TOP
Camille Lavabre interview

Rencontre avec Camille Lavabre : « Je mesure la chance d’être humoriste »

L’ex miss météo sur Canal + est de retour sur scène avec son nouveau spectacle Toxic. Ensemble, on a discuté des origines de ce projet, de sa façon de voir le métier d’humoriste et des grands moments qui ont marqué sa carrière. Rencontre avec Camille Lavabre.  

Portrait chinois : si vous étiez… 

Un paysage : je serai un paysage méditerranéen, le sud de la France, je serais une crique dans les calanques de Marseille. Mais une crique un peu isolée, donc je ne donnerai pas le nom [rires].

Une émotion, un état : quelque chose de fort et d’intense. Une émotion 3000. L’excitation peut-être. Je suis toujours super enjouée à l’idée d’un événement qui arrive.

Un mot : le mot anglais bliss. Je trouve qu’on a envie de le dire et de le prononcer parce qu’il sonne bien. Bliss, c’est beau, c’est doux. J’aime ce qu’il signifie aussi. Cet état de béatitude. C’est aussi le nom d’un album de Vanessa Paradis, une artiste qui m’a toujours fascinée.

Un film, une série : je pourrais tout autant être Sex and the City que Breaking Bad.

Une chanson : Oh la musique c’est si dur de choisir. J’en écoute du matin au soir. Le moindre trajet se fait avec des écouteurs. Chaque chanson est associée à un moment de la journée, à un souvenir, à un état ou à une personne. Par exemple, avec ma mère, j’écoute Ssendu (voie lactée) d’Idir. La musique rythme absolument toute ma vie.

Si vos proches devaient vous décrire, que diraient-ils de vous ? 

Ils diraient que je suis déterminée et très investie dans ce que je fais. Je suis très passionnée et je fais passer le travail avant beaucoup de choses. Je suis aussi très indécise et parfois impatiente. Avec mes proches, je suis à l’écoute et fiable. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi.

 

Qui vous fait rire et qu’est-ce que vous fait rire ?

Je pense surtout à mes amis, notamment à ceux qui font ce métier. Par exemple, mes amis Florian Nardone et Paul de Saint-Sernin. Avec Paul, on se comprend très vite. C’est-à-dire qu’on capte instantanément la vanne de l’autre et on rentre dans le même délire. Mon co-auteur et metteur en scène Grégoire Dey me fait aussi beaucoup rire. De manière générale, j’aime l’absurde. Quand c’est totalement dénué de sens et assumé avec un délire qui va loin, je peux vraiment me prendre un fou rire.

Qu’est-ce qui vous fait vibrer dans le métier d’humoriste ?

Être sur scène. Ce moment où le plaisir dépasse le trac. Je lâche prise et je me sens connectée au public. On est ensemble. C’est une émotion incroyable. Dans le sentiment amoureux, il y a les papillons dans le ventre. Franchement, la scène, c’est pas loin de ça. Et même quand le spectacle est terminé, ça ne redescend pas. Je serais incapable de rentrer immédiatement chez moi et d’aller dormir [rires].

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Sincèrement, je mesure la chance que j’ai d’être humoriste. C’est un métier qui n’est pas pénible. Se lever pour aller écrire des blagues et faire rire les gens, ça va [rires]. Evidemment, ça provoque aussi du stress, de l’angoisse et des doutes. Parfois même de la compétition quand on a affaire à des gens malveillants. Mais, ce sont des problèmes de luxe.

On est souvent freiné par le sentiment de ne pas être légitime ou d’être un imposteur. Mais tout ce qui compte dans le fond, c’est l’envie

Après Solitude partagée, vous jouez en ce moment Toxic au théâtre La Petite Loge. Qu’avez-vous envie de partager à propos de ce projet ?

C’est un spectacle très personnel. Avant, je n’avais pas envie d’en dire trop à propos de moi. J’étais plutôt pudique. Avec Toxic, j’ai enfin accepté de me livrer totalement dans l’exercice du seul en scène. Le spectacle découle d’une période douloureuse à savoir une rupture amoureuse. À la base, il y avait de la tristesse et de la colère. Mais c’est tellement génial de transformer tout ce vécu grâce à la créativité et d’en faire quelque chose de drôle.

Avez-vous eu des retours sur Toxic qui vous ont particulièrement marquée ? 

Ce qui me fait vraiment plaisir, c’est quand les gens me disent qu’ils sont touchés parce que certains moments font écho à leur vécu et que le spectacle leur a fait du bien. Mon but, c’est justement de partir de quelque chose de personnel et de réussir à en faire quelque chose d’universel. 

Dans quelle mesure l’humour vous aide à traverser les moments difficiles dans votre vie ? 

Comme tout le monde, il m’arrive parfois de ne pas avoir envie de me lever le matin parce que je n’ai pas le moral ou que je suis fatiguée. Ces jours-là, je dois quand même jouer dans les lieux où je suis programmée. Dans 90% des cas, je me sens reboostée après un plateau de stand-up. C’est pas une légende de dire que la scène, c’est comme une drogue. Un shot d’adrénaline. J’en ai besoin. En plus, provoquer le rire, c’est forcément un moment joyeux. Donc ça fait tellement de bien. 

C’est génial de transformer tout ce vécu grâce à la créativité et d’en faire quelque chose de drôle

Quel est votre plus beau souvenir sur scène ? 

Il y en a tellement. Vendredi dernier, c’était la 5ème fois que je jouais mon spectacle et j’ai vraiment senti que je me suis lâchée. C’est une joie de voir qu’il évolue jour après jour. J’ai des soirées stand-up mémorables au Paname. 20h00, il fait chaud, les gens rient et applaudissent. Je ressors en mode : « Waouh, c’était fou ». 

J’ai aussi joué dans la pièce Le canard à l’orange au Théâtre de Paris. Un endroit magnifique qui me fait rêver. Il y a 1200 places et la salle était quasiment toujours pleine. C’est une de mes plus belles aventures scéniques. Ever. 

Quel est le plus grand défi que vous ayez relevé dans votre carrière ? 

Quand j’étais miss météo pour l’Info du vrai sur Canal +, il n’y avait pas de public sur le plateau. L’émission décryptait l’actualité donc c’était un choix cohérent pour privilégier un contexte neutre. Mais pour moi, ça rendait les choses compliquées. J’étais la seule à être en charge d’une chronique d’humour. Des sujets sensibles tels que les attentats étaient évoqués, et moi, j’arrivais ensuite avec mon accent marseillais pour faire rire les gens. C’était pas évident, mais ça m’a beaucoup servi. J’avais une équipe super et j’ai énormément appris.

 

Si vous pouviez adresser un message aux jeunes artistes, que leur diriez-vous ? 

On est souvent freiné par le sentiment de ne pas être légitime ou d’être un imposteur. Mais tout ce qui compte dans le fond, c’est l’envie. Tu peux niquer le game avec de l’envie. Si elle est assez forte, tu travailleras assez, pour être assez bon. Bien sûr, il y a des facteurs chance, comme le fait d’être au bon endroit, au bon moment ou de rencontrer les bonnes personnes. Mais pour moi, le moteur c’est l’envie. 

En interview, à quelle question en avez-vous marre de répondre ? 

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’être une femme dans l’humour?

À l’inverse quelle question voudriez-vous qu’on vous pose ? 

Quel est le lien de réservation de mon spectacle? [rires]. 

Ok go. Quel est le lien de réservation pour votre spectacle ? [rires] 

Celui-là ! https://www.billetreduc.com/276994/evtbook.htm?date=1

Découvrez Toxic, le nouveau spectacle de Camille Lavabre à La Petite Loge tous les vendredis à 20h. 

©romainhirtzstudios