Oldelaf : « L’humour crée une instantanéité très forte »

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Il n’a pas joué dans La Reine des Neiges et pourtant Oldelaf a fait son petit bonhomme de chemin. Sa carrière solo a décollé avec son titre La Tristitude. Des chansons à textes, piquantes, acidulées, drôles mais bien souvent touchantes. Oldelaf revient avec un nouvel album, Goliath, prévu le 23 février prochain. Le géant des mots et des histoires loufoques pourra donc partager ses chansons avec son public. Nous nous sommes entretenus avec lui, à quelques heures de son passage sur la scène, pour la Grande soirée de l’improvisation, prévue à Bobino.

Vous allez sortir votre nouvel album le 23 février prochain, qu’est ce qui nous attend dans ce nouvel opus ?

C’est un album qui s’appelle Goliath, c’est mon troisième album solo. On va retrouver des chansons mixtes et souvent teintées d’humour, au grès de ce que j’ai à dire et pour essayer de faire en sorte que le monde pique un peu moins. Beaucoup d’arrangements, des arrangements plus léchés, des cordes, claviers vintage. Il y a aussi un vrai orchestre qui est sur cet album, c’est la petite nouveauté !

C’est un album plus personnel ou comme les précédents on retrouvera des sujets existentiels sur la vie comme « Le café« , « Le sparadrap » ou encore « le kleenex« ?

Les deux ! Selon moi, pour qu’un album soit personnel, il faut qu’il y ait de l’humour. L’humour c’est fondamental pour dire les choses et souvent des choses plus graves, finalement. Comme je n’aime pas trop le premier degré brut de décoffrage, ça me permet de dire des choses parfois plus violentes.

Vous trouvez que l’humour change la relation avec votre public pendant les concerts ?

Oui ! Pour plusieurs raisons. L’humour crée une instantanéité très forte. On sait de suite si ça plait ou ça ne plait pas. Et à côté de ça, le fait de faire rire en faisant de vraies chansons, de vrais arrangements, sans faire de la chanson « pouet pouet », c’est un outil de langage et d’expression pour pouvoir dire des choses. 

 

Pourquoi ce titre d’album « Goliath » ?

Goliath c’est évidemment ce géant de la Bible terrassé par David. J’y fait référence dans une chanson qui clôture l’album. C’est un personnage intéressant parce qu’il représente tout le mal qui nous fait peur. C’est une métaphore sur la société et sur les gens qui peuvent nous diriger et l’espoir de les terrasser un jour, de se sortir de certaines oppressions et de ce sentiment d’être vraiment pris pour des cons par des dirigeants de la classe politique. Et à côté de ça, il y a cette facette du personnage « géant fragile », et je me demande à travers mes chansons, est-ce qu’on ne serait pas tous un peu Goliath ? 

Je me pose beaucoup de questions sur moi même. Est ce que j’agis bien ? Est ce que je pollue quand je prends ma voiture ? Est ce que je fais du mal quand je mange de la viande ? Alors que finalement je n’ai pas forcément envie d’arrêter de faire ces choses-la. J’ai toujours été attiré par les antihéros. Je suis fan de Pierre Richard, d’Alain Souchon. Ce ne sont pas des gens qui roulent des mécaniques et qui se prennent pour des superstars. Je n’aime pas ça. Donc quelqu’un qui apparait comme à la base géant et qui montre ses faiblesses, je vais le trouver touchant, par sa défaite. C’est ce qui le rend humain.

Est ce qu’on peut avoir un ou deux titres de votre futur album, une petite mise en bouche ?

Oui il y a plusieurs titres qui peuvent résumer un peu l’esprit de cet album. Des chansons comme L’amour à l’hotel Ibis, Le coeur se mouille, une autre chanson beaucoup plus sérieuse Plan de tomates. C’est un titre assez militant. Et une autre chanson que j’aime beaucoup qui s’appelle L’orgueil. Je ne veux pas être donneur de leçon mais j’espère proposer une réflexion. Mais je ne veux pas donner de réponse sur quoi que ce soit.

Pourquoi avez vous choisi le crowfunding pour produire votre album?

Ce n’est pas la première fois que je le fais, mais la particularité sur cet album c’est que j’en suis le producteur. Mais ce côté participatif m’a permis de m’apercevoir d’une chose incroyable. Le fait que chaque participant se sente producteur. Il y a une force, une communauté et je rencontre énormément de gens qui me disent « On est avec toi ». C’est marrant parce que ça peut être des amis proches comme des gens que je ne connais pas. Parfois des gens connus participent pour dire « on fait partie de l’aventure de cet album ». Ce sont des choses auxquelles on ne pense pas au tout début. On pense d’abord au besoin d’argent et en fait il y a vraiment autre chose, toute une communauté qui devient productrice de l’album.

Cette aventure du crowfunding doit rendre l’ambiance encore plus particulière en concert…

Oui ! On a eu le plaisir de commencer à présenter quelques chansons du prochain album sur scène, et elles ont été bien accueillies. Mais à partir du moment où ils auront le nouvel album entre les mains, qu’ils connaitront les paroles par coeur et qu’ils chanteront à l’unisson, ça sera vraiment une même voix. J’ai toujours voulu faire de la chanson populaire. C’est pas du tout une insulte pour moi. J’aime pas imaginer faire de la musique pour une niche de gens, les plombiers chauves de 35 à 38 ans du Maine et Loire. Pour les jeunes, pour les vieux, qu’importe j’aime les chansons qu’on chante. Et quand je vois toute une salle qui reprend toutes mes chansons ça me fait vraiment quelque chose. 

Votre public ressemble plus au fan club de Michel Drucker ou à des « Filles qui s’appellent Valérie » ?

Non j’ai la chance que mon passage chez Michel Drucker ou même chez Dave n’ait pas changé mon public.Il y a vraiment tous les âges. Parfois les gens viennent avec leurs enfants donc j’ai des gamins de 8 ans au premier rang. Tout le monde ne prend pas les mêmes choses dans les chansons, c’est ça qui est marrant.

Est-ce que la ville de Nogent-le-Rotrou est prévue dans la tournée ?

J’espère bien passer à Nogent-le-Rotrou (rires) ! On y est passé il n’y a pas très longtemps. C’est toujours un plaisir ! Il y a pas mal de villes que je vanne dans mes chansons mais j’aime ces endroits-là. Il y a un côté très fort. Les gens sont souvent attachés à leurs terres, mais même si ils en rigolent y a une vraie force, que ce soit Nancy ou Courseulles-sur-mer j’adore ces endroits.

En attendant la sortie de l’album, vous continuez à monter sur scène. Ce lundi 15 janvier vous serez sur scène à Bobino avec votre compère Alain Berthier dans le cadre du Festival de l’humour de Paris. Qu’est ce qui nous attend ?

Oui ça sera « La grande soirée de l’improvisation ». Donc on a prévu des passages improvisés avec les gars du grand Show Time. On va vraiment faire des chansons improvisées, des sketchs en impro pure. C’est quelque chose qui ne nous fait pas trop peur parce qu’on l’a déjà fait. Je me suis déjà retrouvé à faire des matchs d’impro avec mes équipes, et on aime bien apprendre avec Alain Berthier.

On peut aussi vous voir devant la caméra. On vous a vu dans la série Hero Corp et dans la série de Tom Villa  Sans mensonges. Vous allez continuez ces rôles ?

C’est hyper drôle je me retrouve à faire le comédien. En ce moment je suis sur une chaîne qui s’appelle Star force sur le web avec Yann Stotz. C’est hyper agréable parce que j’ai pas la pression donc je le fais dès que ça se présente et c’est que du bonheur !

Le nouvel album d’Oldelaf Goliath, sortira donc le 23 février prochain, suivi d’une tournée à travers toute la France.

En attendant il ne se laisse pas abattre et continue la scène en compagnie d’Alain Berthier pour leur spectacle « La folle histoire de Michel Montana » mais aussi dans le cadre de certains festivals d’humour. Pour voir le duo sur scène rendez-vous ce lundi 15 janvier à Bobino pour la Grande Soirée de l’improvisation dans le cadre du Festival de l’humour de Paris. 

Retrouvez toutes les dates sur son site officiel: http://oldelaf.com/

impro

 

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