Pierre Thevenoux : « J’ai l’impression d’avoir cracké le code »

pierre thevenoux
Crédit Photo : Giovanni Ctitadini Cesi

Il vient de Poitiers et possède un franc-parler qui lui vaut l’étiquette du “néo-beauf”. Pour son premier spectacle Pierre Thevenoux est marrant, normalement, on retrouve bien toutes les cartes de l’artiste. Entre anecdotes, coups de gueules et interrogations, rencontre avec un comédien sans filtres.

Comment as-tu commencé le stand up ?

Environ un ou deux ans après mon arrivée à Paris, encouragé par des amis, je me suis inscrit à un cours de stand-up. J’aimais bien faire des vannes alors je me suis laissé tenter. J’ai commencé le stand-up un peu de la même manière qu’on commence à faire du badminton ou du théâtre. Je n’étais pas dans l’optique d’en faire mon métier, je n’y avais jamais pensé avant. Malgré tout, après trois, quatre mois de cours cela m’a bien plu, je m’en sortais bien. J’ai eu la chance d’être dans un cours où le profs nous faisaient monter sur scène assez rapidement. Il avait pas mal de contacts dans des petites salles. C’est une bonne manière d’évaluer son niveau.

Qu’est-ce qui t’as décidé à faire du stand-up ton métier ?

C’est l’adrénaline et le plaisir de monter sur scène, même si c’est pas un truc dont je rêve depuis que je suis gamin, qui m’ont poussé à continuer. En plus, j’ai vu que le stand up me rapportait un peu donc je trouvais cela sympathique. Toutefois, j’ai mis environ deux ans, juste le temps de voir que je gagnais assez pour survivre, avant d’en faire mon métier à temps plein. Il y a des passionnés qui se lancent à bras ouverts dès le départ, je trouve que c’est génial. Moi j’avais besoin d’être sûr.

C’est ton premier spectacle seul sur scène. Comment vis-tu le fait d’avoir des gens qui viennent te voir plusieurs soirs d’affilés ?

Il y a une grosse différence entre le fait de jouer devant des gens qui viennent pour voir de l’humour, sans trop savoir ce qu’ils sont venus voir, et jouer devant des gens qui sont venus pour la plupart te voir toi. Ce n’est pas que c’est plus facile, mais ça veut dire qu’en théorie les gens t’aiment déjà bien. Du coup, je me permets plus de trucs sur mon spectacle, et je me rends compte qu’il y a plus de choses qui fonctionnent, que quand je le fais devant des gens que je ne connais pas. Quand les gens te connaissent, il y a aussi des blagues qui ne passent pas, mais c’est plus cool.

 Je vais être un beauf qui se retrouve à vouloir être écolo, donc néo-beauf

En parlant de ton spectacle, pourquoi ce nom Pierre Thevenoux est marrant, normalement ?

Sur le site Billetreduc c’est obligé d’avoir un nom de spectacle. J’étais parti pour juste l’appeler Pierre Thevenoux. Ce nom, c’est simplement la description qu’il y a sur ma page Facebook depuis 3 ans. Je ne compte pas sur le titre du spectacle pour attirer les gens.

Est-ce que tu comptes plutôt sur le descriptif du spectacle où on te dépeint comme un néo-beauf ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un néo beauf ?

Ah non ! Il faut vraiment que je l’enlève d’ailleurs c’est pas moi qui l’ai mit. En ce qui concerne le terme néo-beauf… Quand je parle, je le pousse
peut- être un peu parfois, mais on me dit que j’ai un petit côté beauf, gars de la province.  Ce n’est pas une insulte d’être beauf. Mais c’est peut- être parce que je suis un peu grossier, je n’ai pas un vocabulaire très riche, et j’ai des expressions un peu..beauf. A l’inverse, je vais être un beauf qui se retrouve à vouloir être écolo, donc néo-beauf. C’est pas non plus du Jean-Marie Bigard, c’est un entre deux. Je vais quand même sûrement l’enlever cette description.

Les cow-boys et les indiens

Des blagues sur les cow-boys et les indiens……. Si si c'est marrant.

Publiée par Pierre Thevenoux sur Samedi 29 juillet 2017

Tu parles de ton penchant pour l’écologie dans ton spectacle. Est-ce que tu essaies de faire réfléchir ton public sur le sujet ?

Ce serait tellement prétentieux de dire que je fais réfléchir les gens. Je suis là pour les faire rire. Si à la fin du spectacle toutefois, ils y pensent un peu plus… pourquoi pas ! Personnellement, je ne pense pas avoir cette capacité de faire des trucs militants pendant une heure. Néanmoins, j’essaye de prendre des sujets censés et forts, d’en parler un peu pour sensibiliser à mon échelle, mais je fais des blagues avant tout. De manière plus générale,faire des vannes lisse sur le beau temps, la météo, ce n’est pas mon truc.

 il y a un père qui vient avec sa fille de 7 ans. Il me dit: “Ma fille a adoré !”. Sauf que c’est pas normal qu’un enfant de 7 ans ait adoré ce que je venais de dire.

Comment vois-tu l’évolution de ta carrière dans les années à venir ?

Je n’aime pas trop prévoir sur du long terme. Je trouve que ça nous empêche de profiter de l’instant présent. Pour le moment, mon but est de me faire plaisir en continuant de jouer, sentir que je progresse, que je suis d’avantage naturel sur scène. Je ne me lève pas tous les matins en me disant que je vais faire l’Olympia, mais si je peux le faire pourquoi pas.

Ce qui m’excite le plus, c’est de monter sur scène, faire une blague et la voir marcher, j’ai l’impression d’avoir cracké le code. Je me dis que automatiquement le public suivra dans des quantités raisonnable, moi ça me suffit.Malgré tout, mon truc caché à terme serait de parler de l’écologie plus longtemps sans être lourd. Cela m’intéresse mais je pense qu’il faut savoir en parler correctement, ce sera possible petit à petit.

Pour finir, est-ce que tu as déjà eu une expérience étrange avec ton public ?

Je suis pas super connu donc pas vraiment. Il y a juste un truc qui m’a vraiment mis mal à l’aise un jour. C’était à mes tout débuts. Quand tu commences, tu sais pas trop quoi raconter, et t’es attiré par des trucs efficaces. Je faisais beaucoup de vannes que je regrette un peu. C’était des trucs un peu racistes, juste pour que cela rigole. Sinon je faisais des passages assez hardcores dans le genre humour noir où les gens font “oohhh”, je les détestes ces rires là, je les veux pas.

Un soir je jouais dans une salle à Strasbourg. A la fin, il y a un père qui vient avec sa fille de 7 ans. Il me dit: “Ma fille a adoré !”. Sauf que c’est pas normal qu’un enfant de 7 ans ait adoré ce que je venais de dire. C’était des blagues horribles sur la mort et tout pendant 5 minutes. Puis sa fille me voit et me fait un énorme câlin. J’ai trouvé cela très gênant. Je me suis dit : “Wouah, ce n’est pas du tout ce que je veux inspirer”. C’est pas comme si c’était des blagues à la Gad Elmaleh dont tu es fan depuis ton enfance. Après, j’ai pu parler un peu plus avec le père et j’ai vu qu’il y avait un problème général dans la famille.

Retrouvez Pierre Thevenoux le mercredi à 21:30 au théâtre La Petite Loge.

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