Redouanne Harjane : « Je mets beaucoup de sérieux à pas me prendre au sérieux »

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En 2019, cela fera dix ans ans que Redouanne Harjane promène sa guitare sur scène. Une étape pour l’humoriste messin qui l’a emmené sur d’autres projets : le cinéma avec entre-autres un rôle dans Comment c’est loin réalisé par Orelsan et Gringe. Il également fait de la musique avec quelques morceaux diffusés sur Internet  en attendant la sortie d’un EP. L’occasion d’aborder avec lui ses différentes carrières mais aussi sa nouvelle passion : le ju-jitsu brésilien.

Vous faites du stand-up tout en jouant de la guitare. Comment pourrais-t-on vous définir ?

Récemment j’ai fait le spectacle des désobéissants. Quand j’ai regardé la programmation en gros mégalomane que je suis. J’étais dans la catégorie spectacle le musical, gars qui imitent des oiseaux en sifflant et je suis dedans. Je ne sais pas trop, le but est simplement d’être drôle. Je raconte un peu la vie de mon personnage en mode stand-up mais mon personnage prend la guitare pour chanter je fais un peu des deux. 

Le personnage que vous jouez sur scène, vous le décririez comment ?

Il est un peu sombre un peu idiot, un peu à côté de la plaque. Par contre, il veut être dans la réalité de cette époque où c’est de plus en plus galère de se loger, de trouver un travail, de trouver l’amour, d’avoir un pouvoir d’achat. C’est de plus en plus compliqué de pouvoir vivre…C’est un personnage qui donne cette impression qu’il arrive à vivre en étant ouf. C’est sa folie qui le fait. Il est lent. On pourrait penser qu’il est cynique mais il est lucide. Le souci c’est que sa lucidité fait peur. C’est cela aussi la force de ce personnage. Tu sens qu’il peut vriller. 

"Hyperconnecté" – Redouanne Harjane

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Publiée par Redouanne Harjane sur Jeudi 23 novembre 2017

D’où est venue l’idée de la guitare qui accompagne vos sketches ?

Tout d’abord parce que je faisais de la musique avant de faire du théâtre. Ensuite quand j’ai commencé la comédie , il y a des artistes qui m’ont influencé. Pas besoin pour cela d’aller outre-manche des mecs comme Raymond Devos, Coluche. Ce sont des gars qui s’entouraient d’instruments de musique. Ils avaient déjà une musicalité. L’humour c’est une forme une musique. Je fais des chansons donc c’est mieux. Avant je faisais cela au piano mais c’est plus compliqué à transporter.

Vous avez fait quelques morceaux. Un album verra-t-il le jour avec des représentations sur scène ? Cela tombe bien, je suis en train de préparer un « EP » comme on le dit dans le jargon, une mixtape. J’ai déjà un poto à qui je pense qui viendrait placer sa voix. Sinon je vais essayer de le faire tout seul, comme cela mes potos pourront voir si cela vaut le coup de faire le truc avec moi. Après je ne sais pas quelle sera la couleur. Est-ce que je fais que de l’humour ou pas ? C’est une question de sincérité, si c’est le cas. Le public suit. C’est cela qui compte.

Quand tu décides de prendre de bonnes résolutions.

Publiée par Redouanne Harjane sur Samedi 4 avril 2015

Comment s’est faite l’arrivée à la comédie ?

A l’école, je faisais le pitre et puis par ce que j’ai toujours aimé regarder la vie avec dérision. Je mets beaucoup de sérieux à ne pas me prendre au sérieux (rires ndlr).

A quel âge a commencé votre carrière humoristique ?

Le premier spectacle c’était en 2007. J’avais déjà commencé un spectacle un ou deux ans avant. Cela fait une douzaine d’années.  J’ai fait des scènes à Paris mais mon premier show a été le gala de Montreux, ensuite ce qui m’a fait connaître c’est le Jamel Comedy Club. Cela m’a permis de sortir de sortir de ma chambre de bonne à rester en slip devant mon miroir en pensant que je suis drôle. Ensuite il y a eu« Le Marrakech du Rire » qui m’a permis d’avoir forcément plus de propositions. Ensuite France Inter et Le supplément sur Canal + qui m’a permis de faire des rôle au cinéma. 

Légende : « J’aime le Piano » Redouane Harjane

Oreslan et Gringe viennent me voir et ils me disent « mortel ce que tu fais.

Justement concernant le cinéma vous vous sentez plus à l’aide devant une caméra ou sur scène ?

C’est deux exercices différents. Le cinéma si c’est 3,4 jours avec un petit personnage qui est sympathique et pas un petit personnage dans la narration du film ça va. Un premier rôle c’est difficile. Il faut rentrer dans la psychologie d’un personnage qui n’est pas le tien. Même si je fais un personnage sur scène, là c’est quelqu’un qui l’a écrit. Bizarrement, je ne vais pas vers des films comiques. Je fais plus vers des trucs zarbis.

Pourtant vous avez joué dans le film d’Orelsan « Comment c’est loin »

Mon petit rôle dans le film a du se faire après une longue discussion avec lui. Aurélien (Orelsan ndlr) c’est un grand musicien, un grand interprète, un grand compositeur. Avec le film, il a prouvé qu’il pouvait aussi être cinéaste et que c’est plus qu’un gars qui fait des chansons. Je suis arrivé avec l’idée que je devais faire le rôle d’un bouffon. Lui m’a dit qu’il voulait aller dans une autre direction. C’est cela qui intéressant dans le cinéma, c’est de pouvoir avoir des débats avec le cinéaste. Après je préfère la scène, parce que je peux maîtriser ce que je peux donner. Il y a des trucs que je cherche en moi que je peux transmettre.

Comment s’est faite la rencontre avec Orselan ?

A Montreal, j’allais au Festival d’Humour grand rire au Quebec et eux allaient au Francofolies de Montreal. Oreslan et Gringe viennent me voir et ils me disent « mortel ce que tu fais .»  Je leur dit « Non c’est vous mortel. » On s’est rencontré à l’aéroport. On a rigolé ensuite dans l’avion. Une fois sur place, j’ai commencé à faire du son avec eux on a rigolé. Je pense qu’il fait partie de mes potos dans la milieu. 

Extrait du film Comment c’est loin, réalisé par Oreslan et Gringe (2015)

Tout à l’heure, j’ai combattu avec un médecin

Vous pratiquez le  ju-jitsu. D’où vient cette passion et qu’est ce que cela vous apporte ?

Cela a commencé sur M, le film de Sarah Forestrier où là j’ai du faire beaucoup de boxe anglaise. J’allais beaucoup À la salle de Rosny 2, d’ailleurs big-up à l’équipe. Pendant trois quatre mois, ils me coachaient 3,4 heures par jour. Après le film, j’ai continué.Je trouve cela intéressant de faire du  ju-jitsu. C’est un sport super complet pour le cardio et la mentalité des gens est bonne. Tu vois le monde différemment car tu es au sol.

Cela fait du bien à la tête et au corps. Il y a un vrai épanouissement.  Tu ne vois pas le monde de la même façon . C’est celui dans lequel je me sens bien. C’est tellement triste de passer une journee sans rien appendre. Tu vas passer une heure et demie deux heures a apprendre quelque chose. A ecouter les autres pour mettre en place la méthodologie. Il y a également beaucoup de connexions physiques et corporelles pour apprendre á toucher, tirer vers toi. Laisser partir…Quand je sors du cours, je ne suis pas un autre homme mais je sens que j’ai appris quelque chose.

Bixente Lizarazu est devenu champion d’europe de cette discipline

Au cours je vois des gens de partout. Pour calmer mes douleurs parfois j’utilise une bombe à la  cannabidiol. C’est légal. Il y a des flics qui viennent s’entraîner. Donc on sort du cours. Je vois un flic qui a mal mais tu sens qu’il ne voulait pas en parler. Il n’osait pas prendre de la bombe. Il me dit « Tu sais j’ai peur qu’il y ait un contrôle. » C’est cela qui est drôle quand tu vois cette variété de gens différents. Tout à l’heure, j’ai combattu avec un médecin et moi j’écris des blagues.


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L’anecdote de votre carrière la plus marquante sur scène ?

Ce n’était pas sur scène mais en sortant de scène. Je faisais la première partie de Jamel à l’époque. Je le suivais comme à chaque fois en sortant de scène. Tout le monde veut faire des photos avec Jamel mais il y en a un qui vient me voir. Il avait un k-way qu’il portait comme une banane. A l’ancienne mais il avait 40 piges le gadjo. C’est alors qu’il me tent la main et il dit « Bravo ! C’était très bien pour un bon début. » Il a mélangé tous les temps. Il a tout temporalisé. Je sais toujours pas si il voulait me dire que c’était bien ou si cela va être bien. 

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