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Tristan Lopin Thomas Braut

Rencontre avec Tristan Lopin : « le fait de monter sur scène est cathartique »

Après son premier spectacle, Dépendance affective, qui s’est joué à guichet fermé, Tristan Lopin enchaîne cette année avec un second one man intitulé Irréprochable. Pour cette interview, l’humoriste revient sur quelques souvenirs de son premier spectacle –une anecdote de tournée notamment – et nous révèle les détails des coulisses de son nouveau show. Rencontre.

Il reste trois représentations pour Dépendance Affective, êtes-vous prêts à fermer cette page définitivement ?

Oui même si cette page se ferme à retardement. Je devais la clore fin 2019 et puis on a repoussé à 2020, et finalement on la clôture seulement maintenant. Il y a eu d’autres dates qui ont dû être décalées et annulées donc je suis un peu frustré qu’on le fasse de cette manière, dans le rush avec uniquement trois dates. Mais ce qui est très chouette, c’est qu’on termine aux Folies Bergères !

Et puis, je suis aussi content de passer à autre chose. Ça faisait longtemps que je voulais parler d’autres sujets sur scène.

Ce spectacle évoquait votre première déception amoureuse, l’humour est-il cathartique ?

Oui et puis rien que le fait de monter sur scène est déjà cathartique. Après, quand on écrit un sketch sur un sujet personnel comme celui-ci, c’est drôle seulement si on a pris du recul dessus. Donc l’humour a été cathartique même si je m’en étais remis avant de monter sur scène.

Vous avez fait beaucoup de dates avec ce spectacle. Auriez-vous une anecdote à nous raconter sur les coulisses de la tournée ?

En septembre dernier, je jouais à Nantes. Mon régisseur m’accompagnait et on avait un appartement avec deux portes. Je n’ai pas fait attention mais j’ai laissé la clef sur une des portes et on s’est retrouvé enfermés dehors le soir, super tard. On n’arrivait pas à joindre le théâtre pour qu’on vienne nous ouvrir l’appartement et on a attendu une heure sous la pluie. On a finalement pu aller crécher chez des potes de mon régisseur. Mais je m’en suis un peu voulu [rires].

Vous présentez à la fin du mois un nouveau spectacle intitulé Irréprochable. Qu’est-ce qui le différencie du premier ?

L’humour est plus noir, je parle de sujets plus sombres et notamment de mes névroses. J’ai tout un sketch sur la dépression. Et même si le premier parlait de sujets tristes aussi, il était quand même plus léger.

Pourquoi l’avez-vous appelé Irréprochable ?

Parce que lorsque j’étais plus jeune et même encore aujourd’hui, j’avais le sentiment que je faisais tout pour être irréprochable. Et puis, je me suis rendu compte que je ne l’étais pas du tout.

Je pense que le rire est un bon moyen de faire passer des idées sans trop prendre la tête aux gens

Vous avez écrit ce spectacle sur un an et demi, principalement pendant le premier confinement. Où puisiez-vous votre inspiration ?

Je sortais d’une période où je n’étais pas bien. Et au moment où j’allais mieux, on a dû se confiner. C’est le moment où je me suis dit que je pouvais prendre un peu de recul sur toutes ces choses qui m’avaient plombé le moral ces derniers mois. J’ai commencé à écrire en me disant que ça allait me faire du bien de tout mettre sur papier et au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ça pourrait faire un spectacle.

C’est aussi de cette manière que le premier spectacle a commencé. Je l’avais écrit pour mettre à plat des choses qui me prenaient le chou et puis je les ai transformées en quelque chose de drôle en mettant des blagues dedans.

 

Tristan Lopin ©Thomas Braut

Comment préparez-vous vos spectacles ?

Je ne fais généralement pas de scènes ouvertes. Pour le premier spectacle, j’avais fait quelques plateaux mais c’était plus pour faire tourner les mêmes sketchs. Lorsque j’écris un spectacle, il y a souvent un fil conducteur donc beaucoup de sketchs sont compliqués à sortir du cadre du spectacle. Je me dis : « On va jouer le spectacle du début à la fin et on verra ce qui marche ou ce qui marche moins bien. Et quand je ferai des plateaux, je sortirai les « meilleures vannes » ou ce que j’ai l’impression qui marche le mieux auprès du public ».

Pour l’instant, je fais toujours en sorte d’avoir un spectacle déjà construit. En sortant des représentations, j’ai envie que les gens aient des sujets en tête qui ont été évoqués pendant le spectacle. Je préfère qu’on se dise : « Il ou elle a parlé de tel sujet et j’ai trouvé ça intelligemment abordé ». J’aimerais moins qu’on sorte d’une représentation et qu’on pense : « Ah ouais c’était super drôle mais je ne me souviens pas de quoi la personne a parlé ».

J’ai laissé la clef sur une des portes et on s’est retrouvé enfermés dehors le soir, super tard

Pour Irréprochable, j’ai lu tout le texte à mon metteur en scène. Il m’a dit les passages qu’il trouvait trop longs ou ce que je pourrais ajouter. J’ai aussi pu lire des bouts de textes à des potes qui ne sont pas forcément dans le milieu de l’humour. Je me suis dit qu’ils seraient peut-être plus objectifs et que leur réponse serait instinctive. Quand je vais voir un spectacle, il y a toujours un peu cette déformation professionnelle de se dire comment le texte est construit, etc. Alors que là, quand je lisais des passages de mon spectacle à mes ami.e.s, ils ou elles riaient ou non sans se poser plus de questions que ça.

Vous êtes engagé dans les luttes contre les discriminations. Pensez-vous que le rire puisse faire changer les mentalités ?

Oui parce que je pense que le rire est un bon moyen de faire passer des idées sans trop prendre la tête aux gens. J’ai le sentiment que faire rire en défendant des causes, cela permet de passer un bon moment sans être trop moralisateur et paternaliste, ce qui peut être un peu relou quand on est engagé. Je me dis toujours : « Même si les gens n’étaient pas trop convaincus par mon propos, le fait que ce soit drôle et engagé, leur permettra d’y réfléchir après, une fois rentrés chez eux ». En tout cas si ce n’est pas conscient, je pense qu’inconsciemment, le travail fait peut-être un peu son chemin sans qu’ils s’en rendent compte. Enfin j’espère en tout cas [rires].

Vous vous décrivez comme quelqu’un de très anxieux avec un manque de confiance. Comment parvenez-vous à surmonter votre stress avant de monter sur scène ?

Avant de monter sur scène, c’est toujours très compliqué parce que j’ai toujours l’impression que je vais crever et que je ne vais jamais m’en sortir [rires]. En même temps, je pense que ce stress est vraiment un moteur mais je n’ai pas de techniques pour pallier cette inquiétude. Je sais juste qu’il faut que le moment arrive et que je n’ai plus d’autre choix que de monter sur scène. Comme pour beaucoup de choses, c’est souvent l’attente qui est plus désagréable que le moment T.

Et puis, une fois que je suis sur scène, ça passe. En tout cas, pour Dépendance affective, c’était le cas. Mais là honnêtement, je commence à peine à jouer Irréprochable alors je me dis que ça va être très intense pendant la durée du spectacle. Ce qui m’angoisse c’est le fait que les sujets soient différents du premier spectacle. Comme on a vendu plein de billets, ça met un peu la pression. On a envie d’être à la hauteur et que les gens soient contents. Après il y aura forcément des gens agréablement surpris et d’autres moins.

 

Tristan Lopin ©Thomas Braut

Que ressentez-vous une fois sur scène ?  

C’est très agréable de voir que les gens sont contents d’être là et qu’ils rient à mes blagues. Il y a une communion en plus que je trouve très cool. Je le sentais surtout avec Dépendance Affective parce que je parlais de mes histoires d’amour qui m’ont fait beaucoup de mal. Et voir que les gens en rient ou se retrouvent un peu dans ces histoires, c’est très galvanisant.

Avez-vous déjà été paralysé par vos angoisses sur scène ?

Au début notamment – et ça peut arriver encore maintenant – si j’avais un blanc, je restais figé par la peur. Du coup, je n’arrivais pas à retrouver mon texte. C’est un cercle vicieux terrible. Et c’est un peu ce que j’avais quand j’ai commencé à jouer Dépendance Affective donc c’est ce que je redoute avec le nouveau spectacle. Mais bon, comme ça fait un moment que je fais ce métier-là, je vais trouver des parades.

Avant de monter sur scène, c’est toujours très compliqué parce que j’ai toujours l’impression que je ne vais jamais m’en sortir [rires]

Vous êtes fan de Britney Spears. Qu’aimez-vous chez cette chanteuse ?

J’ai toujours senti qu’elle avait quelque chose de très fragile mais qui, sur scène, explose. Ado, j’étais un garçon très timide et voir cette nana très sûre d’elle sur scène ou dans ses clips mais aussi qui assume ce côté très sexuel et très séductrice, ça m’a aidé à m’émanciper de plein de choses, à sortir de mes insécurités. Et puis, ses musiques me donnent la pêche pour me réveiller le matin.

Quelle chanson mettriez-vous en premier pour vous lever ?

Overprotected !

Vous aimez aussi la série Sex and the city. Attendez-vous leur retour avec impatience ?

Pas du tout [rires]. Je pense que c’est une très mauvaise idée ! Déjà, j’avais trouvé scandaleux le deuxième film qui date d’il y a dix ans. Et pour ce retour, il en manque une. Elles ont montré un visuel sur insta il n’y a pas longtemps et elles sont ravagées par la chirurgie…

Quelle découverte humoristique t’a marqué récemment ?

J’aime beaucoup Alexandra Pizaggali parce qu’elle a un humour que je qualifierais d’irrévérencieux et d’insolent. Je l’avais vue en spectacle il y a un an et dès qu’elle sort quelque chose, je la trouve toujours pertinente.

Plus récemment, j’ai découvert Pierre Thevenoux. On s’est rencontrés sur un plateau à Barcelone il y a quelque temps avec Kyan Khojandi, Laurie Perret et Laura Domenge. Je l’ai trouvé très drôle et très sympa. Il a une énergie que je trouve vraiment cool. C’est le mec qui va apporter un point de vue ou un angle très original sur les sujets qu’il aborde.

Quel souvenir vous fait toujours sourire lorsque vous y repensez ?

Avec mon ex, on était partis au ski et en traînant ma valise, je me suis rétamé par terre. Et vraiment son rire derrière et le mien, ça me fait toujours beaucoup rire.

Retrouvez toute l’actualité de Tristan Lopin sur son compte Insta et Facebook. Réservez dès à présent vos places pour son nouveau spectacle Irréprochable en cliquant ici. 

©Thomas Braut