Yann Guillarme : « Alexandre Astier c’est un peu comme Daft Punk »

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Yann Guillaume avait une carrière toute tracée dans la grande distribution, il a pourtant choisi de se lancer dans la comédie. Après plusieurs années à jouer du théâtre classique, le comédien est revenu au stand-up. Ce comédien, c’est le type marrant qu’on croise dans un club de vacances et qui ambiance le bar. Dans son spectacle, il est notamment question de la Bretagne, de Richard Cocciante, mais vous retrouverez aussi du Daft Punk. 

Dans votre spectacle, vous faites l’animateur de supermarché. Est-ce un emploi que vous avez occupé ?

J’ai travaillé dans un supermarché, mais je n’ai pas fait cela. Finalement, c’est juste la situation qui me fait dire, « tiens qu’est-ce qui pourrait être plus con que chanter des chansons dans un supermarché ». Il n’y a pas de corrélation avec ce que j’ai fait avant. Je me moque gentiment des animateurs de grandes-surfaces. Quand j’habitais à Lyon, il y en avait un qui était très bon en animation. Il faisait le con, cela se sentait que c’était un comédien. Il faisait goûter le saucisson mieux que personne, mais ne chantait pas de chansons. C’est une manière d’attaquer le spectacle avec quelque chose de très populaire. 

Vous avez toujours voulu faire de la comédie ?

Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je n’ai jamais eu cette illumination quand j’avais dix ans en voyant quelqu’un jouer. Par contre, j’ai commencé en faisant du théâtre vers 13, 14 ans grâce à la mairie du village qui avait demandé aux jeunes de s’investir dans la commune et de faire quelque chose pour la grande fête du village. Il fallait organiser un spectacle pour les gens avec des potes, on refaisait des sketches des Inconnus.  

Quel a été le déclic ?

Plus tard, j’ai un copain qui est rentré à l’Acting Studio à Lyon et qui m’a dit de venir. Quand j’ai fini mes études et commencé à travailler sans plus savoir. D’ailleurs, je ne savais pas que ce qu’était un intermittent du spectacle. J’ai vraiment découvert le théâtre en intégrant l’Acting Studio à Lyon. À 25 ans, j’étais directeur de supermarché de la chaîne Grand frais. À la base, ce sont quatre associés qui ont chacun une spécialité, qui ont décidé de créer un marché couvert. Maintenant, il y a 250 magasins, quand je suis rentré il y en avait une vingtaine. Je suis passé du côté des achats, j’ai moins aimé. Comme je voulais faire autre chose et qu’il fallait bien bouffer je suis rentré par chance dans l’école de théâtre grâce à un pote.

« Je suis un comédien de terre, un peu bourrin »

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre formation avec la mère d’Alexandre Astier ?

Elle nous a appris le travail. L’avantage du théâtre vivant sur scène, c’est que tous les jours, tu as un public acquis, c’est différent. Elle m’a appris le jeu, la comédie italienne, Molière, tout en dépoussiérant, donc sans déclamer les répliques. Comme je suis un comédien de terre, un peu « bourrin », c’était bien pour moi.  

Pourquoi êtes revenu au seul en scène alors que vous auriez pu continuer dans le théâtre ?

Un moment j’avais laissé le théâtre car cela m’ennuyait même si un financièrement c’était intéressant. En sept ans, j’ai joué 400 fois par an et parfois deux fois par soir, tous les types de pièce. J’avais parfois, deux pièces par soir. En jouant du boulevard du théâtre. Je suis revenu au théatre car Josselin Filipon qui est un ami avait écrit une pièce pour deux. Comme j’avais des rôles comiques, en pièce même chez Molière, je me suis dit pourquoi pas y revenir. Maintenant, je me connais mieux, j’ai mis du temps à connaître mon clown a moi. J’arrivais pas à m’éclater sur scène tout seul. Alors que si tu joues Molière tu ne te poses même pas la question. Du coup, avec le one j’ai trouvé mon clown. J’ai réussi à trouver ce qui me faisait marrer.

Un moment, vous faites un sketch sur la Bretagne. Vous avez voulu rendre hommage à vos origines bretonnes ?

Oui, car la Bretagne c’est la fête. J’ai trop d’images dans ma tête. Je suis né en Bretagne, mais je n’y ai vécu que cinq ans. Tous les étés, on les passait là-bas. Quand j’étais gamin, je passais un mois un Bretagne vers Quimper, dans l’archipel des glénans. J’ai quelqu’un de ma famille qui tient un bar qui s’appelle la Boucane. Un moment donné ou tu rentres dans l’adolescence, tu rentres dans un bar, tu connais personne et les jeunes du coin te disent « Qu’est-ce que tu as, tu es tout seul ? ». Tu te retrouves dans des bars que tu ne connais même pas avec une ambiance sympa. 

Dans un de vos sketchs, vous mettez Giorgio de Daft Punk. Cela fait partie de vos références ?

Totalement. J’aime tous leurs albums. Ils sont surprenants. Le premier est électro, mais ceux qui kiffent l’électro sont forcément de plus en plus déçu. Il faudrait demander aux puristes de Daft Punk,  s’ils ont eu la même pensée, au bout de la troisième ou quatrième écoute de Random Access Memories. Sur Giorgio, j’ai kiffé direct, car je suis un gros fan de Giorgio Moroder. Daft Punk fait partie de ma discothèque mais on y trouve aussi Noir Désir, Sébastien Léger, Earth Wind and Fire, The Clash, The Stranglers. Enfin, j’aime beaucoup Police et Richard Cocciante mais je saurais pas te dire pourquoi. C’est peut-être mon côté romantique. 

« Alexandre Astier c’est un peu comme Daft Punk »

Vous avez joué avec Alexandre Astier, comment s’est faite la rencontre ?

Je l’avais rencontré à l’école, il m’a donné des cours en 2004 ou 2005. Il était dans l’écriture de Kamelot donc il était de moins en moins dans l’écriture. Sa mère donnait des cours, lui venait des cours d’interprétation et d’écriture. On a discuté. Alexandre Astier c’est un peu comme Daft Punk, c’est sa capacité à pouvoir nous surprendre sur des terrains où on ne les attendait absolument pas. Cela ne m’intéresse pas de passer des heures et des heures sur la science et la physique quantique, si j’étais intéressé je le ferais. Quand il fait quelque chose c’est intéressant. Il essaie de jamais décevoir le public et veut respecter celui qui vient te voir. Donc cela veut dire qu’il faut assez de travail pour que cela paraisse simple. Il trouve que De Funes est génie car cela parait hyper simple, alors que c’est très technique. C’est de la musique.  

Quelles sont vos références humoristiques ?

De Funes. Coluche, Albert Dupontel, Dieudonné, puis après quelqu’un que j’ai redécouvert, c’est Robert Amoureux. Il y aussi Les Chiche Capon, sans oublier Django Edwards qui est un punk dans sa manière de jouer. 

Un moment, vous parlez de The Walking Dead et du Seigneur des anneaux, cela fait partie de vos références ?

The Walking Dead à fond mais pas trop Le Seigneur des anneaux. Cela évite de citer une série comme The Leftlovers pas connue du grand public. Les séries américaines sont oufs dans leur manière de jouer. J’aime beaucoup les Sopranos, je trouve cela génial tout comme Breaking Badvet The Wire (Sur écoute) pour le jeu des acteurs. Quand je croise des jeunes et qui ne savent pas comment appréhender un rôle, je leur conseille de regarder The Wire saison 3 quand tu vois les gamins qui ont 15, 16 ans. Il y a une caméra et ils commandent au McDo alors qu’ils sont en train de s’embrouiller. Les Américains ont un truc qu’ils n’ont pas totalement compris. Même les figurants jouent bien. 

Une anecdote marrante qui vous est arrivée ?

Une fois, on a eu un mec qui est tombé raide mort en plein spectacle. On était à Lyon. Le spectateur est arrivé complètement déchiré, il comprenait rien. Un moment, le mec s’est levé et il est tombé d’un coup, le public était choqué. J’ai déjà joué bourré pendant une pièce de théâtre. Par contre, je le referais jamais car tu ne respectes pas les gens en faisant cela.

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