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Grégoire Furrer - Bertrand Coçut

Rencontre avec Grégoire Furrer : « Montreux est désormais un véritable festival hybride »

Du 1er au 7 décembre 2021, avait lieu le Montreux Comedy Festival. Un événement iconique dans le monde de l’humour qui ne cesse de s’accroître. Nous avons rencontré son fondateur, Grégoire Furrer, pour en savoir plus sur cette 32ème édition. 

Comment vous êtes-vous organisés cette année ?

On a brûlé des cierges, éventré un poulet,… [rires]. Quand la pandémie est arrivée avec cette panique totale et cette hystérie absolue, j’ai dit à mes équipes de ne pas paniquer, de rester concentré sur ce qu’on sait faire de mieux, à savoir préparer un festival. On s’est dit que le festival n’aurait peut-être pas lieu ou qu’il se déroulerait sous une forme différente. On a beaucoup investi sur les plateformes digitales ou virtuelles pour être prêts quoi qu’il arrive.  

Aviez-vous prévu plusieurs plans de secours ?  

On avait un plan A, B, C,… On s’est d’abord demandé si les comédiens et comédiennes pourraient voyager ? Et puis, est-ce qu’ils pourraient jouer en salle ? Est-ce qu’il y aurait une jauge pleine ou réduite ? On a pris en compte tous les scénarios possibles. Dans le cas où aucun artiste ne pourrait voyager, on aurait fait un grand festival virtuel avec le déploiement d’un comedy club virtuel que l’on aurait accéléré.

Ce qui est marquant dans ce festival, ce sont les retrouvailles avec les artistes, le public et l’équipe du festival ! On était tous heureux de se revoir

Quelles sont les nouveautés de cette 32ème édition ?

La grande nouveauté de cette édition : le lancement de la plateforme wecomedy qui diffuse les spectacles en streaming. Elle est encore à la phase de test mais on a déjà des achats. On ne fait pas de pub ni de promo, on voulait faire en sorte que le stream fonctionne, que les gens qui l’achètent soit 1 ou 100 ou 1 000. Ça a très bien marché pour le moment ! Techniquement, il n’y a eu aucun bug, c’est formidable. Les gens nous ont écrit sur insta pour nous dire que c’était super et pour nous remercier. C’est encourageant !  

Il y a également le comedy club virtuel. Même s’il ne se déploie pas encore auprès du grand public, il est déjà testé par les artistes. Enfin, la troisième grande nouveauté de cette année, c’est le Grand Montreux Comedy Hôtel. A l’intérieur du Palace Hôtel, on crée des contenus originaux avec les artistes du festival. Par exemple, Yellow Mic, un podcast dans lequel on demande à un artiste d’expliquer son processus créatif autour d’un de ses sketchs mythiques de Montreux. 

Qu’aimez-vous plus particulièrement dans l’organisation de ce festival ?

J’ai la chance d’être payé pour avoir des idées et ce sont les autres qui les réalisent. Je fais en sorte que mon idée soit la plus aboutie possible grâce à une équipe extraordinaire et formidable. Cette équipe est au taquet et m’apporte à chaque fois les solutions pour que l’on réalise ces idées.

Comment décririez-vous les coulisses de Montreux ?

Deux mots pour définir les coulisses de Montreux : détendus et bienveillants. Je pense que c’est fondamental. On monte des galas qui sont extrêmement pointus et exigeants en terme de technique mais tout se fait dans un calme absolu. C’est magique ! Si on met une étincelle dans un backstage quand il y a autant de stress, tout part en vrille. 

Je pense que l’on a eu un bon modèle qui a prouvé sa résilience et a démontré qu’il était prêt à affronter ce genre de turbulences

A Montreux, on est nombreux. Il y a quand même 160 personnes qui travaillent sur le festival. C’est une grosse machine. Mais toute l’équipe sait ce qu’elle doit faire. Les personnes présentes sont là depuis longtemps donc elles ont des réflexes, elles connaissent leur poste. C’est une des choses qui rassure énormément les artistes. Je pense que les artistes ne se lanceraient pas autant dans le vide s’ils ne savaient pas qu’à Montreux, ils avaient des filets partout pour les rattraper.

Après plusieurs galas, comment vous sentez-vous ?

Plus ça avance, plus je me sens bien. J’avoue que j’appréhende toujours avant le premier gala. Cette année, c’était particulièrement difficile pour moi parce que ça faisait deux ans que le festival n’avait pas eu lieu. J’étais un peu tendu avant d’ouvrir le gala, ce qui est d’ailleurs inutile puisque le stress ne sert à rien, on ne peut rien y faire. 

Deux mots pour définir les coulisses de Montreux : détendus et bienveillants […]. On monte des galas qui sont extrêmement pointus et exigeants en terme de technique mais tout se fait dans un calme absolu.

La situation sanitaire n’était pas simple non plus. On était un peu sur le qui-vive parce qu’on se demandait s’il y aurait des annonces qui nous empêcheraient de faire le festival. Ce stress-là n’a pas aidé. Mais plus on avance, plus on est rassuré et on ira au bout ! 

Peut-on dire que c’était un défi à relever ? 

Ce sera un beau défi à relever, oui. Si tout se passe bien jusqu’au bout, Montreux aura progressé en deux ans malgré la pandémie. Ce qui est incroyable ! En termes de budget, d’accueil et de contenus fabriqués. Beaucoup d’acteurs ont souffert pendant la pandémie, certains ont perdu leur activité, d’autres l’ont complètement redimensionnée, et nous, on a fait grandir le festival. Je pense que l’on a eu un bon modèle qui a prouvé sa résilience et a démontré qu’il était prêt à affronter ce genre de turbulences.

D’ailleurs, le digital a vraiment aidé pour sa progression. Il y a dix ans, on a beaucoup misé dessus. Aujourd’hui, je pense que l’on récupère les fruits de cet investissement. Montreux est désormais un festival hybride. Il se vit autant sur le digital qu’en physique. Les publics sont différents mais ils se mélangent et se complètent. 

Quel moment marquant retenez-vous de cette édition ? 

Ce qui est marquant dans ce festival, ce sont les retrouvailles avec les artistes, le public et l’équipe du festival ! On était tous heureux de se revoir.

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©Photo de couverture : Bertrand Coçut