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Urbain: « Mon but c’est de créer ma propre indépendance »

Urbain était venu de Clermont-Ferrand pour écrire des articles sur les jeux vidéos, le rugby et les concerts. Un jour, on lui a dit : « tu veux être payé pour écrire des vannes? » Il a dit oui. Cinq ans plus tard, il travaille pour le site Topito, fait des vidéos sur Youtube, anime les Topito Comedy Night et ambiance la scène du Paname tous les mercredi à 20h.

Louis CK est un modèle qui ressort pour beaucoup d’humoristes. D’où vient ce culte ?

Ce mec a marqué notre génération. J’ai commencé à regarder ça en 2010. Je suis tombé sur un de ses spectacles sur un site de Torrent. J’avais l’impression de découvrir un album de Jimi Hendrix avant tout le monde. Je me sentais ouf d’être tombé la dessus. Grâce à lui, beaucoup d’entre nous se sont lancés dans le stand-p. Je pense que, si tout le monde le cite, ce n’est pas parce qu’il nous a fait rire en premier. C’est juste que c’est le premier humoriste qui avait l’air d’être un gars normal.  

Comment avez-vous atterri chez Topito ?

Je faisais des étude de droit à Clermont-Ferrand. J’ai décidé d’arrêter mes études et de monter sur Paris. En arrivant, j’ai eu le choix entre bosser pour un magazine de rugby ou de bosser chez Topito. J’ai pris Topito. (50 000 personnes sur Facebook à l’époque). C’était énorme pour moi, on m’a dit : « Tu as juste a écrire des blagues ». Le stage est devenu un CDI, puis des vidéos et enfin le Topito Comedy Night.  Je suis trop content de faire partie de ce truc là. On existe sans la télé, on a créé notre propre truc, je ne me rends pas encore compte de l’impact.

Les Topito Comedy Night, comment c’était au début ?

Énorme pression dès le début ! J’ai du animer les premières Comedy Night avec seulement un an de stand-up dans les pattes. Normalement, le « host » est censé être le mec avec le plus d’expérience. Sur les premiers plateaux dans un petit bar, il y avait déjà Donel Jacks’man, Adrien Arnoux, Lenny M’Bunga et Blanche. Cela m’a fait apprendre très vite. Au départ, peu d’humoristes voulaient venir. 

Quand vous parlez de l’actualité, vous essayez toujours de rester objectif ou vous n’hésitez pas a prendre parti ?

Depuis le début, on a toujours dit ce qu’on pensait. Maintenant qu’on est devenu énormes, les gens nous considèrent comme un média, notamment à cause de sites comme BuzzFeed, qui se considèrent comme de réels journalistes. Les gens nous ont rangés avec Konbini et les Inrocks.  On n’est pas des journalistes, on est juste des mecs marrants qui écrivent des vannes. La plupart du temps, quand on donne notre avis, il y a toujours des gens qui vont nous dire : « Vous devez rester neutres ». Mais absolument pas ! On n’a pas de carte de presse, on dit ce que l’on veut. Parfois, on va quand même s’interdire de parler de certains sujets, sinon 1 million de connards vont nous dire qu’on tape toujours sur les mêmes gens. 

Comment voyez-vous votre futur ?

Je veux faire du stand-up, je veux faire un podcast, je veux faire une série, je veux faire cent trucs. Mon but, c’est de créer ma propre indépendance. Fary l’a très bien fait. C’est le premier qui a réussi sans passer par la télévision. Maintenant, il en fait, mais il n’en a pas besoin. Il met ses vidéos sur Facebook et ça remplit les salles. Norman est aussi passé de Youtube à la scène très vite. Moi si je peux me servir de Topito pour créer mon truc.

De Youtube à la scène, comment ça se passe ?

Il y a un vrai décalage entre les trucs sur Youtube et la scène. Ton public n’est pas le même. Ce que je fais sur scène c’est vraiment pas fait pour les enfants de 12 ans. Premièrement, je vais des dires des trucs qu’il ne faut pas entendre et deuxièmement, c’est surtout que je vais les faire chier parce qu’ils en n’ont rien a foutre d’un mec qui raconte qu’il a 29 ans, qu’il va avoir 30 et qui ne sait plus s’il est jeune ou vieux. Si j’ai un spectacle, il sera interdit aux moins de 16 ans. 

Beaucoup d’humoristes se mettent sur Snapchat et vous ?

J’aime bien Snapchat, il n’y a pas vraiment de traces, tu réfléchis moins tu peux dire de la merde. Ça devient débile quand ça s’instagramise et que tout le monde montre ce qu’il veut montrer. Les humoristes sont vraiment marrants dessus. Après, je ne veux pas être le spécialiste. Ce que je kiffe sur internet c’est l’indépendance. Mon but, ce serait de tout faire indépendamment. Par exemple, je ne ferais jamais de DVD. Mon spectacle sera sur Youtube en libre droit et les gens pourront faire des dons.

Qu’est-ce qu’une punchline ?

En trois mots, c’est un mec qui a dit un truc que t’as pensé toute ta vie, mais tu ne savais pas que tu le pensais. La beauté de la punchline, c’est qu’il faut un bon rythme pour la dire. Faire passer tes idées le plus rapidement possible. 

Vous pouvez retrouver Urbain sur le site Topito mais également sur la scène du Paname Art Café tous les mercredi à 20h avec Pierre Thevenoux et au Topito Comedy Night

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