Seb Mellia : « Quelqu’un d’équilibré n’est pas drôle »

Seb Mellia

Seb Mellia avait commencé par faire des études de droit qu’il a rapidement arrêtés pour se lancer dans la comédie. Après de nombreuses expériences en scène ouverte et une première partie de Gad Elmaleh, le Dionysien s’est lancé dans le grand bain et présente son spectacle Seb Mellia ne perd jamais sur la scène du Théâtre Bô Saint-Martin. Rencontre avec un mec dont le chat s’appelle Jean-Jaques Chirac.

Comment vous vous êtes retrouvé à faire de la scène ?

J’ai commencé en faisant du droit pendant un an à Paris 1. Je n’ai même pas validé ma première année. A la base je voulais être avocat. Le souci c’est que j’avais des problèmes de concentration. Mes potes me disaient que je n’étais pas fait pour faire du théâtre. J’y pensais tout petit mais je n’envisageais pas cela comme un métier. Un jour, il y a un mec chelou que je croise dans un bus qui me dit « Ca va le comique ? ». Il me dit qu’il m’a croisé au resto du Crous et qu’il est dans le showbiz. Bon, ce type était bizarre, mais il m’a mis l’idée dans la tête que je devais me lancer dans cette voie.

Finalement, vous avez suivi ses conseils ?

Oui, j’ai commencé à faire du théâtre, mais ils me faisaient comprendre que j’étais nul. Nous étions en 2006 et le stand-up commençait à s’imposer. Je me suis dit que j’avais ma chance car là au moins on ne pourra pas me dire que je ne sais pas jouer. Peu après, j’ai fait le Jamel Comedy Club. J’ai enchainé les plateaux et j’ai commencé à jouer en 2011, au Paname. Pour moi, l’humour était une passion mais je ne pensais pas qu’on pouvait en faire un métier. Au début, j’avais deux boulots. La journée je travaillais au McDo et le soir je faisais les scènes. Après, j’ai fait caissier. Cela fait trois ans que je vis uniquement de l’humour. 

Quelle est votre méthode pour écrire vos sketches ?

Je suis beaucoup dans le storytelling. Je raconte beaucoup d’histoires. Quelque chose que je fais depuis tout petit. Quand j’allais dans la famille de ma mère à la Réunion, je revenais et racontais des histoires de fou à mes camarades comme font les petits. Les comiques américains que j’aime comme Richard Pryor ou Woody Allen font beaucoup de storytelling. Au début, j’avais du mal a procéder comme cela, j’étais plus dans l’apprentissage de la technique de scène. Quasiment tout ce que je dis dans mon spectacle est vrai, le reste c’est de l’exagération. 

Vous écrivez seul ?

Je travaille avec Francis Magnin depuis un an. C’est quelqu’un qui travaille avec Tom Villa et je cherchais quelqu’un pour bosser avec moi. Avec moi, t’es auteur sans l’être vraiment. J’arrive avec des histoires. Et lui c’est comme du sel, il relève le goût. Il me permet aussi d’avoir un oeil extérieur. Je vois aussi que les gens qui ont fait du théâtre ont de l’avance sur nous. Chose que j’ai découvert au bout de quatre ans sur scène. La technique fait la différence. J’ai même revu des textes d’il y a cinq ans et je les trouve drôles mais comme je les vendais mal, elles paraissaient moins drôles. Le plus important dans l’humour c’est la forme. Dans le stand-up, on vend une personnalité. 

Vous avez fait un concours en 2014 organisé par une marque de soda, que vous avez gagné. Cela vous a permis de faire la première partie de Gad Elmaleh…

C’est quelqu’un de cool. Je peux dire que j’ai son 06. Après, je crois que je suis plus ami avec lui, que lui est ami avec moi. Il me répond une fois tous les mille ans à mes messages. C’est un vrai stand-upper, il travaille ses trucs, il teste. Il est comme nous. Quand je l’ai vu en vrai cela m’a beaucoup surpris. On peut dire que je suis devenu plus fan de lui après l’avoir vu en vrai. Il sait faire beaucoup de voix, il se déplace bien sur scène. Il a un grand panel pour exprimer ses voix. 

Justement quelles sont vos influences ? 

En France, je suis fan de Manu Payet, parce qu’il est très drôle et puis il est Réunionnais comme ma mère. J’aime bien Adrien Arnoux. Sinon il y a Rémi Boyes et Joseph Roussin. Ce sont deux mecs qui débutent mais qui ont un potentiel et qui apportent leur touche. On pense que le stand-up c’est très urbain. Désormais on a une nouvelle génération de gens qui apportent des nouvelles couleurs comme Yassine Belhousse avec un humour plus absurde. Des mecs comme Gaspard Proust qui lui est plus politisé. C’est bien car cela permet au public de mieux s’y retrouver. Surtout qu’il y a plus de lieux pour progresser. 

Que vous apporte l’improvisation ?

C’est un vrai bonus. Cela permet de briser la glace avec le public. Je ne repose pas tout mon spectacle là-dessus. Il y en a qui le font très bien. D’ailleurs le Paname, c’est un endroit pour tester les vannes. 

Les scènes ouvertes vous aident en quoi ?

C’est comme un gymnase où tu viens t’entraîner. On vient se faire découvrir. Il ne faut jamais quitter ce genre d’endroits même quand on est connu pour garder son niveau. C’est quand on décroche de ce genre de salles qu’on perd. Ce genre de salles, nous rappelle à quel point c’est dur. D’ailleurs, Jerry Seinfeld le dit dans un entretien. « Ce genre de salle c’est comme l’école ». Il dit que c’est bien aussi de s’en détacher un petit peu car tu peux devenir aigri, vu que c’est comme si tu passais ta vie à étudier et que tu n’as pas ton diplôme. 

Vous parlez de votre enfance dans votre spectacle. Votre vie est votre thème de prédilection ?

J’étais le premier de ma fratrie et je peux dire que j’étais taré. En même temps, quelqu’un d’équilibré n’est pas drôle. J’aime raconter des histoires comme je l’ai toujours fait. Après peut-être qu’un jour la politique me passionnera et je le ferai. 

Le cinéma c’est un objectif ?

J’aimerais, mais je ne sais pas si je sais jouer. Pour l’instant, je tourne des petites vidéos que je poste sur Internet. Je le fais pour montrer aux gens ma vie et que je peux être marrant dans la vie de tous les jours. 

L’anecdote la plus marquante sur scène ?

Une fois un mec s’est levé en plein spectacle et a traversé la scène. Une autre fois, TF1 était venu avec ses caméras pour me filmer. Un gars passe devant moi et me fait une grimace. 

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La page Facebook de Seb Mellia

Retrouvez-le jeudi 22 et samedi 31 décembre, au Théâtre BO Saint Martin

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