Violente Viande, l’humour simple, acide.

violente viande

Alors qu’il vient de souffler sa première bougie, le compte Instagram Violente Viande rencontre un joli succès. Contrairement à l’écrasante majorité des autres comptes, ce compte ne poste pas des photos mais des punchlines trash publiées quotidiennement. On a essayé de pirater gentiment le cerveau de cet homme qui est également co-auteur pour Camille Lavabre, créateur d’une marque de montre et co-auteur d’une BD qui sort en mai. Entretien avec un hyperactif.

Comment vous définirez-vous ? Instagrammeur ? Punchliner 2.0 ?

Punchliner j’aime bien, ça me donne l’impression d’être un rappeur. Ça me plait assez ouais.

Pourriez-vous donner votre réelle identité ?
C’est Maman mon chéri !

Comment vous est venu l’idée de ce compte ?

Très honnêtement, je me faisais chier un Dimanche l’année dernière, et comme j’aime beaucoup la typographie et que j’avais des conneries en tête, j’ai voulu voir ce que ça donnait en visuel. Et puis très prétentieusement j’ai décidé de créer un compte et poster ça.

Violente viande

Pourquoi ce pseudo violente viande et le choix de la sucette carpaccio vient d’où ?
 Ça vient du fait que je n’aime pas trop l’être humain, que selon mon point de vue on se met trop en valeur alors qu’on n’est rien qu’une espèce animale de plus. Et la sucette a été faite en 3D par un ami designer. C’est une vieille blague entre nous qui vient d’un sketch des Robins des Bois où Marina Foïs dis je crois « Mmmmmh ils sont bons ces yaourts à la viande, ils sont bons ces Youglis ».

« On est partis faire des courses au Franprix du coin et ça a scellé notre amitié »

Votre compte connait un réel succès. Comment l’expliquez vous ?

Je peux l’expliquer de manière factuelle : beaucoup de repost de gens et comptes connus. Des gens à la base qui ont direct parlé de moi et je ne les remercierai jamais assez je pense. C’est un énorme soutien constant et ça fait extrêmement plaisir. Pour le reste, je ne sais vraiment pas pourquoi les gens aiment mes conneries !

Que faites vous hormis ce compte Insta ? On m’a dit que vous êtes co-auteur pour Camille Lavabre ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

 On s’est d’abord parlés sur Instagram et ça a pas mal accroché. Ensuite je suis allé la voir jouer au Paname Art-Café. et puis à la sortie on est partis faire des courses au Franprix du coin et ça a scellé notre amitié je crois. J’avais envie d’écrire pour quelqu’un et j’ai aimé son personnage de dépressive lunaire. Du coup, depuis j’interviens sur son texte pour y apporter ma touche malsaine. Elle est assez contente du résultat je crois.

Et grâce à ce compte j’ai eu aussi la chance énorme de rencontrer l’illustratrice Lucy Macaroni avec qui on a monté le projet de BD La vie est bonne. Et c’est encore grâce à tout ça que j’ai pu rencontrer mon agent Ariane qui a réussi à nous faire éditer aux éditions Payot qui sort en Mai. J’ai même travaillé sur des textes pour le premier album du rappeur Gringe.

Violente Viande c’est un bel accident qui a à peine 1 an. Sinon j’ai une marque de montres, MONA, et un site qui parle de cinéma : Cinktank. Je m’occupe quoi…

Comment vous vient l’inspiration ?

Souvent en discutant. En rebondissant sur ce que disent les gens. L’actualité aussi.

Quelles sont vos références ? Humoristiques, Littéraires, Séries ? Cinema ?

En humour, Ricky Gervais. C’est le boss, selon moi. Pour la littérature, j’ai beaucoup de retard à rattraper. Je suis plutôt SF du style Christopher Priest, mais on m’a conseillé d’aller lire tout Romain Gary. Ma référence ultime en terme de série reste The Office UK.

Il y a aussi The Wire que j’ai découvert tard, une grosse claque au niveau de la narration. Et j’ai un gros faible pour John Doe, avec le gars de Prison Break. Ça n’a duré qu’une saison parce que ça n’a pas marché mais pour moi c’est la série à la base des Experts et autres du genre Lie to me. C’est un mec qui connait absolument tout, la connaissance infinie, c’est le meilleur des superhéros avec Batman. Voilà, j’ai raconté ma life.

Vos comptes Instagram favoris ?

Instagram c’est soit des mots, soit des paysages ou des culs. De la bouffe aussi c’est vrai. Et du coup mes comptes préférés gravitent autour de ça. De la Nasa pour redevenir un enfant à The Shoes pour les stories complètement débiles. A juste titre et Brain Magazine, c’est pas mal pour rigoler. Henriette h et James Felix Raw pour voir des culs incroyables. Noeloquence pour prendre conscience de la folie de ce monde. Yan Ceh parce qu’il a une culture folle et qu’il poste toujours des images incroyables. C’est une sorte de Bernard Pivot beau gosse. Et 200 Per Cent, un compte très inspirant, étonnamment. Il y a aussi Jean-Charles de Castelbajac, qui est tout le temps en train de montrer des archives de ses créations ou des travaux en cours, très inspirant. C’est un des premiers à m’avoir mis en avant d’ailleurs.

Des comptes dans ce style vous ont-ils inspirés aux Etats-Unis ou ailleurs ?

C’est vraiment Benjamin Isidore Juveneton, avec son blog Adieu à demain qui m’a donné envie d’écrire comme ça. Son compte Instagram, c’est une vraie claque de poésie brutale. C’est le boss. Toujours copié, mais ça reste le meilleur.

Retrouvez Violente Viande sur Instagram et bientôt sa BD La vie est bonne, co-écrite avec Lucy Macaroni,   qui sera publiée le 2 mai (Editions Payot)

la vie est bonne

 

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