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Richard Pryor, trashtalking

Richard Pryor : Live in Concert est disponible sur Netflix. Tourné le 10 décembre 1978 à Long Beach dans la banlieue de Los Angeles, ce spectacle dévoile tout le talent comique de cet humoriste hors-norme.

Il fait nuit noire et un hélicoptère survole la salle de spectacle. Une limousine grise s’avance dans une allée et s’arrête. Une femme brune en sort, suivie d’un type au regard rieur. Le nom de « Richard Pryor » s’affiche en gros cararactères sur l’écran. Le couple s’engouffre à l’intérieur d’un bâtiment, le show va bientôt démarrer.

Le public n’a pas le temps de s’installer que le comédien, en chemise rouge, pantalon bleu marine à pattes d’eph’ et chaussures argentées leur envoie les premières salves. Il affiche les retardataires, chambre ceux qui trainent encore dans les toilettes et alpague un type qui s’amuse à le photographier sous tous les angles.

 

L’ami des animaux

Après ce premier tour de chauffe, l’humoriste passe aux choses sérieuses. Il s’attaque aux policiers qu’il déteste royalement. Il se moque des Blancs, qu’il estime trop timorés et s’en prend aux Noirs, qu’il trouve trop relax.

L’artiste embraye sur le monde animal, une vraie passion chez lui. Il parle des longs échanges qu’il a avec le chien du voisin. Puis, enjoignant le geste à la parole, le comédien se met à imiter son singe, lequel passe son temps à fourrer son bazar dans l’oreille des gens.

 

Infarctus et famille bordélique

Dans ce spectacle, l’acteur enchaîne les anecdotes. Lui qui a failli mourir d’une crise cardiaque se met à imiter son infarctus. Il le personnifie en bourreau qui le punit pour ses excès. Le comédien hurle et se contortionne au sol, sous les rires du public.

Le comique balance ensuite des vannes sur sa grand-mère, qui le frappe à coup de fouet. Puis il se moque de son père, violent et lunaire. Notre hôte décrit les attitudes étranges de son paternel, comme ce jour où, en route pour enterrer la belle-mère de l’acteur, il ne fait que se plaindre du froid.

 

Drôle, vulgaire et addict

Dès ses débuts dans le circuit des petites salles, son style outrageux et vulgaire détonne. L’humoriste s’impose vite auprès du public et passe à la télévison où il intègre le fameux show TV le Saturday Night Live. Devenu acteur, il tourne dans plusieurs films comme Superman 3, tout en poursuivant sa carrière scénique.

Accro à la cocaine, il affirme qu’avec ce qu’il s’est mis dans le nez, il aurait pu se payer le Pérou. Un soir, totalement défoncé au crack devant sa télé, il se met à parler avec un moine bouddhiste. Celui-ci lui aurait ordonné de s’immoler par le feu, ce qu’il a fait. On l’a retrouvé à plusieurs kilomètres, brûlé au troisième degré, en pleine crise de démence.

 

Un comédien avec une conscience politique

Dans ce numéro, la star du rire envoie des messages politiques sur la condition des Noirs aux USA : « Soyez heureux pour tous les Noirs qui s’en sortent ». En plus d’être un comédien hors-pair, Richard Pryor est un précurseur qui ouvre la voie aux minorités, les appelant à prendre leur place dans le monde du divertissement.

Richard Pryor est récipiendaire du premier Prix Mark-Twain du meilleur humoriste américain et de 5 Grammy Awards. Il figure en tête du classement des 50 plus grands comiques de stand-up de l’histoire établi par le magazine Rolling Stone. Jerry Seinfeld dit de lui qu’il est le Picasso de leur profession et Dave Chappelle le situe en haut de l’échelle d’évolution du genre comique.

Titre du spectacle : Richard Pryor Live in Concert

Durée du spectacle : 1h18 min

Disponible sur Netflix

Enregistré en public à Long Beach, Californie le 10 décembre 1978

Distribution : Richard Pryor

Réalisation : Jeff Margolis

©AP Photo