Roman Frayssinet, altruiste prolifique

Roman Frayssinet n’a que 22 ans mais une carrière déjà bien remplie. Le comique qui s’est construit entre le Val de Marne et Montreal présente déjà son deuxième spectacle intitulé « Là ». Un one-man show autour de la notion de partage.

        C’est ce qu’on appelle commencer tout en bas de l’échelle. Bien avant de monter sur scène, Roman Frayssinet a commencé comme bénévole. Il n’avait que 16 ans et bossait pour le festival Juste pour Rire sur les conseils de son père. En préparant les loges du festival, il rencontre Baptiste Lecaplain qui lui donne quelques bonnes adresses à Paris. Lors du vol Montréal-Paris, l’humoriste écrit un sketch qu’il présente sur la scène du Chincheman Comedy Club. Pas affecté par le décalage horaire, il passe avec brio le test. Ceci lui permet d’enchaîner les scènes dont celle Pronzo lors du festival LHumour En Capitale. Il n’oublie pas ensuite de passer son Bac à Paris, avant de s’installer au Quebec.

Ce passage en Amérique du Nord lui permet de rencontrer UncleFofi, avec qui il partage la scène du Couscous Comedy Club et celle du Zoofest, la scène alternative du festival Juste Pour Rire. Pour lui ce fut une étape à franchir : « Il faut que tu t’assumes tout seul face à ceux qui  vont te dire à quel point ça va être difficile », rembobine l’artiste. Après ce succès, Roman qui passe ses journées au café à écrire des blagues et rencontre Adib Alkhalidey. L’humoriste québécois qui lui conseille de rentrer à l’École Nationale de l’Humour. Il réussit l’audition et son école l’envoie en Côte d’Ivoire avec Mehdi Bousaidan. Sur place ils offrent une formation sur l’humour avec les locaux, il en revient plus complet.

L’étape décisive Fishnet TV

Pendant cette formation il rencontre Anas Hassouna et Oussama Fares. Les trois camarades de promo sont ensuite rejoints par Louis Philippe Martin et Lamine Chetoui. Ils créent dans la foulée  Fishnet TV, une société de production de vidéo. Le « crew » travaille tout le temps ensemble. Un atout indéniable d’après Roman : « Avoir des gens capables de te regarder dans les yeux et de te dire la vérité, c’est artistiquement et humainement exceptionnel». Un modèle inspiré des groupes de rap comme l’Entourage, le groupe de Nekfeu : « quand les personnes que tu veux impressionner sont les personnes que tu vois tous les jours c’est quelque chose qui te pousse vers le meilleur. »

Parmi les créations du collectif, on retrouve une websérie « Migraine » qui donnera son nom à son premier one-man show du jeune humoriste. Un spectacle qui donnera lieu à plus de 40 représentations. Réussite qui lui permet ainsi de présenter son deuxième spectacle « Là », où il souhaite porter un d’amour et de réflexion vis-à-vis de ce qui nous entoure. Roman explique : « Là c’est ce qui nous unis tous, parce qu’on est là et qu’on se demande avec qui on est là ? Comment on est là ?».  La base d’une réflexion philosophique à laquelle il offre la possibilité de se poser la question. Toute une idéologie autour de l’existence, de la conscience et des possibilités qui sont autour de cette réalité.

Générosité et francophonie

Concernant son humour, Roman souhaite rendre drôle des choses intelligentes et intéressantes. Tout en évitant l’humour qui dénigre : « Il y a beaucoup d’idées stupides véhiculées par les blagues, trop de blagues misogynes, homophobes, racistes. Cela rend l’humour moche. C’est parfois drôle mais où est le fond ? »Pas obsédé par la notoriété, il veut partager avec son public. Une question de générosité dans la relation qu’il entretient avec les personnes qui viennent le voir : « Créer c’est partager et réussir à créer un moment ou tout le monde partage, ça c’est le summum de la création »

Pour lui, il n’y a aucune frontière et si son spectacle se base sur le pouvoir du partage et de la compréhension c’est grâce à la Francophonie.  Grâce à cette langue incroyable: le français que l’on parle en Europe, en Afrique, en Océanie et en Amérique du Nord. Francophone avant d’être français, il veut contribuer au développement de l’identité francophone qui pour lui est toujours en construction. C’est également cet état d’esprit que Fishnet tente de développer. Des personnes qui viennent des quatre coins du monde pour construire quelque chose : « C’est ici que les frontières s’effacent. On est différents mais ce qui nous unit c’est la francophonie. »