Kyan Khojandi : « Mon spectacle, c’est comme un premier rendez-vous. »

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De ses premiers pas à Reims jusqu’à son arrivée à Paris, en passant par ses sessions running, Kyan Khojandi se livre dans son spectacle Pulsions. Plus qu’une oeuvre autobiographique, cette production est un vrai divertissement à part entière pour les spectateurs. Alors qu’il repart en tournée, nous avons rencontré un homme épanoui dans son rôle de stand-upper. Preuve qu’il y a une vie après Bref.

Pourquoi as-tu appelé votre spectacle « Pulsions » ?

Mon spectacle parle de pulsions, donc cela me paraissait être un bon titre. Tout tourne autour des pulsions. Cela parle aussi d’intimité. De choses inavouables, un peu taboues. C’est bien dans la comédie d’avoir des choses un peu taboues, cela rend les choses drôles. J’ai autant de pulsions que tout le monde.

« Don’t Stop me now » de Queen est la chanson qui ouvre le spectacle. Pourquoi ce choix musical ?

Cela fait des années que j’étudie la musique lorsque les gens attentent pendant le spectacle. Je travaillais depuis longtemps sur les playlists. J’observe beaucoup le public pendant cette attente. Je pense que tu peux chauffer les gens en mettant une bonne musique qui fédère. Dès que la lumière s’éteint et que « Don’t stop me now » se déclenche, les gens se mettent naturellement à taper dans leurs mains. C’est mathématique. Tu peux être dans n’importe quelle salle du monde, les gens clappent. 

La nostalgie est beaucoup présente dans ce spectacle…

Oui, cela fait partie de notre vie. Après, il n’y a pas que des blagues sur le « old school ». Si tu ne comprends la blague, c’est que tu es vieux. Si tu comprends pas la blague, c’est que tu es encore plus vieux. J’aime bien car cela fait partie de notre culture. Les années 90 sont à la mode.

Comment tu t’es pris pour écrire ton spectacle ?

Pendant deux ans, je suis repassé dans les salles de stand-up à Paris. J’ai travaillé seul avec Navo, mon co-auteur. Pour tester les blagues, pour qu’elles avancent. Qu’elles soient bonnes et efficaces. Il faut savoir se remettre en cause et se prendre des bides, beaucoup, beaucoup trop. J’ai fait les soirées premières fois de Yacine Belhousse. Tu arrives avec un texte que tu joues pendant cinq, sept minutes. Ce genre d’exercice te donne une bonne dose de confiance pour bosser derrière. 

Le stand-up n’est pas nouveau pour toi. Tu es revenu à cela ?

Je n’y suis pas revenu mais venu. Avant de faire Bref, j’avais fait un spectacle qui s’appelait La Bande-annonce de ma vie, avec des blagues marrantes qui ne parlaient pas de moi. Je suis venu au fait de parler de moi dans Bref. Ensuite, c’était compliqué de revenir avec l’ancien spectacle. J’ai ainsi préféré le jeter et en faire un nouveau. 

Quels sont les stand-upper qui t’ont influencé ?

Louis CK énormément. Sa vision des choses, sa philosophie et sa façon de voir les choses, le mec est trop fort. Bill Bear aussi qui est très fort. Il y a un côté très inspirant chez Fary, surtout avec son style vestimentaire. Il représente parfaitement la nouvelle génération avec son côté. Le côté, je fais attention à ce que je mets quand je m’habille sur scène. Quand j’étais plus jeune, c’était Florence Foresti, Gad Elmaleh, Jamel, les Inconnus, les Nuls.

As-tu la curiosité de rechercher ce qui se fait sur Internet ?

Oui, j’aime beaucoup Ludovik et Mister V qui me font beaucoup rire. Il y a aussi Timothée Hochet. Il n’est pas comique, mais c’est un réalisateur qui arrive à faire des choses folles. Dès que je vois quelque chose qui me plaît, je les contacte pour les féliciter. Il faut le faire, faut remercier, car c’est rare.  

Une vidéo de Timothée Hochet

Tu étais présent au spectacle au Théâtre de l’Oeuvre pour le spectacle avec Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld. Tes impressions ?

Gad Elmaleh organisait la venue de Jerry Seinfeld. C’était une soirée un peu privée, il y a peu de gens qui étaient au courant du truc. C’était très agréable de les voir, car ce sont deux maîtres de l’humour. Cela fait toujours du bien de voir les deux sur scène. Voir Gad se remettre en cause et faire son spectacle en anglais, c’est beaucoup de travail. Il l’a fait avec brio. Seinfeld nous a donné une leçon. Cela fait du bien de voir des boss. Là, je repars en tournée, je me dis : te précipite pas. C’est là qu’on prend du plaisir, en prenant son temps. 

Tu parles d’endorphine dans ton spectacle. Tu cours toujours ?

L’endorphine est la meilleure drogue au monde, car elle est calibrée parfaitement par ton corps. Il y a un petit chimiste dans ton corps qui te donne la dose parfaite pour que tu aies un flash de bonheur. Je me suis rendu compte que cela rendait heureux de courir. C’est pour cela qu’on était heureux quand on était gamins c’est parce qu’on courrait tout le temps. En fait, quand on était gamins, on était tous défoncés. On ne faisait que des trucs de défoncés. On dort quand on veut, on mange sucré. On est amis avec tout le monde. On regarde des dessins animés. Le sport te permet t’encaisser les tournées plus facilement. 

Comment perçois-tu l’évolution des comportements avec les nouvelles technologies ? 

Je trouve que les comportements n’ont pas évolué. On a beau avoir Tinder, ce n’est pas parce que la personne te matche que tu vas lui parler. Donc la timidité reste la même. Ces applications flattent ton égo, mais derrière, il ne se passe pas grand chose non plus. C’est plus un truc genre « ah c’est cool, tant de personnes m’ont matché ». Après, tu ne parles pas aux gens derrière. Le concept de mon spectacle, c’est comme un premier date. Les gens me rencontrent pour la première fois. J’essaie de donner envie pour qu’il y ait un deuxième. 

Dans votre spectacle, tu fais référence à ta célébrité…

On me fait souvent des réflexions du style « Il fait plus gros à la télé ». D’ailleurs, on me dit souvent « tu ressembles au mec de bref » ou « cela fait quoi de ressembler au mec de bref ». Je m’en amuse et  je ne dis pas que c’est moi, même si je lui ressemble. 

 

Merci au café Les Beaux Gamins pour leur accueil.


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Le Facebook de Kyan Khojandi 

Son compte Twitter

Infos et réservations pour la tournée par ici

 

18 Novembre : Sérignan / 24 novembre : Lyon / 25 novembre : Nice

Du 28 novembre au 2 décembre : au Casino de Paris 

7 décembre : Bordeaux / 13 décembre : Caen / 15 décembre : Plougastel

16 décembre : Choisy-Le-Roi / 19 décembre : Woluwe-Saint-Pierre

 

 

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