Jeux de Planches

jeux de planches

A l’abri du soleil timide parisien et loin des frasques tumultueuses à la villa Schweppes de nos icônes glam’ bon chic bon genre de la Croisette, le théâtre Pixel accueille la dernière création de la compagnie MERCI.

Le temps de couper CANAL+, fidèle reporter de l’événement annuel cinématographique, je m’assois impatiente dans la petite salle obscure pour découvrir, comme annoncé, cette pièce “violente, drôle, trash, sanglante” .

Installée au 2ème rang je peux percevoir à travers le rideau l’excitation des comédiennes devant l’imminence du commencement du spectacle. Malgré elles, l’expression de leur intention est donnée avant même d’avoir débuter leur performance. Oui, ce qui va suivre se révélera être de l’ordre de la performance, la performance de se tenir debout devant des inconnus en attente, de combattre les diktats imposés par un public et une société hors rapport avec la formulation d’un art polyvalent, de vivre en accord avec ses envies et sa passion, de vivre avec des rêves qui se traduisent en cauchemars, de combattre pour exprimer ce qui nous rend vivant et la performance de révéler une fragilité bouleversante comme la beauté du plaisir d’être et de faire ce que l’on est qui devient la récompense primaire et essentielle à cet être fou et courageux qu’est l’acteur. Oui, “Jeux de Planches” c’est tout cela en une heure seulement. Une heure d’oscillations entre humour et bouleversement, entre légèreté et réflexion, combat et plaisir, porté par deux comédiennes gonflées à bloc de rage, d’énergie et d’autodérision. Un savant mélange de vérités coïncidemment découvert en parallèle avec l’ambiance oisive de la montée des marches quotidienne de la semaine.

JEUX DE PLANCHES

On ne sort non pas touché par l’expérience, mais traversé par ces confessions folles que l’on emporte soigneusement avec nous. On les met sous clé au fond dans notre esprit pour les garder, le temps de rejoindre le métro en marchant avec un rictus persistant au coin des lèvres et une larme perlant au coin de l’oeil. Oui, vivre c’est dur, mais autant en rire. Et finalement ce qui restera sera cette distance prise avec intelligence sur l’intensité de certaines choses exprimées avec ironie et absurdité. N’a-t-on pas rit de la chute ridicule de Madonna sur la scène des Brit Awards, pas sûr que sur le coup elle l’ait pris avec autant de distance que nous… Pourtant la réalité des drames, petits ou grands, est que l’on finit par les surmonter en les pointant du doigt et en se tordant les côtes (de rire, vous l’aurez compris). Alors tentez l’expérience ! Au pire, vous en rirez…!

Jeux de Planches , d’après la pièce de Jean Paul Alègre
Mise en scène Delphine Roudaut
Avec: Alexandra Desloire et Sophie Imbeaux

JEUX DE PLACNHES

Au Théâtre Pixel, Paris, du 15 mai eu 13 juin 2015
A l’Espace Alya, Avignon, du 04 au 26 juillet 2015

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