Panayotis Pascot : « Le stand-up est un art très complexe »

@Emma Birski

Panayotis Pascot est un talent précoce. À l’âge de 12 ans, le comédien a démarré en réalisant des entretiens filmés. À 17 ans, il a rejoint Yann Barthès l’année de son bac. Le natif de Saint-Etienne continue de réaliser des vidéos sur le net, mais se concentre désormais sur sa le stand-up. Avec l’aide de Fary, il écrit ses premiers sketches, en attendant son premier spectacle. 

Vous êtes né à Amiens ?

C’est faux, je ne suis pas né à Amiens mais à Saint-Etienne. Je n’ai jamais modifié cela sur Wikipedia car cela me fait rire. C’est une erreur. Je ne devais pas naître à Saint-Etienne, mes parents étaient en déplacement et ils ont fini à l’hôpital de Saint-Etienne. Je suis donc Stéphanois par hasard. J’ai grandi à Bondoufle dans l’Essonne.

Comment êtes-vous atterri dans la comédie ?

Je fais partie de la génération qui a grandi là-dedans. Je faisais des vidéos sur Internet, depuis mes 12 ans. J’ai la chance de faire partie de la génération qui peut sortir sa tête de l’eau grâce aux réseaux sociaux. Quand j’étais plus jeune, mes potes regardaient du contenu humoristique sur le web, on était toujours à la recherche d’un making-of, d’une interview. On n’en trouvait pas toujours donc je me suis dit pourquoi pas le créer soi-même. Avec des potes on envoyait des messages à des stars du web comme Norman, Hugo, Hakim. Quelques-un m’ont répondu, pas ceux que j’ai cité mais des gens comme Baptiste Lorbert l’ont fait. 

Vous avez pu franchir un pallier et mieux connaître ce milieu…

Oui, j’ai fait cela pendant deux ans. Je filmais, je les interviewais et montais cela moi-même. Après, je me suis dit que je pouvais également faire des trucs marrants. J’ai commencé sur Vine, après j’ai été tout de suite contacté par Canal Plus qui était intéressé par mon profil Vine et par mes interviews. Ils avaient entendu parler de moi par Alex Lutz, que j’avais interviewé et avec qui j’étais devenu pote. De fil en aiguille, ils m’ont fait passer un casting pour intégrer Le Petit Journal. J’ai ensuite pu intégrer l’équipe en 2015, j’y suis resté deux ans.

« C’est très dur de se dire qu’on assez drôle pour monter sur scène.»

C’est là que vous avez pu réaliser vos petites vidéos diffusées dans l’émission…

Pendant deux ans, j’ai dû faire environ 120 vidéos. C’était une très bonne expérience, cela m’a appris pleins de choses, cela m’a professionnalisé. J’ai appris énormément de choses sur la réalisation. J’avais carte blanche sur le thème des vidéos. Ce fut une bonne expérience, en plus les gens réagissaient bien à mes caméras cachées. En même temps, c’est quelque chose que je défends. Je me dis qu’une vanne est marrante, à partir du moment où tu échanges avec une personne cela fonctionne quand même. Donc ne jamais vanner par exemple quelqu’un sur le physique, car cela ne fonctionnerait pas avec quelqu’un d’autre. 

Comment est venue l’idée de passer sur scène ?

Cette envie de la scène est venue de là. Lorsque j’étais en plateau, cela me faisait plaisir de faire des blagues devant le public. Les gens rigolaient, donc cela m’a donné envie de venir jouer. C’est là que j’ai rencontré Fary. Il m’avait dit qu’il y avait un lieu qui s’appelle le Paname, tu devrais venir jouer. J’admirais les humoristes depuis tout petit mais je ne trouvais pas cela accessible. C’est très dur de se dire qu’on assez drôle pour monter sur scène. Fary m’a mis le pied à l’étrier en me proposant de faire des premières scènes devant 15, puis ses premières parties devant 500 personnes. D’ailleurs, je travaille avec Fary sur l’écriture. 

D’où vient cette amitié ?

J’avais fait une publicité avec lui quand j’avais 13 ans. Je faisais mes petites vidéos sur le web et comme cela j’ai pu rencontrer une directrice de casting. J’avais interviewé Orelsan au Bataclan. En sortant de l’entretien, j’ai croisé une directrice de casting qui m’a proposé de faire une pub pour Nintendo. On est parti trois jours en Roumanie. Dans l’équipe, il y avait Fary, Hakim Jemili, Akim Omiri, Malcom to the World. On s’est recroisé il y a un an, du coup on s’est plus lâchés. 

« Tu ne peux pas dire du jour au lendemain, je suis marrant, je monte sur scène »

Vos souvenirs de votre première scène ?

C’était en 2015, pour le Vivendi Talent Show à l’Olympia. C’était très jouissif et intéressant d’avoir un retour direct du public. Le stand-up est un art très complexe, pas assez reconnu par les gens. On dirait que c’est simple. C’est ça qui est beau. Quand tu regardes Queen, tu vois la musique qu’ils font, tu as l’impression que c’est simple mais en fait c’est la musique la plus compliquée du monde. Le stand-up c’est un peu le Queen de l’humour. Il faut un savoir-faire que je n’aurais pas avant des années. Il faut être en union complète avec la salle et la voir comme une entité. C’est une vraie science, il faut un vrai savoir faire. Tu ne peux pas dire du jour au lendemain « Je suis marrant, je monte sur scène ». Le stand-up c’est le chemin le plus court entre l’idée du stand-upper et le public. Pour une vidéo, il y a plus de travail et de mise en place. Il y a un truc très sincère dans le stand-up. 

Depuis peu vous faites des vidéos avec LSD, comment et pourquoi ?

Je fais cela avec Virgile Hernandez et Adrien Teisseire qui sont bons en effets spéciaux. Virgile est un des meilleurs graphistes de Paris et Adrien, c’est un très bon monteur. Ce sont deux bons amis et on a décidé de lancer ce projet ensemble pour se faire kiffer. La première vidéo est à 600.000 vues, la deuxième  a dépassé le million, alors qu’on pensait faire 300.00 vues max. On fait vraiment cela pour le kif sans objectif particulier. C’est un art d’essayer de rendre des vidéos virales. C’est un exercice intéressant. 

La chanson qui illustre la vidéo du lasso est The Shoes – Time to dance, cela fait partie de vos références ?

Je les ai rencontré par le biais de Woodkid qui est un autre chanteur. Ses albums sont produits par Guillaume Brière des Shoes. Je les vois souvent. Guillaume m’aide un petit peu, c’est même lui qui a fait le jingle des vidéos LSD. Sinon j’écoute Nick Hakim. C’est un artiste que j’admire, je l’ai vu il y a pas longtemps en concert. En ce moment je reviens sur Michael Jackson et son album Bad que j’écoute en boucle, c’est incroyable. 

Enfin, quelles sont vos références en stand-up ?

Bo Burnham pour son amour de la surprise, c’est quelqu’un qui ne peut pas ne pas surprendre son public. J’ai découvert récemment Brent Morin, je le trouve incroyable après l’avoir vu sur Netflix, Norm Macdonald. En France,  Yacine Belhousse. J’aime aussi Adib Alkhalidey, un humoriste Québécois que j’ai découvert cet été, il m’a retourné le cerveau.

Retrouvez Panayotis sur la scène de La Cigale le 17 novembre pour la soirée We Love Comedy mais aussi sur sa page Facebook pour voir ses vidéos inédites produites par LSD.

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