Noman Hosni, l’amour et la violence

noman-hosni
Photo : Noman Hosni

Après plusieurs années dans le stand-up, Noman Hosni est pleine forme. L’humoriste joue actuellement son spectacle Breaking Dad dans lequel il aborde avec beaucoup d’ironie sa paternité, son rapport à la violence et la question du cannabis. Entretien avec un humoriste qui boxe avec les vannes.

Tout d’abord pourquoi avoir choisir d’intituler votre spectacle « Breaking Dad » ?

Je suis un grand fan de la série Breaking Bad qui parle de drogue. Mon spectacle parle de paternité donc le mot « dad ». Comme mon spectacle parle de paternité et de drogue, j’ai voulu l’appeler « Breaking Dad ». A savoir que la paternité et la drogue ne vont pas du tout ensemble mais le temps d’un spectacle d’une heure, j’associe les deux. A savoir que la paternité est bien plus acceptable quand tu es drogué.

Vous jouez parfois en anglais. Seriez-vous prêt à faire un spectacle entièrement dans la langue de Shakespeare ?

Au dela de la langue anglaise, il y a la culture. Du coup, je veux pas me contenter de traduire un texte et de l’apprendre par coeur. Ce serait pas mon délire. Je voudrais  maitriser la langue. Je veux être un conteur et toucher des gens en mettant une touche de poésie humoristique. Cela passe par apprendre les jargons, les tons. Si je fais une meuf en français je vais faire un type de meuf mais si c’est anglais, pour un américain le jeu sera différent. Ensuite, il y a parfois comme un changement de personnalité. Ensuite, il y a la culture anglo-saxonne qui est différente. J’ai envie de faire un autre stand-up, et cela commence à arriver gentiment mais c’est pas notre culture. J’aime jouer en anglais car dès le départ, ils ont les codes. Je travaille dessus énormément, cela passe par des lectures. J’ai envie d’être connecté avec les gens. Quand tu arrives à le faire dans une langue qui n’est pas la tienne, c’est impressionnant. J’ai vécu cela quand j’ai fait de l’humour en Suisse. Après avoir vécu 10 ans là-bas, j’étais Suisse. J’ai embrassé cette culture. 

Dans votre spectacle vous parlez de baston. Quel est votre rapport à la bagarre ?

Je me considère comme une personne  plus que pacifiste. La pratique des sports de combat m’a souvent permis de ne pas blesser trop la personne qui m’agresse. Je fais pas la promotion de la violence mais le droit à chacun de pouvoir se défendre en cas d’agression. Surtout j’avoue que les sports de combats, procure un plaisir, je m’amuse a ressortir cet instinct quand a en nous. Après on vit dans une société où on dit qu’il ne faut pas aller vers la violence mais beaucoup de gens aiment les films d’actions. Au fond de nous on a cela, donc faire des sports de combats nous permet de tout relâcher. Faire des sports de combats, ce n’est pas une démarche agressive. Au contraire, la plupart des gens que je connais qui font des sports de combats ce sont les gens les plus pacifistes. Cela permet de moins se battre. C’est quelque chose d’utile. C’est une discipline qui devrait être enseigné à l’école au même titre que le ping-pong ou l’athlétisme. 

Une autre question abordée dans votre spectacle et dans votre web-série Brèves de pétard, c’est celle du Cannabis. Pourquoi avoir choisi d’en parler sur scène ?

Je pense que c’est un problème culturel. Le problème c’est pas qu’on en parle assez ou pas mais comment on en parle. Je pense que le sujet est mal traité. C’est tout de suite présenté comme un sujet grave. Comment expliquer que dans certains pays, c’est entièrement normal et légalisé et pas dans d’autres. Regardes comment on est offusqués quand on parle de l’alcool qui est interdit en Arabie Saoudite, les gens s’offusquent. Quand tu dis que tu fumes le gens te voient comme un toxico qui fume toute la journée. C’est sûr que si tu fais toute la journée c’est compliqué au même titre que l’alcool. Fumer un joint de temps en temps, je ne trouve  que cela fait de toi un délinquant. Je vois cela comme un problème marketing. McDonald est côté en bourse alors que ce n’est pas le meilleur restaurant pour la santé. Le cannabis a des vertus médicales pourtant on ne voit que les côtés négatifs. 

Un épisode de brèves de pétard avec Hugo Tout Seul

Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de faire le métier depuis qu’il a commencé ?

J’ai l’impression que plus j’avance dans ce métier et plus j’ai besoin d’être honnête, je ne cherche pas a être diplomate. Je fais cela en essayant de susciter une empathie du public.Quand tu vois un couple qui se dispute, cela peut vite être très marrant. Avant j’essayais d’être tout terrain. Aujourd’hui je cherche à être moi, De toute facon je sais que je ferais de la scène toute ma vie. Autant être le plus honnête et sincère possible. C’est comme un sport extrême l’honnêteté. Au début cela fout l’adrénaline car il faut assumer ses opinions. Aujourd’hui c’est cela qui est intéressant. Comme on a peur du jugement du public, on a tendance à s’autocensurer. On veut surtout plaire au maximum. Je ne veux surtout pas faire l’erreur d’enfoncer des portes ouvertes. 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Ceux qui m’inspirent sont ceux qui font partie de ma vie et les gens que j’ai pu rencontrer. Je reviens du festival d’Édimbourg (un des plus gros festival d’humour au Monde ndlr), j’ai découvert le nouveau show d’Ari Shaffir, qui s’appelle « Jew » (Juif en anglais)  je vous invite à voir ses spectacles sur Netflix. Dans ce spectacle, il nous raconte son parcours et le fait qu’il se destinait à être rabbin. Il prévient son auditoire dès le début. Il dit si vous êtes croyants, que vous soyez chrétiens, musulmans ou juifs vous risquez d’être très choqué par ce spectacle. C’était très drôle et très instructif. Un peu comme un cours de religion tout en étant très drôle. Je citerai également Joe Rogan qui a deux passions en commun avec moi : le cannabis et le MMA et qui a des textes parfois métaphysiques. Sinon, j’ai été voir The Book of Mormon, une comédie musicale très marrante. Ensuite, j’ai découvert un dessin animé sur Netflix intitulé Big Mouth. 

Enfin quelle est l’anecdote qui vous a le plus marqué sur scène ?

 Je jouais dans un foyers pour mineurs en Suisse, un peu comme une mini-prison. Quand je suis arrivé, ils se sont montrés limite insultant puis tu commences à en vanner un, tout le monde se marre. A la fin du spectacle, ils ont voulu faire des photos avec moi il y en a qui m’ont demandé comment j’avais fait pour être humoriste. Cela m’a touché. J’espère en croiser l’un d’eux un jour qui aura fait de l’humour. Il y a quelque chose de bon d’inspirer les gens sur une voie positive. 

noman-hosni

 

Retrouvez Noman Hosni pour son spectacle Breaking Dad au Point-Virgule du jeudi au samedi à 21h15, à partir du 6 septembre. Il est également présent dans les comedy clubs parisiens dont le Paname Art-Café.

Il présente sa série « Brèves de pétard » qui arrive avec une deuxième saison.

Retrouvez-le sur Facebook et Instagram

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *