Sebastian Marx : « L’expression « poser un lapin », c’est magnifique »

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Crédit photo : Christine Coquilleau Naït Sidnas

Il a quitté New-York pour Toulouse et vivre le rêve français. Débarqué dans l’hexagone pour être le « nouveau Jean-Pierre Jeunet», Sebastian Marx a finalement trouvé sa voie dans le stand-up. L’humoriste qui a sorti son autobiographie Les trépidantes mésaventures d’un américain en France (Editions First). Dans ce livre, il nous raconte entres autres son arrivée en France, ses débuts en tant qu’artiste et sa paternité. Entretien avec le plus Français des Américains.

Comment vous est venu l’idée du livre ?

Cela fait longtemps que je voulais écrire quelque chose. Mon éditeur m’avait contacté après avoir vu mes vidéos sur Internet. Quand ils m’ont proposé d’écrire un livre, j’étais assez enthousiaste. Je voyais ce livre comme un défi, même si je ne voyais pas de quoi cela allait parler. L’idée de base, c’était d’adapter mes vidéos sur la langue française. Sauf qu’on s’est rapidement rendu compte qu’il vaut mieux ouvrir le sujet et parler de pleins de choses. C’est en écrivant le livre que j’ai trouvé le bon format, avec des chapitres thématiques, tout en gardant un côté autobiographique. Je me suis inspiré de David Sedaris, un auteur américain qui fait ce genre de livres.

Quand vous dites que vous aimez les défis, le fait d’écrire en français en était un…

Effectivement ! En parlant avec l’éditrice, on s’était posé la question. J’ai trouvé cela plus facile d’écrire en français. La cible reste la France. Après, je savais que cela être corrigé. L’éditeur avait plus de travail que d’habitude mais l’éditeur était très doué pour comprendre. Je ne voulais pas ce que cela soit chiant. En tant qu’étranger, on peut voir certaines choses de la langue qu’on ne voit pas . J’ai pas fait beaucoup de jeux de mots. J’en fait plus dans mon spectacle. Cela m’a amusé.

Qu’est-ce qui vous rigoler sur nos habitudes ?

Vos exigences sont très hautes. Lorsque quelqu’un souhaite changer les choses, vous dites tout de suite non. Vous avez une mentalité comme quoi la vie devrait être belle et on devrait avoir du temps. Surtout à quel point vous défendez cela. Je trouve cela drôle et touchant. J’aime vos tics de langage. Comme lorsque vous dites «voilà», «Oui mais non...» ou bien «Mais bon…» 

Quelle différence entre écrire pour la scène ou pour ce livre ?

Avec ce livre, je peux aller au plus profond des choses, contrairement à la scène ou je dois penser aux rires. Je raconte mon aventure et mes anecdotes. Sur scène on écrit des vannes qu’il faut tester, on doit aussi les rendre drôles à l’oral. Pleins de fois j’écris des vannes, quand je les tente sur scène, je vois que c’est trop récité. J’accorde beaucoup d’importance à l’idée de la vanne. 

Dans le livre vous expliquez que vous êtes venu en France dans l’espoir d’être réalisateur, car vous êtes fan de Jean-Pierre Jeunet…

Jean-Pierre Jeunet a un univers qui lui est propre. Les films Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain ou Delicatessen m’ont marqué. Je regardais aussi certains films français comme ceux de « La nouvelle vague ». Aux Etats-Unis, tout le monde va à Los Angeles, j’ai préféré aller en Europe. C’était mon envie d’être différent. Je voulais prendre un vol à l’Est au lieu d’aller à l’Ouest.  En venant ici, j’ai pu confronter les clichés sur la France et la réalité. Comme dans le film Am american in Paris, on a cette idée romancée de Paris. Ce qui était intéressant pour moi, c’était de voir la comparaison. Je ne sais pas si je veux toujours faire réalisateur, même si en faisant des vidéos, on devient en quelque sorte réalisateur. L’écriture c’est ma priorité. Après, si j’ai des opportunités au cinéma pourquoi pas.

Ce livre parle beaucoup de votre famille. C’était important d’en parler ?

Oui car ce livre parle beaucoup du fait de grandir. Je parle d’un moment ou j’ai rendu fier mon père, c’était important pour moi. Un moment il doutait de moi quand j’étais à Toulouse, il ne savait pas ce que je faisais de ma vie. Cela a comblé quelque chose en moi. D’ailleurs, il a reçu ce livre et il est hyper content. Maintenant que je suis papa, je comprends enfin pourquoi il s’inquiétait autant. 

Quelles sont tes références humoristiques ?

En France, ce sont les humoristes actuels, car je n’ai pas trop regardé les anciens. Donc Blanche Gardin, Yacine Belhousse, Seb Mellia, Adrien Arnoux, Vérino donc mes collègues. Pour les plus anciens, j’aime bien Anne Roumanoff et Gad Elmaleh. La nouvelle génération est bien plus forte que la précedente. Ils absorbent plus les choses et ils sont plus au courant du type d’humour qu’on pourrait faire. Chez les Américains, je citerai Jerry Seinfeld,car j’ai grandi avec son sitcom et son stand-up. J’aime bien aussi Louis CK, John Mulaney qui a un special sur Netflix. Sinon, j’aime bien Georges Carlin ou Steve Martin. Il y a enfin Woody Allen qui faisait du stand-up dans les années 60, avec beaucoup d’imagination qu’on retrouvait dans ses films. 

Vous jouez votre spectacle en français et vous animez des soirées stand-up en anglais…

J’anime le New-York Comedy Night au théâtre du Gymnase. C’est le premier plateau de stand-up anglophone en France. Maintenant, il y a un petit milieu avec pas mal de français qui viennent jouer. J’ai même Gad Elmaleh qui est venu jouer à l’improviste.  Il est venu tester mais cela a bien marché, il est très à l’aise en anglais. Il fait moins de mouvements, donc il joue plus à l’américaine. Maintenant, quand un humoriste vient à Paris, il nous contacte grâce au bouche à oreilles. 

Avez-vous d’autres projets ?

Je vais faire le Dirty Show au Paname Art Café tous les mercredi à 21h15. On va envoyer des vannes vulgaires. En tant que stand-uppers, on a tous des vannes trash qu’on n’ose pas faire sur scène. On espère que cela va marcher. Après, je vais continuer à faire mes vidéos sur Facebook et je vais réécrire mon spectacle en anglais. Enfin, je travaille sur l’écriture d’un scénario. Je suis déjà en contact avec une boîte de production qui serait intéressé. Le truc, c’est que je veux bien tout préparer avant de le montrer.

Une anecdote marrante qui est vous est arrivée ?

Dans mon livre, je raconte que je suis parti sans payer d’un magasin avec un vélo. Au moment de passer à la caisse. J’ai dit à la caissière « J’ai une vélo », elle pensait que je voulais lui montrer mon vélo. En fait, je voulais l’acheter. Une fois sur scène, je parlais de mon plateau du New-York Comedy Night. J’ai dit « c’est un plateau ou les artistes s’enfilent » au lieu de dire qui se suivent. Tout le monde a rigolé, alors que je ne connaissais pas la signification de ce mot. 

Le mot que vous préférez en français ?

Voilà 

Votre expression favorite ?

« Je m’en bas les couilles». C’est mythique, car j’ai tout de suite l’image qui vient en tête. Il y a aussi l’expression « poser un lapin », c’est magnifique. J’imagine la personne qui arrive et qui dépose discrètement un petit lapin. C’est moins vulgaire que « je m’en bas les couilles » mais c’est de l’art.

 

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Retrouvez dans toutes les libraires le livre de Sebastian Marx Les trépidantes mésaventures d’un américain en France (éditions First)

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Le spectacle de Sebastian Marx à l’Apollo Théâtre. Les Jeudis, Vendredis et Samedis à 20h.

Réservation ici

 

 

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Sebastian Marx anime également le New-York Comedy Night. C’est tous les Vendredis à 20h30, au Théâtre du Gymnase

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