L’Edito de la semaine

Edito

C’est affalée au fond de mon canapé vêtue d’un jogging en plein après midi, que je réalise l’imminence de l’ouverture de la 68ème édition du festival de Cannes.
Un contraste vertigineux entre le quotidien un brin déprimant et la vie étincelante des tapis rouges et autres réceptions mondaines, un fossé marqué seulement par la finesse de mon écran plasma, HD, LED, rétina ou autre définition de technologie dernier cri. A peine quelques centimètres semblent me séparer de l’oisiveté cannoise, de parures Boucheron, de récompenses dorées et ne l’oublions pas, de la mer !
Oui le truc qui manque à Paris, et qui se fait d’autant plus sentir à l’approche des beaux jours, c’est bel et bien la mer et son farniente les pieds ensablés face au grand bleu à siroter une bonne caïpiroska (variable selon les préférences) avec pour seul impératif de ne pas louper le coucher de soleil sur la plage. On ne va pas se mentir, les vacances doivent se résumer à zéro contraintes, sinon c’est une illusion de repos, un mensonge, comme ma télé qui me fait croire que le rêve est à ma portée ! Seulement si je l’éteins je me rends bien compte que je n’ai pas de vodka au freezer, que la plage la plus proche n’ouvre pas avant le mois d’août et que le soleil disparaît dans les nuages avant même d’avoir atteint l’horizon.
Mais alors qu’un écran s’éteint, un autre fait surface. Mon ordinateur m’appelle et me susurre des promesses alléchantes de divertissements, d’informations à l’infini, de shopping virtuel et de voyages par procuration. Je succombe. Je me perds dans les tréfonds perfides d’internet en frôlant la damnation…douce délectation ! Je m’apprête à signer mon pacte avec le Diable, quand ma connexion me fait défaut ! La rage transite rapidement dans mes veines balayant toute once de calme et de sérénité sur son passage, me laissant seule en jogging les yeux révulsés et des plaques rouges apparaissant dans mon cou. Plus d’internet, donc plus de télé non plus, car dans notre monde moderne où tout est si bien pensé, que tout dépend de tout, à tel point que si un élément s’écroule tout s’effondre.
Comme l’effet domino semble dominer le monde, une fois encore j’abdique face aux éléments et me laisse aller à la matérialisation de cette théorie au beau milieu de mon salon avec des livres. Une exécution qui s’avéra particulièrement compliquée avec certains livres de poches trop souples pour tenir debout, mais c’est un détail ! Le château de carte aurait sans doute pris beaucoup moins de place, mais allez savoir, « L’obstination a ses raisons que, définitivement, la raison ignore ! » Et puis la démesure c’est plus fun ! C’est seulement après avoir vidé ma bibliothèque que je réalise l’absurdité de la situation. Tellement angoissée à l’idée que la lassitude ne guide ma journée, que je passe à côté de la simplicité et de l’essence même des objets qui m’entourent. La lecture de tous ces livres aurait suffit à m’occuper pour les trois mois à venir ! Directement confrontée à ma stupidité, j’ai décidé de quitter mon jogging, de sortir de chez moi, d’improviser ma vie quand elle m’ennuie et de quitter Paris le temps d’une nuit ! Coupez vos écrans et sortez en vous laissant guider par l’inattendu…! Y a même des pros pour ça ;)

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