Maxime Gasteuil : « J’écoute beaucoup SCH »

Maxime Gasteuil

Débarqué de Gironde pour faire marrer la capitale, Maxime Gateuil n’a pas souffert du mal du pays. En effet, il s’est adapté aux transports en commun et au rythme de vie. Avec brio, il a passé le test artistiquement parlant, avec des dates dans plusieurs salles parisiennes et une tournée dans toute la France. Entretien avec nouveau parisien.

Raconte-nous comment tu t’es retrouvé dans le milieu artistique. 

Par envie. J’aimais ça depuis tout petit et je suis monté à Paris pour faire ça ! L’humour n’était pas le premier leitmotiv. J’ai fait du théâtre, j’ai suivi les cours Simon pendant 3 ans. J’ai joué dans une pièce pendant deux ans, qui a bien cartonné. Puis, entre-temps, je faisais des scènes ouvertes pour le one man show. Je jouais 5 minutes. J’ai joué pendant un an au Café Oscar, puis j’ai écrit mon show. 

Tu avais poursuivi toutes tes études en ce sens ? 

Non, j’ai fait des études de commerce, mais pourries… C’était le genre d’études avec lesquelles tu finis par vendre des lave-vaisselle ! J’étais nul à l’école, j’allais là où on me prenait. J’ai su que j’étais fait pour l’humour, le jour où j’ai fait mes premières cinq minutes. J’en étais persuadé mais tant que tu ne le fais pas, tu ne sais pas en fait. En poussant des portes et en le faisant, je me suis dit, c’est ça ma vie. 

Sur scène, tu incarnes le personnage d’un provincial qui a quitté son village de campagne pour la ville. Les situations  que tu racontes, sont vécues ou des clichés? 

Tout est vécu. Après je tire un petit peu le trait. Le sketch où je parle d’un patron commercial, ce patron a réellement existé. J’ai grossis le trait au stabilo fluo ! Le mec de la chemise, c’est pareil. J’ai rencontré le mec qui tenait la boutique. T’arrives, tu repars avec 10 chemises ! Elles ne t’ont pas plu mais tu repars quand même avec. Tous les personnages, dont je parle sur scène ont existé. Je le dis deux trois fois pendant mon spectacle et les gens ne me croient pas ! (RIRES)

Tu débutes ton spectacle en faisant référence à Alain Juppé qui serait selon toi, son premier comique. Est-ce que tu as eu des réactions du maire en place ? Est-ce qu’il est venu voir ton spectacle ?

Il n’a pas encore vu mon spectacle. Je pense que si je joue à Bordeaux, il viendra. Il a failli venir. Mais en tout cas, il est au courant. Ils sont très fiers au village et très contents de l’essor que ça prend. Je ne tape sur personne. Je tape autant sur ma vie parisienne, que sur mon ancienne vie lorsque j’étais à la campagne. Il y a un vrai équilibre. Et puis je n’en veux à personne, c’est juste mon ressenti personnel, comment j’ai vécu ça, pourquoi j’ai fait ça, comment je m’en suis sorti de là bas et comment je m’en sors de cette vie un peu plus rapide et un peu plus mouvementée parisienne.

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Alain Juppé l’ambianceur des maisons de retraite (Source : Compte Instagram @bonjourinternet)

Tu décris avec beaucoup d’humour, tes péripéties dans le métro parisien. As-tu réussi à te réconcilier avec ce mode de transport ?

Je me suis réconcilié parce que je le prends moins et parce que je me suis acheté un scooter. C’est comme si j’étais allé voir un psy. D’ailleurs, je vais en parler dans mon spectacle. (RIRES) Tout s’additionne ! Tu quittes ta ville, tu quittes ta famille, tu quittes tes potes. T’arrives à Paris, ça va plus vite ! Y a vraiment des gens extraordinairement fous. Le métro,  la reprise des études, alors que t’en avais déjà fait (j’étais dans la vie active avant de faire ce métier là.)  Tu fais des cours de théâtre, l’après –midi tu retravailles, tu reprends une nouvelle vie. Alors en plus du métro, il y a tout ça. Il y a des transports en commun partout en France. Je prenais le tram à Bordeaux. Mais ici, c’est vraiment très dense ! Il y a du monde, c’est vraiment le reflet du transport en commun, de toutes les critiques qu’on peut faire en France ! J’ai jusqu’à été prendre le bus, pour voir ce qu’il se passait dehors. Même si c’était plus lent, au moins j’étais à la fenêtre et je pouvais regarder ce qu’il se passait dehors !

Tu critiques également les boîtes parisiennes ? (prix des bouteilles de champagne, discrimination à l’entrée etc)  Es-tu retourné depuis ?

Je sors moins, parce que j’ai moins le temps vu que je joue et que je termine tard !

Et à Saint Emilion ?

Je suis en famille ! Il n’y a pas grand chose à faire là bas…  Une fois que t’as fait le tour du village, ça dure un quart d’heure et c’est terminé ! (RIRES)  C’est une ville très attrayante, surtout l’été,  pour le vin, les expos etc…  Mais j’y vais pour voir ma famille, ma petite sœur, puis mes potes à Bordeaux. J’ai un pote qui a un resto. Donc on descend souvent chez lui ! Puis il y a la mer, l’océan, à côté ! Et les Pyrénées pas loin. Mais bon, je n’ai ni maison de vacances à la mer, ni de maison de vacances au ski. (RIRES)

Tu es monté à Paris pour ton rêve artistique et les filles. Niveau artistique, la mission est accomplie. Qu’en est-il des filles ? As-tu réussi ta deuxième mission ?

Ce n’est pas qu’il faut du temps, mais je n’en n’ai pas. Je suis vraiment à fond dans mon travail. Je ne suis pas fermé à faire des rencontres. J’ai plein de potes qui font du stand-up pour ça, c’est un effet de mode. J’ai des potes, ils sortent de leur salle pour dire au revoir comme moi, mais pas comme moi, ils disent au revoir aux filles ! (RIRES) Je vais trouver mais pour le moment, mon entêtement principal, c’est le spectacle et faire plaisir au plus de monde possible !

Les parisiens n’ont pas de télévision et préfèrent la lecture selon ton spectacle. Fais-tu partie de cette catégorie de personnes ?

Non ! (RIRES) C’est une critique, par rapport à une situation vécue. J’étais en soirée , on parlait de plein de trucs de télé… Puis un mec a mis un stop et il m’a dit, d’un air très hautain : « Je n’ai pas la télé, moi je lis ! » Tu lis, casse pas les  * , tu fais ce que tu veux ! Je lis, mais je pense que le dernier livre que j’ai lu c’était en 3ème ! J’aime bien les biographies, j’ai lu le livre de Depardieu il n’y a pas longtemps ! J’aime bien aussi les livres de voyous.

Entre participer à une émission de télé réalité ou écrire un roman, que choisir ?

J’opte pour l’écriture d’un roman ! Je n’ai rien contre le fait de faire de la télé réalité ! Il faut vivre avec son temps ! Plein de gens les critiquent, ça prend beaucoup de place en télé, ça abrutit peut-être les gens, mais ce sont des gens qui partent en vacances pour se faire payer. Ils n’apprennent peut-être rien, mais ils voient d’autres pays, d’autres cultures. Ce n’est pas mon truc car il y a une tarification de ces gens sans talent en fait ! Juste parce que t’as des gros ***** pendant 15 jours dans une maison, t’es devenu une star, je trouve ça hallucinant ! Nous, en tant qu’humoristes, on se fait chier à mettre du contenu sur les réseaux. A la télé réalité, il y a un vrai pouvoir. T’as des mecs sans talent qui sont connus grâce à ces trucs là. Ils ont un million de fans sur Instagram et tout ! Je trouve ça fou ! On se tarifie à ça et c’est ça qui est fou de nos jours !

Tu incarnes une multitude de personnages, en particulier le Dj de la boîte du Phoenix de ta ville d’origine et le chant occupe une place importante dans ton spectacle. Aurais-tu eu envie de te tourner vers une carrière de chanteur ? 

J’adore la musique, j’ai toujours été fasciné par le fait d’ambiancer autant de personnes dans un lieu, et ça correspond au métier de DJ ! Quand on monte sur scène, on passe 5-10 minutes pour défendre ce qu’on a écrit. Le DJ va jouer les morceaux d’autres personnes, en faisant un truc assez équilibré, assez éclectique, J’ai toujours été fasciné par ça. Les DJ de la ville où j’ai grandi, ce sont des mecs t’as l’impression, une fois qu’ils ont posé leur pied dans la boîte de nuit, le temps s’est arrêté, c’est leur vraie vie. Sinon je ne sais pas chanter mais j’adore chanter! (RIRES)

Quelles sont tes références musicales ?

Je suis fan de rap américain et en français en ce moment. C’est comme SCH , il a amené un vrai courant dans sa façon de raper.  C’est tout un personnage ce mec-là. Même dans ses clips, il y a un vrai univers, et ça ne m’étonne pas que ses clips fassent des millions de vues.

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Retrouvez Maxime Gasteuil en tournée : 

Le 14 et 15 septembre à Rouen, au théâtre de l’Ouest, 

27 septembre au 29 décembre  à Paris, au théâtre Le République

Le 30 novembre au Théâtre le Ponant à Pacé

Son compte Facebook et Instagram 

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