant 2 ».

Retrouvez tous les courts-métrages en lice sur le site du Nikon Film Festival. Vous pouvez voter pour soutenir les réalisations jusqu’au 11 avril. Et rendez-vous le 30 avril prochain pour découvrir les lauréats.