Malika Azgag : « Il m’arrivait d’aller à l’école en barque »

Malika Azgag

Avec un parcours scolaire exemplaire, la jeune comédienne Malika Azgag se produit au Théâtre des Blancs-Manteaux, depuis le 26 avril en interprétant Passe la première, son nouveau spectacle mis en scène par Lucie Fabry. Le We Love Comedy est parti à sa rencontre. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis née à Niort dans les Deux-Sèvres. J’ai grandi dans un petit village qui s’appelle Magné en plein cœur du Marais Poitevin non loin de La Rochelle. Il m’arrivait même d’aller à l’école en barque quand ça inondait !

Comment s’est construit ton parcours artistique ?

J’ai commencé à l’âge de 13 ans dans plusieurs court-métrages. Le réalisateur trouvait que j’avais beaucoup d’énergie et m’a conseillé de m’inscrire dans une ligue d’improvisation qui s’appelle A.L.I.N.E coachée par Nicolas Beauvillain. J’en ai fait pendant près de 10 ans comme une drogue. J’ai également obtenu un Bac Littéraire. Je suis allée à l’université Lettres et Langues de Poitiers jusqu’en Licence Théâtre. En parallèle, j’ai passé 2 ans au Conservatoire d’art dramatique de Poitiers et je faisais toujours de l’impro dans la ligue universitaire qui s’appelait la L.U.D.I. et également un peu de théâtre de rue. Très formateur !Et puis j’ai passé l’audition d’une excellente école d’art dramatique Les Cours Eva Saint Paul, dans le 13 ème arrondissement de Paris, en cours intensifs. C’était difficile mais génial. J’ai pu apprendre beaucoup autant artistiquement que humainement. Les études et la culture ont toujours été importantes pour moi. Je ne voulais en aucun cas faire du théâtre ou du cinéma sans savoir de quoi il s’agissait. Je trouve que c’est très important de monter sur scène avec de la culture pour jouer Molière ou Shakespeare, de savoir qui ils étaient, leurs œuvres, leurs engagements, les courants politiques etc, l’histoire du théâtre, les personnes importantes qui en découlent etc.

Etait-ce ta voie de prédilection ?

Oui et il n’y’a aucun hasard… Disons que lorsque j’étais en CE2 j’ai joué un spectacle et je me souviens d’une sensation très forte que j’avais eue lors des applaudissements. Je pense que depuis ce jour-là ce métier s’est ancré en moi sans savoir de quoi il s’agissait vraiment. Quand j’avais 16 ans, mon coach d’impro débattait avec quelqu’un sur une impro que je venais de jouer en disant «  La comédienne » pour parler de moi. J’étais très fière sur le coup et je trouvais que ça m’allait bien. Finalement, il a mis le nom du métier que je voulais faire depuis toujours. Et un soir, toujours lors de mes 16 ans, je suis tombée sur une vieille cassette de Muriel Robin, et j’ai pris la grosse claque de ma vie. Je ne me suis pas dit «  c’est ce que je veux faire », je me suis dit «  c’est ce que je suis ».

 Sketchs issus de L’envers du décor – Premier seul en scène de Malika Azgag

D’où vient le nom de ton spectacle ?

Passe la Première c’est en référence avec le fait de Passer la Première d’un spectacle d’une comédienne ( donc moi) longuement préparé avec tout ce que ça engendre, les doutes, les peurs, les galères de dernières minutes et par quoi elle passe pour arriver sur cette scène. Mais c’est aussi une référence au fait de passer la première d’une voiture… Car le fil rouge de mon spectacle c’est la voiture, c’est dans la voiture qu’on voit le personnage de Malika et lorsqu’elle en sort, elle est vu à travers les personnages que j’interprète. La première version de ce spectacle, je l’avais écrite à la sortie de mon école d’art dramatique en tant que projet de fin d’étude. Je l’avais écrit en trois semaines. Depuis, je ne l’ai jamais quitté, bien-sûr cela a beaucoup évolué avec l’expérience et la maturité.

Quel est le concept de ton spectacle ?

Tout se passe dans une journée, Malika, accompagnée de Solenne, sa meilleure amie quelque peu exubérante, va vivre une journée ponctuée d’événements inattendus, décousus, déformés, qui vont se dérouler sous les yeux des spectateurs. J’interprète 9 personnages, je passe d’un personnage à un autre sans arrêt, ça va très vite et la mise en scène demande énormément de précision et de rigueur. C’est la journée d’une comédienne sous tous les angles. Mais c’est très universel, donc ça peut-être la journée de n’importe qui…

Comment s’est construit ton spectacle ?

Lucie Fabry qui en est le metteur en scène et la scénographe, à la lecture, a vu une autre dimension dans laquelle je me suis totalement reconnue. Elle s’est inspirée de ses années d’expérience en tant que assistante de mise en scène à l’Opéra de Lausanne et a créée à avec Yukiko Meignien (Illustratrice et animatrice) un décor projeté à la craie avec lequel je suis en total interactivité. Même ma voiture apparait au début à la craie. Ce qui plonge le spectateur dans un autre monde à tel point qu’on sait plus si c’est un rêve, un fantasme, un souvenir ou un cauchemar. Une chose est sûre c’est que ça donne un rythme complètement déchaîné qui nous plongent dans un univers décalé, où l’humour côtoie la poésie et le théâtre. Nous avons fait tout cela nous même avec une équipe artistique incroyable, alors qu’on nous avait dit que c’était tellement ambitieux que c’était digne d’une grosse production. Mais nous y sommes arrivés tout de même et par nous-même… et ça fonctionne très bien ! Apparemment cela ne s’est jamais fait dans le seul en scène donc j’en suis d’autant plus fière. Cela tombe bien, je déteste par-dessus tout faire et être comme tout le monde…

Après les courts-métrages, le cinéma est la prochaine étape ?

J’ai déjà eu plusieurs expériences dans le cinéma. J’avais mis ce projet en  attente car je voulais réellement me concentrer sur mon seul en scène. C’était réellement un gros travail de fond, et je ne fais jamais les choses à moitié. Maintenant que c’est fait, je suis pressée de reprendre les tournages. Mais je ne mise pas uniquement là dessus, je suis plutôt une personne de la scène.

Quels sont tes projets ?

Je travaille sur pas mal de projets, dont un avec Samir et Hicham Harrag. Nous sommes en pleine recherche de financement. Un très beau long-métrage, auquel je crois dur comme fer. D’autres projets sont en préparation, notamment avec le collectif Studio Ciné Ma Gueule, dont je fais partie. Mon spectacle va être pendant longtemps le point central de ma carrière je pense.

Malika Azgag dans la web-série Ramadance 

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Ahahahahah ! Dans 10 ans ! Je rêve d’être à l’affiche au théâtre Antoine dans une pièce de Boulevard, Feydeau, Courtelinem, ou encore dans une pièce de Barillet et Grady. Ceux deux auteurs étaient les auteurs de Jacqueline Maillan que j’admire sans limite et qui est mon réel exemple. Mais j’y serai ! Je déteste rêver pour rien…

 

 

Retrouvez Malika Azgag tous les mercredis à 21H, au Théâtre Les Blancs-Manteaux.
        

 

 

 

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