Marie Desroles : « Le stand-up permet de rire de nos défauts. »

Crédit Photo: Thomas O’Brien

Marie Desroles joue son spectacle Positive au Point Virgule. Une forme de consécration qui vient récompenser 10 ans de carrière dans le stand-up. Son énergie qui submerge la scène nous transporte entre Melun et la Réunion, ses origines normandes et réunionnaises, du harcelement de rue, ou de la fois où elle a joué dans une Pizzeria à Orleáns pour un anniversaire. 

A quand remonte votre passion pour la comédie ?

Marie Desroles : Quand j’étais ado, on avait monté une troupe dans mon quartier pour pouvoir faire du théâtre. Cela nous ainsi permis On pouvoir partir 15 jours de vacances en échange on faisait deux représentations de théâtre dans notre quartier. 

J’ai fait un Master en Sociologie. J’étais partie un an en Angleterre pour me bourrer la gueule pendant un an dans la banlieue de Manchester, les montagnes, la neige, la pluie, la dépréssion quoi. C’était pas vraiment une année Erasmus, plus une année « Droguasmus » ahahah. 

Une fois le diplôme en poche. Je devais être embauché dans cette boîte de logistique avec un salaire de 3000 euros par mois à la clé en junior. Ma vie était tracé, cela pouvait être classe mais j’allais au travail avec la boule au ventre. Je me suis dit « Là je vais bosser jusqu’à mes 60 piges, au pire tu vas finir directrice d’une filiale ».

Donc je me suis laissé dix ans pour faire ce que j’ai envie. C’est un peu venu comme cela, je pense que cela vient de ma répartie.  J’étais moche petite. Il fallait avoir beaucoup de répartie pour pouvoir en rire. Ensuite, j’ai fait des petits stages de seul en scène

D’où vient le spectacle Positive  ?

Pour pouvoir rire des choses de la vie. J’ai une vie de merde mais comment cela m’a donné de la force et ce qui fait que je suis là aujourd’hui. Heureuse et épanouie grâve à cette vie de merde. J’ai pu positiver et éviter la dépression. 

Que représente cette salle pour vous  ? 

C’est un aboutissement de dix ans de travail, au moment où j’ai un spectacle qui me plaît vraiment. Une marche qui me fait grandir un petit peu. Le plus marrant c’est que je désirais jouer ici en cachette. Quand j’ai discuté avec Antoinette Colin, la directrice artistique du lieu. Je me suis dit, ils ne vont pas me la filer. Je ne suis pas assez connue et pourtant j’ai eu cette opportunité. 

 


Cela fait 10 ans que vous faites du stand-up. Votre avis sur l’évolution de cette discipline et votre carrière?

Ces dix dernières années, il y a une belle évolution de notre discipline. On peut voir par rapport aux sujets abordés depuis 20 ans. Je sais que je suis encore une enfant de 10 ans. Le stand-up je le vois comme la première fois que tu montes. Au début, je montais sur scène énervée. Aujourd’hui, je monte avec la même agressivité mais je la gère avec un sens positif. Le fameux bon stress. Aujourd’hui je cherche moins à me faire aimer, j’ai des choses à dire. 

Vous parlez de la condition des femmes dans ce spectacle. La féminisation du stand-up est-elle en bonne voie ?

On commence à être de plus en plus nombreuses et plus entendues maintenant. Le stand-up c’est un microcosme qui représente quand même la société globale. On reste quand même dans une société patriarcale et on sent encore cette influence mais il y a une nouvelle génération qui arrive donc les femmes commencent à trouver leur place.

On est montés sur scène, devant nous il y avait des enfants de 3 à 5 ans. L’un deux criait « chiquette », je pensais que c’était un membre du groupe Sexion d’Assaut.

Il y a un passage sur La Réunion dans le spectacle. C’est un endroit où vous aimeriez jouer plus ?

C’est une de mes perspectives de carrière. J’aimerais bien faire du développement dans les DOM-TOM afin de faire jouer mon côté réunionnais. Pour une fois qu’être noir cela peut être positif ahah. Le rêve serait de pouvoir faire six mois à Paris et six mois à dans les Dom-Tom. On peut déjà y retrouver des humoristes même si il ne sont pas connus dans l’hexagone. Après, c’est un humour qui est moins stand-up, les humoristes jouent plus des personnages. En Martinique, il y a un pote à moi Gilles Saint-Louis qui cartonne. Quand il revient en France, il remplit des salles des salles de ouf. 

Le Beau Gosse … ou pas !

C'est toujours la même chose quand tu crois rencontrer l'homme de ta vie … #Deception MDRRRTag 3 déceptions

Publiée par GSL – Gilles Saint-Louis sur Mardi 8 mars 2016

Vous faites des formations de stand-up là-bas ?

Je fais des formations pour des jeunes en réinsertion en Martinique. Le but de cette formation c’est de bosser avec eux pendant une semaine. On leur apprend les ficelles d’écriture et d’ortographe de l’humour. A la fin, ils jouent le sktech pendant trois minutes devant le Maire, leurs parents et la mission locale.

Lors d’un stage en Martinique, il y avait un petit que j’ai coaché et qui a été la plus grosse réussite de ce stage. Il était diabétique mais le mec n’osait pas me le dire. Je l’ai aidé à écrire tout un sktech sur le diabète qui a cartonné. Le stand-up permet de rire de nos défauts.

Quels sont les personnes qui vous ont donné envie de faire ce métier ?

Ayant grandi en Normandie, je n’étais pas très humour américain. Les premiers qui m’ont fait rire ce sont Elie Kakou ou Elie et Dieudonné. Ensuite Gad Elmaleh et Jamel. Dans les meufs c’était Muriel Robin ou Florence Foresti. 


Votre anecdote la plus marquante sur scène ?

Je jouais seulement depuis trois mois et j’étais parti jouer dans un centre dans dans le 19eme arrondissement de Paris. Ce jour-là, juste avant il y avait eu un concert de Sexion d’Assaut. On jouait sur une scène qu’ils avaient monté à la sortie du métro. On était sur un rond-point. Le présentateur a dit « Maintenant ce qui arrive c’est comme le Jamel Comedy Club mais ce n’est pas le Jamel Comedy Club. »

On est montés sur scène, devant nous il y avait des enfants de 3 à 5 ans. L’un deux criait « chiquette », je pensais que c’était un membre du groupe Sexion d’Assaut.Je lui dit « Mais Chiquette a déjà joué ». Maintenant, c’est à nous. Un petit dit « Non chiquette, cela veut dire que t’es pas marrant ». Tous les petits faisaient « Pas marrants, pas marrants ». J’ai vraiment cru que j’allais faire un meurtre de plein d’enfants. Avec le recul c’était marrant.

          Marie Desroles joue le mardi à 19:00 au Point Virgule

Marie Desroles

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