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Sarah Peb, la fureur de vivre

Comédienne et humoriste, Sarah Peb apprend à 30 ans, qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle décide d’écrire un livre, sur fond d’humour et d’expériences personnelles. Sarah , 30 ans, mon cancer, même pas peur ! (Editions Michel est une réelle leçon de vie. Et question littérature, elle a d’innombrables choses à nous apprendre. Rencontre.

Tu as vécu un cancer du sein il y a quelque temps. Crois-tu que ton métier d’humoriste t’a aidé à relativiser ou ta force te vient juste de ta personnalité ?

Je pense que j’ai une nature, un caractère et une éducation qui font que j’aurais de toute façon relativisé, mais je pense quand même que le fait d’être humoriste m’a aidée. Le fait de pouvoir rester sur scène, car je n’ai jamais arrêté et le fait que presque personne dans le métier ne le sache, m’a permis de ne pas laisser trop de place à la maladie. Sur scène, le temps s’arrête, c’est comme un exutoire. C’est une grande chance d’avoir ce métier là qui te permet de sortir des choses, c’est une force.

srah peb livreL’écriture de ton livre «Mon cancer, même pas peur !» t’es venue de l’envie de te confier sur tes peurs ou bien, au contraire, de donner la force aux autres de surmonter cette épreuve ?

Quand j’ai commencé à l’écrire, je voulais déjà le publier, car ce n’était pas que pour moi que je le faisais. Je savais que ça me ferait du bien parce que j’avais très peu parlé de ce qui m’était arrivé. Mais on cherche aussi toujours un moyen de savoir pourquoi ça nous est arrivé. Ma seule explication en tant qu’artiste, c’était de me dire que j’avais vécu ça, pour que mon histoire puisse aider d’autres personnes. Et tout à coup cet objectif anesthésie un peu certaines douleurs, parce qu’il y a un passage de relais.

Ton envie d’écrire était-elle juste dédiée à cette période ou bien as-tu d’autres projets de livres ?

Oui j’y pense, mais en reprenant un sujet un peu plus gay ! Je me suis rendue du compte que j’aimais vraiment écrire. Et beaucoup de gens me poussent aussi à continuer.

Quelle place a la littérature dans ta vie ?

Plutôt une grande place, mais j’ai l’impression que depuis que je suis devenue comédienne un peu moins, c’est dommage. Là j’avoue que ça me manque. J’aime beaucoup le côté évasion des livres, qui t’embarquent ailleurs. Mon petit plaisir lorsque je pars en vacances c’est de partir avec une pile de livres ! Ce sont de vrais moments de déconnexion et ça fait du bien.

Si tu devais choisir un livre qui t’a marqué ce serait lequel ?

Alors il y a La montagne de l’âme de Gao Xingjian. Je suis aussi une grande fan de Romain Gary, La vie devant soi par exemple. Sinon il y a le premier livre d’Amanda Sthers

Ma place sur la photo, ou encore Le livre de ma mère d’Albert Cohen, Lettre à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, Mars de Fritz Zorn, Demande à la poussière de John Fante et plus récemment Les souvenirs de David Foenkinos. Et je suis sûre d’en oublier…

Quel genre de livre tu n’aimes pas du tout lire ?

La Science Fiction ! Après je n’ai rien lu en SF, mais c’est pas un truc qui m’attire.

Est-ce que pour toi, bien écrire un spectacle passe aussi par le fait de beaucoup lire ?

Je ne suis pas sûre, parce que moi par exemple quand j’ai écrit mon premier spectacle, je lisais plus régulièrement qu’aujourd’hui et du coup j’avais fait quelque chose d’un peu trop écrit. Après, lire t’apporte toujours beaucoup, ça te nourrit intellectuellement et ça enclenche un processus de création. Ça rebooste toujours la créativité.

Les jours où tu ne te sens pas d’attaque, quels repas ou gâteries te remettent d’aplomb ?

 Ah il y a un truc que j’adore! C’est la viennoise chocolat !

Une chanson qui te donne toujours la patate ?

Overjoyed de Stevie Wonder et dans un autre genre plus apaisant : This Woman’s Work de Maxwell.

 

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