Shirley Souagnon : « Il faut qu’on s’organise »

Alors que la première édition du festival Debout Paris se déroule actuellement dans plusieurs comedy clubs parisiens, nous avons rencontré Shirley Souagnon, sa fondatrice. Dans cette première partie de cet entretien, La comédienne/productrice nous explique l’objectif de cet évènnement . Nous avons également abordé la question des femmes dans le stand-up et comment peut-peut-on surmonter un bide…

Pourquoi avoir lancé ce festival de stand-up?

Le concept c’est de réunir les plateaux qui marchent toute l’année, ceux qui m’ont marqué qui ont un bon réseau même si j’aurais aimé qu’il y ait le Paname. Le festival c’est fêter les 10 ans du stand-up français marqués par un mouvement de réunification de tout le monde. Notamment le Jamel Comedy Club qui fait l’ouverture. Cela permet de réunir tous les plateaux qui m’ont permis de me construire.L’idée pour moi c’est d’essayer de faire en sorte qu’ont se professionnalise un peu plus. Qu’on ait des vitrines pour le grand public, afin de leur faire comprendre. Il faut que ce soit une grande réunion de travail annuelle, un peu comme un hub pour les artistes.  C’est un premier essai mais c’est intéressant on va pouvoir voir comment on bosse sur les plateaux. 

Quels sont les autres objectifs du festival ?

On va pouvoir faire une mise à jour de certaines choses qui ne vont pas du tout. Que ce soit la question des droits d’auteurs, les billeteries sur la prod’ pleins de choses. J’essaie de faire en sorte que la SACEM organise un atelier. Cela leur permettrait de toucher des aides et d’arrêter d’écrire dans l’urgence. Comme tu as faim, tu n’es pas détendu. Ce serait bien que tout le monde puisse se dire que tous ceux qui peuvent s’en sortir tout seuls. Il y aussi le CNC qui organise un atelier pour présenter le « CNC talent » et expliquer comment développer une chaîne YouTube. Il faut qu’on s’organise. Pas beaucoup de productions s’occupent du stand-up.

Quel type de plateau on pourra retrouver ?

Je peux citer l’Open Topito Comedy Night tous les gens qu’ont pas beaucoup joué sur scène ceux qui ont déjà joué et veulent tester des trucs sont prévus. Ils ont trois minutes pour être drôles. On va avoir 60 humoristes sur scène, un peu comme un marathon. Il faut être au top.

Vous faites de la production en quoi cela vous aide ?

Je vois ce que cela fait de galérer et de pas avoir les clés. C’est important car plus les artistes seront indépendants et sur de leur force et plus ils pourront réguler. Il faut qu’on les artistes fassent en sorte de viser plus haut et ne pas s’enfermer sur quelques sketches qu’ils vont jouer à droite à gauche. Cela demande du travail. Un mec comme Roman Frayssinet il a fait une école et tous les jours il écrit ce qui n’est pas le cas de tous. Les français on passe plus de temps à faire des stories qu’à écrire des vannes. Maintenant, il y a un petit nid de gens qui vont faire décoller le stand-up. En se consacrant a l’écriture. Il ya un vrai problème de se motiver les uns les autres. Du coup, les humoristes se diront, « C’est un génie. Ce qu’il fait. Faut absolument que je réussisse à faire mieux. » On est pas encore comme au Québec. Après ela va pas tarder, je suis pleine d’espoir. 

La place des femmes…

Les femmes s’imposent petit à petit dans le stand-up, comment faire pour qu’il y en ai plus sur les plateaux ?

Déjà en imposer ne servirait à rien d’en imposer car il y en a déjà pas beaucoup. C’est compliqué sur mon festival je me rend compte à quel point il n’y a pas assez de femmes. On est vraiment pas beaucoup. Faut recruter des meufs. Plus on sera excellentes et plus il y en aura. Souvent quand une discipline devient excellente, cela veut dire qu’il y a beaucoup de meufs dedans. Quand il y aura tous les styles de meufs, c’est que cette discipline sera vraiment devenu bonne. Déjà qu’on est fragiles on pas s’en rajouter d’avantage. C’est pour cela souvent qu’on va trouver des lesbiennes parce que nous en vérité on a déjà suffisamment soufferts dans nos vies. Les meufs lesbiennes n’ont plus rien a perdre. En l’occurence je pense que ce serait bien d’avoir plus d’hétéros. La meuf ordinaire qu’ont voit dans une pub on aimerait bien la voir faire de bonnes vannes. La plupart s’en vont car elles en ont marre de lutter, qu’elle doivent faire des enfants ou du cinéma. En plus quand tu es une femme on t’apprends à être poli et gentille, alors que dans le stand-up c’est tout l’inverse quand tu es sur scène. Finalement, c’est un acte féministe de monter sur scène et de dire je vais dire ce que je pense.

Quelles sont les personnes qui vous ont donné envie de monter sur scène ?

En comédie, Florence Foresti par ce que c’était ma génération. Quand je l’ai vu je me suis dit « c’est cool, cela discute et cela dit des trucs intéressants. A la même époque on retrouvait Gad et Jamel Debbouze. C’étaient les premiers où je me suis dit c’était là où je me suis dit « je vais être humoriste pour faire rire les gens ». C’est une musicalité que je n’avais pas trouvé dans la comédie française et qui me ressemblait. Cette facon de parler rapidement. C’était notre langage à nous à l’époque. Du coup cela nous parlait. C’est là où je me dit c’est le taf que je veux faire. 

Le fameux bide…

Il y a un sujet tabou dans le métier. C’est le bide. C’est quoi votre plus joli bide ?

C’était au début de ma carrière. On était parti jouer à Argenteuil dans un théâtre avec pleins de jeunes d’environ 15 ans. Il y avait notamment Nadia Roz. On commençait dans le métier. Tout ceux qui sortaient de la scène « pleuraient ». C’était le début du Jamel Comedy Club. L’époque où il y avait aucun respect et qui n’était jamais allé au théâtre de leur vie. C’était horrible. Je me dis putain ils ont pas du être bons. A l’époque je faisais beaucoup de gags visuels. Je faisais une tête bizarre. Ils me disent trop drôle tu peux la refaire. Je pense que je les ai. Je dis évidemment. Et là ils disent ironiquement « oh qu’est-ce  que c’est drôle on est morts de rire. » et là tu as 200 enfant qui se foutent de ma gueule. » C’était mon plus gros moment de solitude. L’humiliation totale. Quand on en rentrés on avait l’impresion d’être rentrés de la guerre

Justement quel conseil tu donnerais pour surmonter le bide ?

Tu peux pas c’est une sensation de corps ou tu meurs. Dis-toi que tout est normal, tu ne vas pas mourrir. Tu es un être humain et tu es en vie. Tu peux jamais savoir quand cela t’arriver mais vis le bien car cela fait parti du métier. Après aujourd’hui avec le recul, un bide c’est quand tu t’attendais pas à que cela t’arrive. Quand tu vois que tu enchaînes les vannes et que les gens ne rient pas tu te dis « cela va être long ». Je parle normalement sur scène et j’ai pas besoin de forcer le ton. Quand j’ai commencé à faire du stand-up, je faisais l’inverse que maintenant, je me mettais pas à fond pour pas tomber de haut. J’ai mis deux ans à bien trouver le ton. 

Le Festival Debout Paris se déroule jusqu’à demain soir. Toutes les infos ici

Retrouvez Shirley Souagnon sur Facebook et Instagram

Retrouvez Lundi La suite de l’entretien…

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