Tania Dutel : « Quand on est une femme, on nous dit souvent qu’on est moins drôles. »

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Photo : Laura Gili
Débarquée du Beaujolais pour travailler dans le domaine artistique, Tania Dutel a commencé dans l’humour via un casting. Depuis, elle n’a pas lâchée et a même décidé d’en faire sa voie. C’est sur scène qu’elle exprime son talent. Talent qu’elle utilise pour la bonne cause : celle de femmes qu’elle aborde dans son spectacle. 
 
Comment vous êtes venue à la scène ?

Tania Dutel : J’ai commencé le théâtre quand j’avais sept ans. J’ai toujours adoré ça, alors quand je suis venue à Paris pour faire un BTS audiovisuel, j’ai voulu continuer mais je ne connaissais personne. A 19 ans, je suis tombée sur un casting pour l’humour que j’ai réussi et j’ai continué par la suite.

Vous avez toujours voulu travailler dans l’artistique ?

C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Je trouvais ça génial de jouer mais je ne savais pas comment m’y prendre. J’ai grandi dans le Beaujolais, à côté de Villefranche-sur-saône. Les gens ne pensent pas devenir comédien là-bas. Quand j’ai commencé la scène je voyais ça comme un loisir et puis j’ai pu arrêter les boulots alimentaires.

Vous parlez beaucoup de vous dans votre spectacle ?

Je parle de moi et de ce qu’on subit lorsqu’on est une femme parce qu’on vit la misogynie au quotidien. Je n’inspire de ma vie personnelle, ma vie professionnelle, mon poids, les gens qui font des remarques misogynes, les politiciens qui se permettent de décider pour les femmes, les politiciens tout court…. Absolument tout ce qui nous entoure !

Comment cela s’est manifesté ?

Quand on est une femme, on nous dit souvent qu’on est moins drôles. J’ai voulu prouver que ce n’était pas vrai et j’ai commencé à écrire sur ces sujets.

Votre public est-il essentiellement féminin vu que parlez beaucoup des femmes ?

J’ai un public mixte. Lors de mes premières représentations j’avais surtout des femmes dans la salle. Maintenant ça s’équilibre. J’ai de plus en plus d’hommes qui viennent, mais c’est souvent avec leur femme.

Comment fonctionnez-vous pour écrire ?

Je pense à une situation et je me mets à écrire. Parfois, il y a des trucs que je crois drôles et en fait pas du tout. Je note tout sur mon téléphone. Sinon, je travaille avec Sophie-Marie Larrouy. Elle m’apporte un regard extérieur qui me permet d’avancer. Je l’avais découverte avec son personnage de Vaness’ la Bomba et j’adorais ce personnage. Je l’ai rencontrée ici au Paname sur le plateau «Plus drôle les filles », dans lequel je jouais avec elle. J’ai pu parler avec elle. Elle est venue voir mon spectacle. A la fin, elle m’a dit « J’ai pas d’argent mais je vais te donner beaucoup d’amour ».

Quelles sont vos références ?

Quand j’étais petite il y avait les Inconnus. Ensuite le premier humoriste dont j’ai été fan c’est Franck Dubosc. Aujourd’hui j’adore Arnaud Tsamère, Ben, Verino, Thomas VDB, Matthieu Madenian, Paul Taylor.

 

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