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Léa Lando

Rencontre avec Léa Lando : « L’avantage quand tu es comédienne, c’est que tu as plusieurs vies »

Alors qu’elle s’apprêtait à entreprendre une carrière dans le droit, Léa Lando envoie tout valser pour se tourner vers le monde de la comédie. L’humoriste est actuellement  chroniqueuse radio dans l’émission Anne Roumanoff, ça fait du bien sur Europe 1 et arpente les scènes des comedy club. Interview.

Comment as-tu découvert l’humour ?

J’ai découvert l’humour grâce à l’émission « La classe » et grâce aux sketchs de Coluche que je voyais à la télé. Mince, je me rends compte que ça en dit long sur mon âge ces infos !

Bref ! Donc même si ma mère est très drôle, je dirais que c’est le petit écran qui m’a plongée dans l’univers des humoristes.

Quand as-tu commencé la comédie ?

On m’appelait « le clown » quand j’étais petite. J’ai toujours aimé faire rire les gens autour de moi. Je crois que c’était une façon d’attirer l’attention. Et comme je rêvais d’être beaucoup de choses, je me suis dit : « L’avantage quand tu es comédienne, c’est que tu as plusieurs vies ». Donc mon choix était vite fait ! Tu imagines, aujourd’hui je peux être une brillante femme d’affaires sexy et demain une sans emploi édentée à qui la vie dit merde ! L’avantage de jouer des rôles c’est d’être encore plus proche des autres je trouve.

Tu étais juriste et tu devais passer l’examen d’avocate, que s’est-il passé un mois avant ?

Depuis toute petite, je rêvais de faire du cinéma. J’ai passé mon premier casting à  7 ans je crois. Et quand j’ai eu mon Bac, je voulais tout arrêter pour faire les cours Florent mais mes parents ont dit : « Non, les études d’abord ! ». Donc j’ai fait 6 ans de droit. J’ai fini mon 3eme cycle major de promo. Je travaillais dans un Cabinet d’affaires et en effet, un mois avant de passer le barreau, un matin, je me suis dit : « ouh la la, mais c’est pas la vie que je veux ça ! Moi, depuis mes 4 ans je veux faire du cinéma ! ».

Donc j’ai tout plaqué, aussi vite que je me fais plaquer moi ! Et sans aucun scrupule. Et surtout aujourd’hui, je peux le dire : sans aucun regret !

Quand tu dis : « je me suis retrouvée par hasard à animer des émissions de télé », qu’est-ce qui se cache derrière le « par hasard » ?

« Par hasard » parce que justement, à la base, je voulais faire du cinéma, pas de la télé ! Mais comme je n’y connaissais rien, j’ai répondu à un casting d’animatrice TV en me disant : « une fois que j’aurai un pied dedans, la passerelle vers le cinéma sera plus simple ».

On m’appelait « le clown » quand j’étais petite. J’ai toujours aimé faire rire les gens autour de moi

En réalité, pas du tout ! Le cinéma et la télé sont deux mondes bien différents. J’ai donc animé des émissions de TV pendant plusieurs années en ayant toujours cette frustration du cinéma. C’est comme sortir avec le meilleur pote du mec que tu kiffes vraiment ! Tu pensais te rapprocher de lui… mais en fait, non ! Il ne te calcule toujours pas [rires].

Te souviens-tu de ta première scène ?

Oh que oui ! Je me souviens surtout du Ricard que j’ai bu juste avant de monter sur scène pour oublier mon trac ! J’étais derrière le rideau, la boule au ventre. J’entendais les gens dans la salle et je me disais : « Mais pourquoi je suis là ?! Faut être trop con pour s’infliger ça ! ».

J’étais trop stressée. En revanche, une fois sortie de scène, je savais pourquoi j’aimais autant ça. Le public… était génial ! Ils m’ont trouvé drôle alors qu’ils étaient sobres, eux ! Je vivais un rêve éveillé.

 

Tu as créé le festival : Rires avec celles. Pourquoi souhaitais-tu organiser un plateau 100% féminin ?

Parce que tous les journalistes qui m’ont interviewée depuis que je fais de la scène – et non, il n’y en pas eu que deux ! [rires] – m’ont quasiment tous posée deux questions qui m’agacent. La première : « est-ce plus difficile de faire rire quand on est une fille ? » et la seconde : « pourquoi y a-t-il moins de filles humoristes que de garçons ? ». 

Donc la meilleure réponse selon moi était de les inviter à ne voir sur scène que des filles, toutes très drôles et leur montrer par la même occasion qu’on est beaucoup plus nombreuses que ce qu’ils pensent. D’ailleurs, on a fait trois jours complets et le festival fut un énorme succès.

Comment s’organisait ce festival ?

Le festival se déroulait sur trois soirs avec dix humoristes femmes. La maîtresse de cérémonie était Claudia Tagbo qui a tenu son rôle d’une main de maître ! 

Le premier soir, le public découvrait cinq des dix artistes. Le second soir, les cinq autres et le troisième soir, les dix humoristes revenaient pour un passage inédit sur la région, qu’elles ont écrit sur place, quasiment le jour même.

Je me souviens surtout du Ricard que j’ai bu juste avant de monter sur scène pour oublier mon trac !

Et surtout, je tenais à clôturer chaque soirée avec une artiste musicale qui faisait un live acoustique car je trouve que les deux choses les plus importantes dans la vie, après l’amour et le sexe bien sûr, c’est le rire et la musique !

Pourquoi se déroule-t-il à Trouville ?

Parce que j’y vais souvent depuis que je suis petite. Et de plus en plus maintenant. Je m’exile parfois là-bas pour écrire. Trouville-sur-Mer est devenue ma ville de cœur. Et je trouvais que les spectacles manquaient à cette ville contrairement à Paris qui fourmille de représentations.

Une seconde édition est-elle prévue pour cette année ?

Malheureusement, non. C’était dans les tuyaux mais à cause du covid, la ville manque de moyens pour assurer de nouveau un tel événement. Mais je ferais tout pour que ce festival continue d’exister à Trouville ou ailleurs. Donc rdv en 2022 pour la suite de Rire avec elles !

Tu es chroniqueuse sur Europe 1 dans l’émission d’Anne Roumanoff, comment prépares-tu ces chroniques ?

Ça fait neuf ans que je collabore avec Anne sur Europe 1. J’adore l’exercice de la radio. C’est tellement différent de la scène. Ce sont deux kifs qui n’ont rien à voir. Déjà, à la radio, tu peux avoir une sale gueule !

Et l’écriture aussi est différente. Même si parfois, j’ai repris des vannes de mes chroniques radio pour les tester sur scène.

Et j’avoue, j’écris souvent mes chroniques la veille pour le lendemain ! Souvent à 2h du matin pour 9h. Mais j’adore travailler dans l’urgence. C’est souvent là qu’on puise le meilleur. Et puis, la différence entre radio et scène, c’est l’actualité chaude. Donc il y a une matière neuve tout le temps ! Ça, c’est chouette. J’ai vraiment dit « chouette » ?

Depuis la réouverture des comedy club, comment se passe la reprise sur scène ?

C’est le bonheur ! On oublie à quel point c’est la vie d’être sur scène ! Perso, je m’y sens dans mon élément. Sur scène, je suis mieux qu’à la maison ! En même temps c’est normal, je ne peux pas accueillir tout le monde [rires].

Quels sont tes futurs projets ?

Je prépare mon premier long métrage. C’est une comédie poétique et d’ailleurs, le personnage principal est humoriste. Mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. Pas par superstition mais juste parce que je veux attiser la curiosité ! Est-ce que ça marche ?

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